Lestore extérieur n'est pas la seule option pour votre véranda ou votre verriÚre. Certains fabricants se sont inspirés de la recherche spatiale pour développer des toiles réflectrices. Ainsi,les stores Refl ex'sol ont une face extérieure métallisée qui renvoie jusqu'à 95 % de l'énergie solaire (les performances dépendent de la toile choisie). Aussi beau qu'efficace, ce
Cest tout ce qui manquait Ă ma foi. Câest tout ce qui me manquait pour trouver la paix. Jâavais trouvĂ© la sĂ©rĂ©nitĂ© car mĂȘme si on me regardait de travers, jâĂ©tais protĂ©gĂ©e. Mon voile me rappelle sans cesse que je suis une femme musulmane et fiĂšre de lâĂȘtre. Il me rappelle que je ne dois rendre des comptes quâĂ Dieu.
Détailsproduit Robe en voile uni doublé Longueur cheville Doublure jusqu'à mi-cuisse Sans manche Encolure cache-coeur Volant le long de l'encolure, sur les épaules et le haut du dos Taille élastiquée Fronces sous la taille Jupe portefeuille avec bords volantés Le mannequin mesure 1m75 et porte une taille S. Conseil taille : choisissez votre taille habituelle Nom : 191-RVOLA.N
Semasquer c'est ne pas s'accepter quelque part. 13. La photo qui n'est pas réussie techniquement. Qu'elle soit floutée, surexposée, pixellisée, mal cadrée, déformée, etc. La photo non réussie techniquement est également à éviter sur son profil LinkedIn. 14. La photo accompagnée d'un texte ou d'un logo.
MĂȘmesi câest le rĂȘve de beaucoup de femmes dâavoir un bonnet C ou plus, ça peut vite virer au cauchemar. Douleur dans le dos, peau marquĂ©e ou blessĂ©e, affaissement Ces symptĂŽmes sont peut-ĂȘtre du Ă un mauvais choix de modĂšle. En plus de ne pas ĂȘtre trĂšs esthĂ©tique et dâĂȘtre inconfortable, cela risque carrĂ©ment dâabimer les tissus de votre poitrine.
Cest un rĂšglement international qui comporte les modifications canadiennes et qui touche autant le navire Ă propulsion mĂ©canique (mĂ» par une machine) que le navire Ă voile (opĂ©rant Ă la voile mĂȘme s'il possĂšde une machine propulsive, Ă condition que celle-ci ne soit pas utilisĂ©e). L'opĂ©rateur doit l'appliquer en haute mer et dans les eaux attenantes.
Pasquestion de faiblir comme en 2017. à quelques heures de son débat d'entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen finalise ses derniÚres punchlines, ce mercredi 20 avril.
Ilest Ă©galement possible dâattacher le voile de maniĂšre Ă ce quâil ne soit pas trop serrĂ© et laisse passer de lâair. Munissez-vous dâun foulard lĂ©ger et rectangulaire, posez-le simplement sur la tĂȘte et faites passer une extrĂ©mitĂ© dans le dos. Si possible, Ă©vitez de porter le bonnet infĂ©rieur.
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ÎŽá· ĐžŐ©áĐșŃ. Vay Tiá»n TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chá» Cáș§n Cmnd. PubliĂ© le 23/04/2009 Ă 00h00 , mis Ă jour le 04/10/2018 Ă 10h54 Il arrive parfois qu'une demande en mariage ne suscite pas autant d'enthousiasme qu'on l'aurait souhaitĂ©. Une rĂ©ponse mitigĂ©e, hĂ©sitante voire nĂ©gative peut cacher une peur de s'engager ou bien d'ĂȘtre enfermĂ©e. Le point avec la psychothĂ©rapeute Sarah Serievic pour dĂ©passer les peurs et enfin lui passer la bague au doigt. "Quand je lui parle mariage, je sens bien qu'il se renfrogne", a remarquĂ© Lucie. "Depuis que j'ai demandĂ© sa main, un genou Ă terre, je sens qu'elle s'Ă©loigne", s'inquiĂšte Romain. Bague au doigt, robe blanche et douces lunes de miel ne font plus autant d'Ă©mules. Si la charge romantique demeure, surtout chez les femmes, en revanche la ruĂ©e vers la porte des Ă©glises s'est bien calmĂ©e. En 2000, plus de 300 000 mariages avaient Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©s en France. Depuis ce pic, le nombre de cĂ©rĂ©monies nuptiales s'est repliĂ© autour de 275 000 par an environ. Les rĂ©tifs au mariage ont des raisons qu'il est utile de cerner si on veut se donner une chance de convoler ensemble. Des motivations multiples "Chaque demande est unique, il faut faire la diffĂ©rence entre celle motivĂ©e par une intention profonde de cheminer ensemble et celle mue davantage par la peur de perdre l'autre", recommande la psychothĂ©rapeute Sarah Serievic. La premiĂšre peut rĂ©veiller la peur de s'engager chez le partenaire, la seconde renvoie illico Ă celle d'ĂȘtre enfermĂ©, de perdre sa libertĂ© conquise depuis le dĂ©part du foyer parental. D'autres rĂ©calcitrants peuvent faire partie de la catĂ©gorie " joyeux divorcĂ©s », ayant dĂ©jĂ jurĂ© leurs grands dieux qu'on ne les y reprendrait plus. Tous et toutes ont donc de "bonnes" raisons de rĂ©pondre Ă la demande la plus romantique qui soit par des hĂ©sitations, minauderies, bougonnements, ou parfois mĂȘme par la fuite. Heureusement, l'Amour fait fi tous les obstacles, et les prendre en compte permet de mieux les dĂ©passer... S'engager une Ă©preuve ? La peur de s'engager est comprĂ©hensible mais difficilement avouable. Selon certains, les dĂ©lices de l'attente et la question sans cesse renouvelĂ©e de se savoir aimĂ© ou pas peuvent ĂȘtre stimulants. La rĂ©assurance affective qu'opĂšre le mariage joue alors en dĂ©faveur du dĂ©sir et suscitent bien des freins. D'autres ne s'avouent pas cette peur, mĂȘme s'ils font mine de vouloir rapidement convoler en justes noces. La plupart du temps, ces rĂ©sistances cachent une estime de soi dĂ©faillante. "C'est de la peur de ne pas ĂȘtre Ă la hauteur de nos espĂ©rances et de notre idĂ©al, dont il s'agit", prĂ©cise Sarah Serievic. La demande en mariage met face Ă la question "Est-ce que je serai suffisamment tendre, attentif, aimant... face Ă la contrainte du quotidien et de la durĂ©e ?" Pour ajouter de l'eau au moulin matrimonial, Sarah SĂ©riĂ©vic, propose une autre voie Et si se marier sonnait l'occasion de s'engager avec soi, offrant l'opportunitĂ© de se rĂ©assurer sur sa valeur ? Puisque l'autre vous choisit comme unique... Un fil Ă la patte ! Quand la demande est motivĂ©e par le dĂ©sir de s'attacher l'autre, ou la peur de le perdre, celle-ci peut entraĂźner bien des rĂ©sistances liĂ©es Ă l'enfermement. Exit la vision du joli voile blanc, de l'incroyable piĂšce montĂ©e, du prince charmant, et de la sublime princesse, seule persiste l'image de la corde au cou. Avec la sensation de se faire mettre le grappin dessus. C'est souvent le cas pour des couples fusionnels. "Faire peser le poids de son bonheur exclusivement sur les Ă©paules de l'autre peut ĂȘtre oppressant," prĂ©vient la psychothĂ©rapeute. Certains types d'amour trĂšs possessifs sont forcĂ©ment emprisonnant. On peut les repĂ©rer Ă des signes de jalousie excessive ou bien de dĂ©pendance affective. LĂ , une simple soirĂ©e passĂ©e sans l'autre peut gĂ©nĂ©rer une crise. Si c'est le cas, les peurs sont tout Ă fait justifiĂ©es. Reposez-vous ensemble la question de vos motivations, et essayez d'abord de rĂ©flĂ©chir Ă la notion de "libre ensemble" davantage basĂ©e sur la confiance en l'autre et en soi, plus que la possession, la relation repose aussi sur une volontĂ© d'Ă©panouissement personnel en vue d'un partage. Alors seulement vous pouvez vous engager pour les bonnes raisons. Ă voir aussi Le clan des joyeux divorcĂ©es Notre Ă©poque est complexe et a rĂ©volutionnĂ© bien des codes amoureux, y compris celui du mariage, avec le pacs et son pendant, Ă savoir le divorce. D'aprĂšs l'Association Française des Centres de Conseillers Conjugaux AFCCC, la banalisation du divorce est en effet un des phĂ©nomĂšnes marquants de ces 25 derniĂšres annĂ©es, frappant tous les milieux et toutes les tranches d'Ăąge. Les chiffres ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par 4 en 40 ans 30 000 en 1964,130 000 aujourd'hui. On enregistre actuellement 4 divorces pour 10 mariages, de quoi en faire rĂ©flĂ©chir plus d'un. Autre fait notable les divorcĂ©s se remarient peu. Seuls 20% d'entre eux se prĂȘtent Ă nouveau au jeu des alliances. Des chiffres suffisamment parlants, montrant combien ceux touchĂ©s une premiĂšre fois par le dĂ©senchantement sont peu enclins Ă convoler en secondes noces... Un rituel facteur d'Ă©volution Et si avoir peur au fond Ă©tait on ne peut plus normal ? Car aprĂšs tout au -delĂ du choix de la robe et du traiteur, se marier Ă©quivaut sans conteste Ă dire oui Ă la grande aventure du couple, et au dĂ©fi qu'il soulĂšve. Aimer dans la durĂ©e est sans doute la façon la plus immĂ©diate de se confronter Ă ses limites. Un exercice auquel on n'est pas toujours prĂȘt Ă se plier. Sauf si on le prend pour ce qu'il est rĂ©ellement, Ă savoir une formidable opportunitĂ© d'Ă©volution ! Des livres pour aller plus loin - Rompre avec nos rĂŽles. Eloge d'ĂȘtre soi. Sarah Serievic. Ed. Souffle d'Or. Son site - 111 scĂ©narios pour une demande en mariage. CĂ©line Rougeron. Ed. Le Courrier du Livre. - Mode d'emploi de la future mariĂ©e. Carrie Denny. Ed Marabout. - Mode d'emploi du futur mariĂ©. Carrie Denny. Ed Marabout
Le parapente est un sport remplit de magie. Cette sensation de se sentir libre, d'admirer des paysages dans une position plus que confortable. Ca nous a donnĂ© envie de vous partager nos 5 conseils pour bien dĂ©buter le parapente et en profiter au maximum !Le parapente est un loisir, la plupart des personnes ne savent pas que câest Ă©galement un sport et ne connaissent pas la sensation et les bienfaits que procure ce sport. Oui, le vent sur le visage, vos jambes en apesanteur. Une douce sensation dâĂȘtre seul au monde et d'en prendre plein les yeux dans une position plus que confortable. Ce ne serait pas la vie dont tout le monde rĂȘve ? RĂȘvez avec nous et retrouvez nos 5 conseils pour dĂ©buter le parapente en toute sĂ©curitĂ© pour profiter un max et que le rĂȘve se rĂ©alise !CONSEIL N°1 PrĂȘte et motivĂ©e avant de dĂ©buter le parapenteComme vous lâavez sĂ»rement remarquĂ© lors de vos sorties Ă la montagne ou Ă la plage, le parapente est un sport de plus en plus vous dĂ©butez en parapente, deux choix sâoffrent Ă vous - Si vous souhaitez uniquement dĂ©couvrir la sensation de voler et profiter dâune expĂ©rience Ă©phĂ©mĂšre, vous pouvez commencer par un baptĂȘme en Si vous voulez faire du parapente bien plus quâun loisir, lâapprentissage et la pratique du parapente demandent, comme chaque sport, du temps et des connaissances de base. Cependant, la sĂ©curitĂ© est davantage au coeur de la pratique. Si vous rĂ©alisez vos dĂ©buts en parapente, vous volerez dans des conditions optimales de sĂ©curitĂ© dans une Ă©cole labellisĂ©e par la FĂ©dĂ©ration Française de Vol Libre FFVL.Quoique vous choisissiez comme pratique le parapente est un sport dâengagement. Le parapente nĂ©cessite la maĂźtrise dâun matĂ©riel spĂ©cifique, dâun environnement particulier et une maĂźtrise de soi. Une fois en lâair, vous serez seule du moins lorsque vous aurez dĂ©jĂ quelques vols Ă votre actif ^^.Si vous ĂȘtes attentifs, Ă lâĂ©coute des rĂšgles et que vous respectez les consignes de votre moniteur, ainsi que les conditions nĂ©cessaires Ă la bonne pratique du parapente mĂ©tĂ©orologiques, physiques et sĂ©curitaires, vous rĂ©duisez les risques d'accident et mettez toutes les chances de votre cĂŽtĂ© pour passer un super N°2 effectuez un vol biplace ou un stage dâinitiation en parapenteLa meilleure maniĂšre de dĂ©couvrir le parapente est de rĂ©aliser un baptĂȘme en parapente. Ce baptĂȘme va permettre de vous Ă©vader le temps dâun instant et de dĂ©couvrir les bienfaits de ce le monde sâest toujours demandĂ© ce que les oiseaux pouvaient ressentir en volant, nâest-ce pas ? Câest le moment de le savoir et cela avec une expĂ©rience sensationnelle un vol biplace en baptĂȘme en parapente se dĂ©roule donc avec un moniteur qui assurera le vol du dĂ©collage Ă l'atterrissage, vous pourrez lui poser toutes vos questions, il est lĂ pour vous expliquer comment se dĂ©roule le souhaitez aller plus loin dans la dĂ©couverte de ce sport ?Nous vous conseillons donc de rĂ©aliser un stage dâinitiation. Il va vous permettre de prendre goĂ»t petit Ă petit au parapente, de dĂ©couvrir et de prendre en main le matĂ©riel. Vous allez apprendre les rĂšgles de dĂ©collage et dâatterrissage, apprendre les rĂšgles de sĂ©curitĂ© et rĂ©aliser un premier vol seule. La plupart des Ă©coles de parapente proposent des stages dâune durĂ©e allant dâune journĂ©e jusquâĂ cinq jours. Au dĂ©but du stage, vous serez accompagnĂ© par un moniteur qui vous guidera et vous donnera des cours aussi bien thĂ©oriques que pratiques pour devenir par la suite, autonome et piloter votre parapente comme un chef ! Pas de panique, lors de vos premiers vols, vous serez guidĂ© par radio avec un moniteur au bout du fil. Il y en a un qui reste au lieu de dĂ©collage et un sur le site d' rĂ©aliser un stage d'initiation ne veut pas dire que vous arriverez Ă voler parfaitement et notamment sur l'ensemble des sites de parapente et dans toutes les conditions mĂ©tĂ©orologiques. Il faut avoir en tĂȘte qu'une pilote se sent vraiment prĂȘte et est Ă l'aise pour manier sa voile aprĂšs au moins trois stages. N'hĂ©sitez donc pas Ă faire plusieurs stages et notamment un stage de perfectionnement aprĂšs votre stage d'initiation. Cela vous permettra non seulement d'acquĂ©rir de l'assurance en l'air et de voler plus sereinement et en toute sĂ©curitĂ©. TEMOIGNAGES "MON PREMIER VOL"AurĂ©lie "Câest quelque chose que jâavais envie de faire, je ne suis ni fonceuse ni trouillarde mais j'aime les trucs un peu âcasse-couâ. La premiĂšre fois, câĂ©tait sur la dune du pyla. Le matin du vol, jâavais une petite apprĂ©hension, je ne savais pas trop comment ça aller se passer, mais jâavais vraiment envie dây en haut de la dune, pas assez de vent. Jâai attendu tranquillement, le vent sâest levĂ© lâaprĂšs un baptĂȘme, tâes avec quelquâun dans ton dos pendant ton vol, un moniteur. Tâas un espĂšce de gros sac Ă dos, des trucs autour des cuisses comme des harnais dâescalade. Le moniteur mâa demandĂ© si j'Ă©tais prĂȘte et on sâest lancĂ© ensemble. Une fois que tu es lancĂ©, que tu as les jambes dans le vide, tu sens que tu peux tâasseoir dans un siĂšge. Câest comme dans un manĂšge, lâestomac se soulĂšve, câest vraiment rigolo, je me suis marrĂ©e pendant toute la durĂ©e du vraiment particulier, tâas lâimpression de voler, et en fait tu voles rĂ©ellement ! Ca fait rĂȘver, câest comme si tu passais dans un autre monde...Je voyais les gens sur la plage qui me faisaient signe, jâavais lâimpression que jâallais me prendre les arbres, on perd le sens des vol a durĂ© une demi heure, jâapprĂ©hendais l'atterrissage, le moniteur mâa dit âtu tends les jambes et tu tâassoiesâ et tout sâest bien passĂ©. MĂȘme si avec le manque de vent je nâai pas volĂ© trĂšs haut, jâai profitĂ© de toute la vue sur le bassin dâarcachon, câĂ©tait top. Je le conseille Ă dâautre, ce nâest pas violent, câest doux... jâai envie dây retourner ;"Emilie " 30 ans quel meilleur Ăąge pour dĂ©couvrir le parapente ? Pour une fĂ©rue de montagne comme moi, c'Ă©tait clairement une case Ă cocher. En plus, j'ai sans doute choisi le meilleur spot pour faire mon baptĂȘme biplace la splendide vallĂ©e de Chamonix !RĂ©servations faites pour un samedi matin de juillet oĂč les conditions mĂ©tĂ©o sont parfaites grand soleil, trĂšs peu de vent, tempĂ©rature un poil fraĂźche mais on ne se plaint pas. Je suis toute excitĂ©e Ă l'idĂ©e de voler et le grand sourire que j'avais au rĂ©veil ne quitte pas mes lĂšvres. Peur ? MĂȘme pas une once ! C'est un baptĂȘme biplace, je sais que le moniteur va tout gĂ©rer pour nous deux. Franchement, ça retrouve le moniteur Ă Planpraz, un plateau Ă environ 2000m d'altitude. La vue est dĂ©jĂ fantastique. J'apprends que ce mĂȘme moniteur approche les 75 ans, incroyable puisqu'il paraĂźt 15 de moins ! C'est un parapentiste chevronnĂ© qui a mĂȘme une certification spĂ©ciale pour faire voler des personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite. Eh oui, il a dĂ©jĂ fait voler des personnes en fauteuil roulant. Il me dit aussi que sa plus vieille cliente avait 92 ans !Bref, il m'accroche le sac Ă dos et tout l'attirail en quelques minutes. Ă peine le temps de respirer un coup qu'il me demande de marcher puis courir pour dĂ©coller. Et... voilĂ . MĂȘme pas une petite secousse, rien. Juste la merveilleuse sensation de voler face au panorama exceptionnel du Mont Blanc. J'en prends plein les yeux tellement c'est beau. J'ai l'impression que le temps est suspendu comme nous sommes suspendus Ă la voile... On dirait qu'on ne va pas trĂšs vite mĂȘme si on se dĂ©place assez moniteur m'autorise Ă "piloter" un peu la voile, en tournant Ă droite et Ă gauche. LĂ encore, je n'ai pas peur, je me laisse guider et je suis Ă©poustouflĂ©e. Pour finir, il me propose de faire quelques acrobaties. On tourne Ă 360° plusieurs fois, on voltige dans tous les sens, c'est gĂ©nial ! Super impressionnant tout de mĂȘme. Et j'ai un peu mal au coeur Ă la fin... Vient l'heure de se poser rapide et tout en quelques 20 minutes de vol sont passĂ©es Ă une vitesse folle ! 20 minutes virevoltantes, enivrantes, qui me laissent des souvenirs incroyables ! On recommence demain ?"CONSEIL N°3 choisissez le matĂ©riel de parapente adaptĂ© Ă vos besoinsUne fois que vous avez pris goĂ»t au parapente et que vous ĂȘtes prĂȘte Ă vous lancer pour prendre votre vol seule, il est temps pour vous de bien choisir votre matĂ©riel pour profiter pleinement de vos vols. Le choix de votre matĂ©riel va tout dâabord dĂ©pendre de votre niveau et du type de pratique que vous souhaitez. Pour pratiquer le parapente vous aurez besoin d'une voile ou lâaile de parapente, d'une sellette, d'un parachute de secours, d'un casque, d'une radio, d'une paire de gants, d'une paire de lunettes de soleil et des chaussures adaptĂ©es. La voile de parapenteCommençons par la voile. Il est primordial de choisir une voile avec une surface dâaile adaptĂ©e Ă votre poids. Il existe diffĂ©rents niveaux dâhomologation qui correspondent Ă un niveau de performance et Ă un niveau de maitrise nĂ©cessaire. Si vous voulez en savoir plus, nous vous avons rĂ©fĂ©rencĂ© les diffĂ©rents types de voile - Voile de type A- Voile utilisĂ©e par les Ă©coles et les dĂ©butants. DHV 1- Voile de type B - Voile standard utilisĂ©e pour le pilote souhaitant progresser. DHV 1- 2- Voile de type C- Voile performance utilisĂ©e par des pilotes ayants un trĂšs bon niveau de maitrise DHV 2, 2-3- Voile de type D- Voile de compĂ©tition utilisĂ©e par lâĂ©lite des pilotes qui concourent en compĂ©tition DHV compĂ©tition- Mini Voile Mini aile homologuĂ©e ou non, pour le speed-flying et speed-riding. Plus vous montez en catĂ©gorie vers D, plus lâaile est performante, plus son allongement le carrĂ© de la surface divisĂ© par lâenvergure est grand et plus son comportement nĂ©cessitera un pilotage adaptĂ© et prĂ©cis. Il faut bien choisir sa voile car si elle nâest pas adaptĂ©e Ă votre poids et Ă votre niveau de pratique, cela peut porter atteinte Ă votre sellette de parapenteLa sellette est un Ă©lĂ©ment capital pour piloter la voile puisque les suspentes de celle-ci y sont accrochĂ©es. Tout comme la voile, il existe diffĂ©rents types de sellettes adaptĂ©es selon les besoins,niveaux et usages de chacun. Vous trouverez des sellettes avec diffĂ©rentes assises hamac, planchette, cuissarde et pour diffĂ©rentes pratiques randonnĂ©e et rĂ©versible light et rĂ©versible sellette-sac Ă dos, voltige et freeride dite âaccroâ protection et maintien, cross light et aĂ©rodynamique, paralpinisme ultralight et allant jusqu'Ă un peu plus de 100g !. Les Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte pour le choix dâune sellette - La stabilitĂ©- La sĂ©curitĂ©- La soliditĂ©- Le confort- Lâamortissement- LâaĂ©rodynamisme- La lĂ©gĂšretĂ©, - Lâencombrement - La simplicitĂ© Un petit conseil ? Allez voir la page de âRock The Outdoorâ qui prĂ©sente en dĂ©tail les caractĂ©ristiques des sellettes. Rapprochez-vous des professionnels pour vous conseiller et essayer des vĂȘtements et accessoires de qualitĂ© pour un vol de qualitĂ©Vous voulez profiter pleinement de votre vol et du plaisir quâil procure ? Nous vous conseillons de vous Ă©quiper de plusieurs accessoires. Un casque pour voler en toute sĂ©curitĂ©, une radio pour ĂȘtre en contact avec une personne qui restera au point de dĂ©part et qui aura une vision sur vous du dĂ©but jusquâĂ la fin de votre vol ou pour ĂȘtre en contact avec une personne avec qui vous conseil vous pourrez accrocher votre radio Ă votre sellette. Nous vous conseillons Ă©galement de porter une paire de gants afin dâĂ©viter les douleurs aux mains lors du pilotage et de lâĂ©ventuelle prise de suspentes, une paire de lunettes de soleil pour admirer les paysages peu importe les conditions mĂ©tĂ©orologiques ou encore des chaussures avec un bon maintien pour atterrir sereinement. PrĂ©voyez Ă©galement des vĂȘtements dĂ©contractants mais qui tiennent chauds. Eh oui, dans lâair, ce nâest pas les mĂȘmes tempĂ©ratures quâau sol !Dernier conseil pour votre matĂ©riel rapprochez-vous de votre moniteur avec lequel vous avez effectuĂ© votre baptĂȘme ou votre stage en parapente ou dâune Ă©cole proche de chez vous pour choisir le matĂ©riel adaptĂ© Ă vos N°4 Trouvez des spots de parapente pour voler proche de chez vousVous ĂȘtes dĂ©sormais prĂȘt pour vous lancer dans cette belle aventure, mais vous vous demandez oĂč vous pouvez voler en France ? Bonne nouvelle, en France il existe des sites partout, ou presque ! La FFVL recense les diffĂ©rents endroits oĂč vous pouvez voler .Une autre bonne nouvelle ? Il y a presque toujours un club ou une Ă©cole, proche de ces sites, qui pourra vous accueillir, vous informer et vous vous prĂ©fĂ©rez les grands espaces et la montagne, vous retrouverez les incontournables le Mont Blanc et le lac dâAnnecy, mais Ă©galement en hike and fly randonnĂ©e en montagne jusquâen haut et vol en parapente, le Refuge de Varan proche de Passy et des spots magnifiques Ă SamoĂ«ns, proche de Gap ou encore Millau oĂč lâon vole plus de 300 jours par vous prĂ©fĂ©rez la mer et ses falaises, nous vous conseillons des spots comme la Dune du Pilat, le Cap Blanc ou Gris-Nez, la Normandie, Aix-en-Provence, Nice, Cannes, ou encore Omaha Beach qui sont des spots la montagne reste lâendroit par excellence pour pratiquer le parapente ! La raison est simple ses massifs permettent au parapentiste de prendre de la hauteur et de profiter dâun vol Ă couper le souffle. Vous vous demandez sĂ»rement oĂč vous ne pouvez pas voler ? Eh bien, proches des aĂ©roports ou au-dessus des villes. Il faut aussi que les conditions de vol soient rĂ©unies orientation et force du vent, niveau du parapentiste, connaissance du site, de lâĂ©volution mĂ©tĂ©orologique, etc. La France est un pays oĂč la pratique du parapente est de plus en plus importante. Dâautres pays offrent de nombreux endroits tout aussi incroyables pour pratiquer le petit plus du parapente ?Voyager diffĂ©remment et dĂ©couvrir des pays comme vous ne les avez jamais vu. La Suisse, le BrĂ©sil, lâAllemagne ou encore lâEspagne, sont des pays magnifiques et oĂč la pratique du parapente se dĂ©veloppe fortement. Apprenez Ă voler de vos propres ailes ! DĂ©couvrez la plateforme Decathlon ParapenteTrouvez Les meilleurs instructeurs de parapente sont lĂ pour vous faire dĂ©couvrir le vol en parapente, en toute Pas besoin d'appeler, rĂ©servez en toute simplicitĂ© l'heure et le jour qui vous Trouvez les meilleurs spots et rejoignez la communautĂ© !CONSEIL N°5 Volez avec vos amis ou votre famille, câest beaucoup plus fun !Et pour prendre plus de plaisir avec le parapente,le vol en groupe, avec les membres de votre club, de votre famille ou avec vos amis. Le vol en lui-mĂȘme se fait bien sĂ»r seul, mais la discipline mĂ©rite dâĂȘtre apprĂ©hendĂ© en groupe. Pourquoi ?- Câest plus convivial de partager son sport avec dâautres personnes- Partager des moments inoubliables- DĂ©couvrir des choses ensemble- Ăchanger et dâapprendre des groupe est un Ă©lĂ©ment majeur de sĂ©curitĂ©, de challenge, dâapprentissage ou mĂȘme pratique pour se dĂ©placer et faire les rotations dĂ©co-attĂ©ro. Vous vous demandez sĂ»rement ce quâest des rotations dĂ©co-attĂ©ro ? Câest trĂšs simple, vous allez sur le lieu du dĂ©collage en 4X4, vous vous prĂ©parez, vous dĂ©collez, vous volez et vous retournez au point de dĂ©collage. Il faut savoir que sur un vol de 25 minutes, une rotation complĂšte peut prendre 1h. Observez et vous ne verrez que trĂšs rarement un parapente seul en lâair, il y a bien une raison à ça. Au moment de vous lancer et de prendre votre envol, rapprochez-vous dâun des 350 clubs, ou dâune des 150 Ă©coles et ne volez pas seul. Nâoubliez pas, le parapente est un sport qui nĂ©cessite concentration, analyse et prudence, le groupe vous aidera pour les parapentistes se retrouvent derriĂšre cette Ă©vidence âil vaut mieux regretter dâĂȘtre au sol quâen lâairâ alors soyez prudent, soyez attentifs aux conseils des pilotes expĂ©rimentĂ©s. Nâoubliez pas que 99% des accidents de parapente, comme dans tous les secteurs de l'aĂ©ronautique, sont directement liĂ©s Ă des erreurs humaines. Alexandre, ChargĂ© de communication digitaleSportif passionnĂ© par les grands espaces naturels !Ces articles peuvent vous intĂ©resser
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Mercredi 9 septembre 2009 SĂ©ance de 9 heures Compte rendu n° 4 PrĂ©sidence de M. AndrĂ© Gerin, PrĂ©sident â Organisation des travaux de la mission dâinformation 2 â Audition de Mme Sihem HABCHI, prĂ©sidente de lâassociation Ni putes ni soumises â Audition de Mme Ălisabeth BADINTER, philosophe La sĂ©ance est ouverte Ă neuf heures dix. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Aujourdâhui a lieu notre troisiĂšme sĂ©ance dâauditions au cours de laquelle nous entendrons Mmes Sihem Habchi et Ălisabeth Badinter. Nous organiserons, la semaine prochaine, une table ronde avec des associations laĂŻques et nous entendrons, Ă huis clos, deux personnes qui travaillent sur le terrain dans un dĂ©partement dâĂle-de-France. Le 23 septembre, est prĂ©vue une rĂ©union entre membres de la mission pour faire un point dâĂ©tape sur nos travaux et, le 29 septembre, nous entendrons des Ă©lus de lâassociation Ville et Banlieue de France, le maire de Nancy, M. AndrĂ© Rossinot, auteur, en 2006, dâun rapport sur la laĂŻcitĂ© dans les services publics, et, sous rĂ©serve, un spĂ©cialiste du salafisme ou MaĂźtre GisĂšle Halimi. Il nous faudra aussi organiser, dĂ©but octobre, une rencontre avec les reprĂ©sentants du Conseil français du culte musulman. Ă la suite de la publication dans la presse, fin juillet, dâune estimation du nombre de femmes portant la burqa en France Ă©manant dâun rapport de police, jâai adressĂ© une lettre, cosignĂ©e par notre rapporteur, M. Ăric Raoult, Ă M. Brice Hortefeux, ministre de lâIntĂ©rieur, pour lui demander communication du rapport en question et des Ă©claircissements sur le chiffre avancĂ©. Un autre chiffre est citĂ© dans Le Figaro de ce matin, Ă©manant dâun autre service de ce ministĂšre. Nous devrons examiner cette question de prĂšs. Lâobjectif de notre mission, je le rappelle, est de faire un Ă©tat des lieux. Nos travaux porteront sur tout ce que recouvre cette rĂ©alitĂ© compte tenu des Ă©volutions constatĂ©es depuis maintenant une vingtaine dâannĂ©es dans notre pays. Nous voulons comprendre et surtout dĂ©boucher sur des prĂ©conisations en souhaitant que la majoritĂ© dâentre elles soient partagĂ©es par les associations fĂ©minines, laĂŻques et â pourquoi pas ? â par une partie des musulmans qui veulent vivre dans notre pays dans le respect des rĂšgles de la RĂ©publique et de la laĂŻcitĂ©. M. Lionnel Luca. Selon un sondage rĂ©alisĂ© par le site et pris comme argent comptant par les mĂ©dias, une large majoritĂ© des Français musulmans se dĂ©clare hostile Ă une loi rĂ©glementant le port du voile intĂ©gral et considĂšre la crĂ©ation dâune mission parlementaire sur le port de la burqa comme une stigmatisation de lâislam ». Je mâĂ©tonne que nâimporte qui puisse faire des sondages sans mĂ©thode sĂ©rieuse et publier ensuite des affirmations dĂ©nuĂ©es de fondement. Cette campagne de dĂ©sinformation me paraĂźt prĂ©occupante, et je me demande comment nous pouvons y rĂ©agir. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Jâai prĂ©vu de vous donner tous les Ă©lĂ©ments dont nous disposons sur ce sujet. La consultation du site qui est en lien avec le travail de Tariq Ramadan, est trĂšs instructive. Nous en parlerons lors de notre rencontre du 23 septembre. M. Jean Glavany. La mission aurait tout intĂ©rĂȘt Ă mieux communiquer sur ce quâelle fait. Il nây a pas que sur le site que sont affirmĂ©es des contre-vĂ©ritĂ©s. Jâai Ă©tĂ© trĂšs choquĂ© de lire, au milieu de lâĂ©tĂ©, sous la plume de Mme Lemonnier â que je ne connais pas mais Ă qui jâai Ă©crit Ă la suite de son article dans Le Nouvel Observateur â que notre mission parlementaire nâavait dâautre but que dâinterdire la burqa et Ă©tait une alliance sacrĂ©e entre politiques de droite dĂ©fenseurs de lâidentitĂ© chrĂ©tienne de la France et Ă©lus de gauche ultra-laĂŻques. » Personnellement, je ne sais pas ce quâest un ultra-laĂŻque puisque, pour moi, la laĂŻcitĂ© est un combat contre tout ce qui est ultra. Nous aurions intĂ©rĂȘt Ă communiquer avec les journalistes pour casser un certain nombre de jugements préétablis qui sont dĂ©sagrĂ©ables Ă lire dans la presse. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Il me paraĂźt utile de rappeler aux journalistes que nos travaux sont consultables sur Internet. Ă lâissue de notre rĂ©union du 23 septembre prochain, nous pourrons Ă©galement envisager de prĂ©ciser Ă nouveau, par le biais, par exemple, dâune confĂ©rence de presse, que notre mission est rĂ©publicaine et reprĂ©sentative de lâensemble des sensibilitĂ©s de lâAssemblĂ©e nationale. M. Jacques Myard. Nous devons vivre aujourdâhui avec Internet car nous ne reviendrons pas au temps de la marine Ă voile. DĂšs lors, il faut rĂ©pondre du tac au tac Ă©tant entendu que toutes les informations qui remontent du terrain montrent que nos compatriotes, quels quâils soient, sont profondĂ©ment choquĂ©s par cette coutume » du voile intĂ©gral et attendent beaucoup de notre mission. Il ne faudrait pas non plus considĂ©rer que nous sommes cernĂ©s car ce nâest pas vrai. M. Jacques Remiller. Je considĂšre comme une nouvelle provocation lâapparition cet Ă©tĂ© en France du burkini. Une jeune femme de confession musulmane sâest vue refuser lâaccĂšs au bassin de la piscine dâEmerainville en Seine-et-Marne dans cette tenue de bain. En ma qualitĂ© de maire de Vienne, jâai Ă©tĂ© confrontĂ© Ă un Ă©vĂ©nement similaire et jâai Ă©galement dĂ» interdire lâaccĂšs. Jâaimerais que cette question soit discutĂ©e par notre mission. M. Ăric Raoult, rapporteur. Dâautres sondages seront rĂ©alisĂ©s. Le Figaro de ce matin demande Ă ses lecteurs de donner leur avis sur le site sur la question Faut-il lĂ©gifĂ©rer pour interdire la burqa ? ». Nous serons Ă©galement confrontĂ©s Ă dâautres provocations. Concernant le burkini, je crois quâil est, tout de mĂȘme, important de rester centrĂ©s sur lâobjet de notre mission. * * * Audition de Mme Sihem Habchi, prĂ©sidente de lâassociation Ni putes ni soumises M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Comme je lâai indiquĂ© lors des premiĂšres auditions, le voile constitue la face cachĂ©e dâun phĂ©nomĂšne plus gĂ©nĂ©ral qui affecte en profondeur la sociĂ©tĂ© française. Comme nombre dâentre vous, Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, membres de la mission, je me suis forgĂ© une conviction Ă partir des observations que jâai faites dans lâexercice de mes fonctions dâĂ©lu local. Nous constatons, en effet, Ă des degrĂ©s diffĂ©rents, une lente paupĂ©risation de certains de nos quartiers, qui nâest pas sans rapport avec le dĂ©veloppement de pratiques et de conduites qui portent atteinte aux principes auxquels nous sommes attachĂ©s. Nous partageons tous le sentiment que le port du voile intĂ©gral met en cause la libertĂ© et la dignitĂ© des femmes. Mais dâautres interrogations apparaissent autour de cette pratique. Câest un fait qui touche la vie des quartiers et qui soulĂšve beaucoup de questions, notamment celle des relations entre filles et garçons dans ces quartiers. Nous recevons aujourdâhui, pour notre premiĂšre audition de rentrĂ©e, Mme Sihem Habchi, prĂ©sidente de Ni putes ni soumises, association bien connue qui est Ă la pointe du combat pour le respect de la dignitĂ© des femmes et la promotion de lâĂ©galitĂ© entre garçons et filles dans les quartiers. Mme Habchi est Ă©galement, depuis 2007, membre du collĂšge de la Haute autoritĂ© de lutte contre les discriminations et pour lâĂ©galitĂ© HALDE. Je vous remercie, Madame Habchi, dâavoir acceptĂ© de vous exprimer devant la mission. Mme Sihem Habchi. Monsieur le prĂ©sident, Monsieur le rapporteur, Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, permettez-moi, tout dâabord, de saluer votre initiative qui met la RĂ©publique face Ă un nouveau dĂ©fi en ouvrant les travaux de cette mission dâinformation sur le phĂ©nomĂšne du voile intĂ©gral et tout ce qui lâaccompagne. Lâenjeu est de savoir si lâon veut faire du droit des femmes un prĂ©alable au progrĂšs social ou en faire la variable ajustable, nĂ©gociable, en fonction des demandes et des revendications de communautĂ©s, de groupes ou dâindividus. Lâenjeu est Ă©galement de savoir si lâon est prĂȘt â si vous ĂȘtes prĂȘts â Ă aborder un nouveau combat fĂ©ministe. AprĂšs le droit de vote et le droit Ă lâavortement, lâoccasion nous est donnĂ©e aujourdâhui de rĂ©affirmer le droit dâĂȘtre femme, de maniĂšre complĂštement inaliĂ©nable, et le droit Ă lâĂ©mancipation pour toutes. Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, il ne faut pas nous voiler la face. La burqa est le symbole critique dâun point de non-retour, un chemin pour lâĂ©mancipation des femmes en France. Je nâai pas besoin de vous faire de dessins et je ne vais pas, comme certains, vous vanter lâesthĂ©tique du voile. La burqa est bien le symbole le plus violent de lâoppression des femmes et nâa rien Ă voir avec la religion musulmane, ma religion. Elle apparaĂźt comme le point culminant dâune Ă©volution en France dâune vision archaĂŻque du rĂŽle des femmes, confinĂ©es dans la sphĂšre sexuelle, loin du champ Ă©conomique et social. La burqa symbolise lâapogĂ©e dâun systĂšme de relĂ©gation des femmes qui prend sa source dans nos quartiers populaires. Les symptĂŽmes sont visibles depuis vingt ans. Ni putes ni soumises sâest constituĂ©e en opposition Ă la rĂ©duction de plus en plus grande des espaces de libertĂ© des femmes musulmanes. Nous avons â faut-il le rappeler ? â payĂ© le prix, et cher filles rasant les murs et soumises Ă un contrĂŽle obsessionnel de leurs allĂ©es et venues dans lâespace public par les frĂšres dâabord puis lâensemble des hommes. La soumission commence lĂ nous ne nous appartenions plus et notre vie quotidienne Ă©tait rythmĂ©e par la routine du respect des horaires, puis du respect dâune tenue vestimentaire rĂ©glementaire oĂč la jupe Ă©tait bannie et, enfin, dâun contrĂŽle de la sexualitĂ© avec lâĂ©tablissement de la sacro-sainte virginitĂ© comme baromĂštre. Le jugement du tribunal de grande instance de Lille, en avril 2008, nous lâa, malheureusement, encore bien dĂ©montrĂ©. Nous Ă©tions le point aveugle dâune sociĂ©tĂ© qui, pour mieux gĂ©rer ses quartiers populaires et ses populations, sâest trouvĂ©e une rĂšgle qui en arrangeait plus dâun la loi du silence. Il ne faut pas stigmatiser », nous disait-on. Parler, dĂ©noncer, lever le voile, câĂ©tait discriminer les populations, souvent immigrĂ©es ! Jâappelle cela du racisme Ă lâenvers. Et câest une belle entourloupe pour flatter les bonnes consciences de certains responsables politiques. Cette inconscience politique a, au bout du bout, permis les pires des exactions contre les femmes. Jâai encore devant les yeux le portrait de Sohane, brĂ»lĂ©e vive dans un local Ă poubelles pour avoir dit non. Je me rappelle de Samira Bellil, qui a Ă©tĂ© victime de nombreux viols collectifs et nous a quittĂ©s il y a cinq ans. Me reviennent Ă©galement en mĂ©moire Erim, Malika et tant dâautres qui ont Ă©tĂ© victimes de mariages forcĂ©s, Diaryatou Bah qui a Ă©tĂ© victime dâexcision qui lâa contrainte Ă faire trois fausses couches, Myriam qui, pour avoir simplement effleurĂ© le bras dâun garçon a dĂ©cidĂ© dâen finir avec lâoppression familiale et sâest dĂ©fenestrĂ©e en juin dernier. Si certaines ne sont plus parmi nous, dâautres restent debout pour faire en sorte que leurs sĆurs ne soient pas mortes pour rien. ParallĂšlement Ă la montĂ©e de la violence envers les femmes, la pression sur le corps dans lâespace public est devenue de plus en plus forte. Le harcĂšlement physique et moral devenait insupportable. Les filles ont grandi dans cet univers carcĂ©ral. Nous devenions des corps dociles dans un systĂšme de dressage oĂč les symboles punitifs devaient servir dâexemple Ă toutes celles qui ne respecteraient pas la rĂšgle, comme Khadija, Ă©gorgĂ©e sur la place publique de Limoges en 2005 pour avoir osĂ© demander le divorce ou ShĂ©razade, brĂ»lĂ©e vive la mĂȘme annĂ©e dans la rue devant chez elle pour avoir dit non. Les rumeurs sur les filles faciles constituent un autre moyen de pression seul le port du voile garantit le respect. Les dĂ©pressions sont courantes et le mal-ĂȘtre grandissant. Dans ce contexte, les Ă©tudes restent le premier Ă©chappatoire. Mais, alors que lâĂ©cole de la RĂ©publique jouait la carte de lâintĂ©gration en mettant les enfants dans le mĂȘme bain des valeurs universelles de citoyennetĂ© et de mixitĂ©, les annĂ©es 1990 ont vu une accĂ©lĂ©ration communautaire dans nos quartiers, ce qui a rĂ©duit les filles Ă des marqueurs identitaires. La circulaire de 1989 de Lionel Jospin, alors ministre de lâĂducation nationale, a mis un point dâarrĂȘt Ă lâimmense espoir que nous placions dans lâĂ©cole â qui, pour nous, reprĂ©sentait la vie et lâĂ©mancipation. Nous nous sommes rendus compte que tout cela nâĂ©tait pas pour nous. Nous devenions des sacrifiĂ©es de la RĂ©publique, lâĂ©tendard dâun projet de sociĂ©tĂ© qui faisait le choix du voile comme rĂ©gulateur social. Câest un moyen dâaccepter nos immigrĂ©s », entendions-nous. Il faut laisser les populations choisir leur mode de vie, ne rien leur imposer ». Et tant pis pour les femmes ! Le message Ă©tait clair pour nous. Nous nâavions pas le droit Ă lâĂ©mancipation. Pire, au lieu de nous tendre la main, les institutions nous ont tendu le voile. Par ce glissement vers un communautarisme affichĂ© et revendiquĂ©, la France ouvrait une brĂšche aux islamistes, une alliance contre nature, qui dĂ©boucha sur des horaires de piscine non mixtes et des gymnases rĂ©servĂ©s aux femmes. La mixitĂ© dans les espaces publics se rĂ©duisait comme peau de chagrin, y compris dans les institutions. Les islamistes ont ainsi trouvĂ©, dans les quartiers populaires â les quartiers ghettos â un terreau utile Ă la propagation de leur message. Ils allaient offrir ce qui paraissait une solution de remplacement en rĂ©duisant notre identitĂ© Ă la communautĂ© des croyants. Le temps est fini oĂč lâon criait lors des manifestations PremiĂšre, deuxiĂšme, troisiĂšme gĂ©nĂ©ration ! Nous sommes tous des enfants dâimmigrĂ©s ! ». Aujourdâhui, nous disons Nous sommes tous des musulmans. » La propagation du voile fut galopante. Lâinstitution de ce systĂšme carcĂ©ral pour femmes sâaccompagna dâun discours qui structura et valida les Ă©lans les plus machistes. On peut parler dâinstrumentalisation par des groupes radicaux qui ont utilisĂ© ma religion pour asseoir la domination masculine et la rendre crĂ©dible. De nouvelles normes se sont installĂ©es, scindant la population des femmes en deux les voilĂ©es et les autres. Nous avons alors entendu des choses curieuses. Selon certaines fĂ©ministes, le voile Ă©tait un outil dâĂ©mancipation. Cela te permet de sortir. », nous assuraient-elles. Peut-on associer les mots espace de libertĂ© » et voile » ? Le voile offre-t-il plus de libertĂ© aux femmes ou est-il simplement une chaĂźne reliĂ©e Ă un systĂšme machiste qui garde un moyen de contrĂŽle ? Qui contrĂŽle qui ? IndĂ©niablement, le voile ne nous permettait pas dâĂ©chapper aux chaĂźnes machistes puisquâil fallait respecter les rĂšgles certaines nâallaient plus Ă la piscine, refusaient dâassister aux cours de biologie et disparaissaient lors des cours de sport. Elles Ă©taient soumises Ă la loi des hommes, aux obscurantistes. Symbole de la sociĂ©tĂ© machiste et de lâexclusion assumĂ©e et revendiquĂ©e, le voile est un marqueur pour scinder la population française. LâavĂšnement de la sĂ©grĂ©gation a lieu quand les victimes intĂšgrent lâoppression et revendiquent leurs chaĂźnes. En vous dĂ©plaçant dans votre ghetto ambulant, vous avez le respect de tous. Personne ne vous harcĂšle. On vous valorise mĂȘme. Ainsi se dessine, petit Ă petit, pour une partie des filles, une solution pour Ă©chapper Ă lâoppression quotidienne. Acheter sa tranquillitĂ© pour avoir le respect, est-ce cela le projet de la RĂ©publique ? En 2004, la situation Ă©tait devenue critique et la pression sur les filles non voilĂ©es grandissante. AprĂšs des mois de dĂ©bats, une loi a Ă©tĂ© votĂ©e, rĂ©affirmant la laĂŻcitĂ© Ă lâĂ©cole. Nous Ă©tions rĂ©habilitĂ©es dans notre statut de citoyennes et, enfin, respectĂ©es par la RĂ©publique. Mais lâespace public resta minĂ©. Comme nous nâavions eu de cesse de le dire, pour nĂ©cessaire quâelle Ă©tait, la loi nâĂ©tait pas suffisante. Le terrain ne devait pas ĂȘtre laissĂ© aux pourvoyeurs ni aux rĂ©trogrades. Mais les espaces de libertĂ© ont continuĂ© Ă se rĂ©duire de maniĂšre inversement proportionnelle Ă lâextension du voile au jilbab, puis au niqab et, enfin, Ă la burqa. Jâai recueilli Ă votre intention le tĂ©moignage de Karima qui a portĂ© le voile intĂ©gral. Karima exerce une profession commerciale et a grandi dans un quartier populaire de la rĂ©gion parisienne. Son enfance a Ă©tĂ© marquĂ©e par une pression familiale et une Ă©ducation trĂšs dures pour les filles et, comme beaucoup de jeunes filles, elle sâest mariĂ©e pour Ă©chapper Ă lâĂ©touffement familial, mais avec un homme quâelle a choisi. Malheureusement, aprĂšs deux ans de mariage, son mari bascule dans le fanatisme parce quâil retourne habiter dans son ancienne citĂ©. Ă lâarrivĂ©e du deuxiĂšme enfant, les choses sâaccĂ©lĂšrent. Karima accepte les nouvelles exigences sans vraiment comprendre quâelle renonce Ă ses libertĂ©s. Cela commence par des conseils sur le comportement que doit avoir une femme Il ne faut pas mettre de parfum. » ; Quand tu mets des talons, le diable te suit. » ; Si tu refuses de coucher avec moi, câest un pĂ©chĂ© et les anges vont te maudire jusquâau matin. » La pression psychologique aidant, Karima accepte de porter le voile et ne porte plus que des baskets. Finis les talons ! Son mari lui apporte des lectures concernant le jilbab il faut cacher les formes pour ne pas attirer le regard des hommes. La pression monte dâun cran. Le mari de Karima lui raconte que, si la femme montre ses cheveux, des anges de lâenfer lâattrapent, la pendent par les cheveux et la brĂ»lent petit Ă petit et quâelle est condamnĂ©e Ă une souffrance Ă©ternelle. Il lui fait lire dâautres slogans du type Si tu sors en dĂ©colletĂ©, on te versera de lâacide sur toi jusquâĂ ce quâil y ait un trou. » Il la soumet mĂȘme Ă lâĂ©preuve de la flamme, lui demandant dâĂ©tendre son bras au-dessus dâune flamme pour ressentir la douleur provoquĂ©e par celle-ci. Devenue insomniaque, dĂ©primĂ©e, Karima continue Ă lire les lectures conseillĂ©es par son mari. Elle tĂ©moigne Quand je me regardais dans un miroir, je ne me reconnaissais plus. Je nâavais plus envie de rien, plus envie de me faire belle. Par contre, lorsque mon mari rentrait, il fallait ĂȘtre prĂȘte et lui donner envie. Je devais ĂȘtre parfumĂ©e, maquillĂ©e. Des fois, il mâappelait du travail pour savoir si je mâĂ©tais prĂ©parĂ©e. » Son espace de libertĂ© se rĂ©duisit ainsi jusquâau jour oĂč les violences physiques ont commencĂ©. Il a commencĂ© Ă me frapper », raconte-t-elle, parce que je sortais sur le balcon sans voile. Puis, me disant quâil ne fallait pas quâon voie les formes de mes lĂšvres, il mâa remis un voile intĂ©gral que jâai encore une fois acceptĂ©. Je voulais que ça sâarrĂȘte. Jâai vĂ©cu un vĂ©ritable enfer. JâĂ©tais devenue un spectre. » Karima avait disparu ! Puis, un jour, mon mari a dit aux enfants que maman avait fait une bĂȘtise et quâelle allait rester lĂ parce quâun chien, ça reste Ă la maison ! » Karima sâest enfuie le lendemain. Le rĂ©cit que je viens de faire est, non seulement, celui dâune femme victime de violences, mais surtout celui dâune femme qui a eu le malheur de trouver dans lâescarcelle de son mari le voile intĂ©gral, qui a Ă©tĂ© le point culminant de lâoppression quâelle a subie pendant trois ans. RĂ©duite Ă un objet sexuel, elle nâavait plus dâidentitĂ©. Elle nâĂ©tait plus personne. Avec le voile intĂ©gral â burqa, niqab, appelez-le comme vous voulez â, nous avons atteint le paroxysme de lâoppression machiste. Câest pourquoi je parle dâun point de non-retour. Comment peut-on dire que les femmes ont le choix de porter ou non le voile intĂ©gral alors quâelles subissent le plus souvent des pressions quotidiennes de leur entourage, comme je viens de vous les dĂ©crire ? Quelles possibilitĂ©s dâĂ©mancipation ont-elles face Ă cette remise en question de leurs vĂȘtements ? JugĂ©es trop fĂ©minines ou trop masculines, elles en viennent Ă sacrifier leur corps, considĂ©rĂ© comme trop encombrant. Tout signe indiquant lâappartenance Ă la sociĂ©tĂ© est rejetĂ© au profit dâun signe dâexclusion comme la burqa. Le risque est de voir se pĂ©renniser la coexistence de deux mondes parallĂšles et totalement hermĂ©tiques celui dans lequel les femmes connaissent leurs droits et savent que leur corps est leur propriĂ©tĂ© et celui dans lequel, sous couvert de burqa, les femmes revendiquent le fait dâĂȘtre purement et simplement lâobjet sexuel de leur Ă©poux. Quel message adressons-nous aux jeunes gĂ©nĂ©rations ? Les enfants se construisent aujourdâhui avec des symboles dâaliĂ©nation et de soumission de la femme dans lâespace public. Il importe de sâinterroger sur la progression du port du voile intĂ©gral. Pourquoi voyons-nous autant de burqas aujourdâhui alors quâon nâen voyait pas il y a dix ans ? Elle est maintenant portĂ©e par des Africaines du sud, des Françaises de souche â qui constituent dâailleurs la nouvelle gĂ©nĂ©ration des militantes de Ni putes ni soumises. Oui, il y a une progression du nombre de femmes voilĂ©es. Quant aux chiffres parus dans la presse, ils sont produits par ceux-lĂ mĂȘmes qui ricanaient dans les annĂ©es 1990 et dĂ©fendaient le voile Ă lâĂ©cole ! En 1989, on comptait deux filles voilĂ©es. Aujourdâhui, des centaines, voire des milliers de filles sont mises sous cage. Le port du voile intĂ©gral est une question de principe, pas de chiffres, et, lorsquâon cĂšde sur les principes, câest le modĂšle social qui est remis en question. Lâalternative est claire câest la RĂ©publique ou la burqa. Cette derniĂšre nâest, dâailleurs, que la partie visible de lâiceberg. Le phĂ©nomĂšne sâest accompagnĂ© dâune sĂ©rie de conflits dans lâespace public, mettant au dĂ©fi et le service public et les institutions de la RĂ©publique. Le bras de fer continue. Les tests se multiplient. Les exemples sont lĂ©gions. Il nâest que de citer le refus des femmes de se laisser identifier Ă la sortie des Ă©coles par les institutrices. Il nây a que la prĂ©sence policiĂšre pour les faire cĂ©der. Et, encore, la police doit-elle demander Ă des femmes de procĂ©der Ă lâidentification, ce qui est dĂ©jĂ un recul sur les principes. Dans les piscines, on veut imposer, en plus des horaires rĂ©servĂ©s aux femmes, le port du burkini. LâamĂ©nagement des horaires sâĂ©tend aux gymnases et aux salons de coiffure afin que les femmes Ă©chappent au regard des hommes. Des mĂ©decins se font agresser parce quâils ont osĂ© soigner une femme. Les agents du service public sont soumis Ă la loi de la laĂŻcitĂ© mais pas les bĂ©nĂ©ficiaires ! Pourquoi les institutions de la RĂ©publique doivent-elles sâadapter aux revendications de non-mixitĂ© et de sĂ©grĂ©gation des sexes ? Face Ă ces tests successifs, les dĂ©fenseurs des libertĂ©s, certains politiques, certains membres de la sociĂ©tĂ© civile droits-de-lâhommistes » et certaines fĂ©ministes sont tombĂ©s dans le piĂšge du relativisme culturel, qui les a poussĂ©s Ă justifier et Ă accepter nâimporte quoi â comme la polygamie et lâexcision â et Ă hĂ©siter Ă condamner le voile intĂ©gral. La gangrĂšne est bien rĂ©elle. Le mal ne vient pas simplement de ceux qui propagent et qui diffusent le message mais aussi de ceux qui, alors quâils sont censĂ©s dĂ©fendre les libertĂ©s fondamentales, ne le font pas. Les idĂ©es rĂ©trogrades investissent la sociĂ©tĂ© et lâon assiste Ă un effondrement de lâordre social. La burqa est un symptĂŽme de cet effondrement. La laĂŻcitĂ© non seulement garantit la sĂ©paration du politique et du religieux mais Ă©galement promeut un espace dâinteraction sociale entre hommes et femmes, hĂ©tĂ©ros et homos, riches et pauvres permettant la dĂ©finition dâun nouveau pacte social. La laĂŻcitĂ© est la condition sine qua non de lâexercice de la dĂ©mocratie. En refusant, le 27 juin 2008, la nationalitĂ© française Ă une femme en burqa, qui affirmait son refus des valeurs dâĂ©galitĂ© des sexes, le Conseil dâĂtat a rectifiĂ© le tir en rappelant les valeurs qui nous permettent de tous vivre ensemble. Oui, la libertĂ© a des limites les principes qui organisent la sociĂ©tĂ© afin que nous puissions vivre ensemble. En tous les cas, la dignitĂ© de la personne humaine doit ĂȘtre respectĂ©e. Les femmes doivent ĂȘtre respectĂ©es Ă la fois en tant que personnes humaines et en tant que composantes de lâordre public. Une autre dĂ©cision du Conseil dâĂtat du 27 octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge, rĂ©affirme le principe du respect de la dignitĂ© humaine en interdisant le lancer de nains. Un nain avait fondĂ© son entreprise sur le fait de se faire lancer lors de manifestations. Le maire de la ville dans laquelle il devait se produire a interdit cette pratique au nom de la dignitĂ© de la personne humaine. Le Conseil dâĂtat a confirmĂ© cette dĂ©cision. Donc, si une femme veut porter la burqa, on peut le lui interdire au nom de la dignitĂ© de la personne humaine. Nous devons continuer dans la voie ouverte par le Conseil dâĂtat, Ă la fois en matiĂšre dâintĂ©gration et de dĂ©fense des valeurs universelles. La HALDE a Ă©galement pris des dĂ©cisions en ce sens. Aux termes de la Constitution, la femme est lâĂ©gale de lâhomme. La burqa est contraire Ă ce principe constitutionnel. Sur le plan europĂ©en, on constate que câest en France, pourtant critiquĂ©e, que lâautre sâintĂšgre le mieux et que le nous » collectif est revendiquĂ©, contrairement au Royaume-Uni qui paie le prix fort de sa politique de laisser-faire face aux intĂ©gristes. Plusieurs ministres britanniques se sont dĂ©clarĂ©s choquĂ©s par le port de la burqa et ont saluĂ© lâinitiative de la mission française. La France est le pays oĂč lâon compte le plus de couples mixtes â mais peut-ĂȘtre pas pour longtemps. Je tiens Ă©galement Ă rappeler quâil y a mĂȘme un islamiste radical qui, Ă la suite de la mise en place de cette mission dâinformation, a traitĂ© de hore », câest-Ă -dire de pute » la premiĂšre dame de France, parce quâelle reprĂ©sente les valeurs occidentales et quâelle est trop dĂ©nudĂ©e Ă son goĂ»t. Je crois que la France est le seul pays Ă pouvoir avoir un dĂ©bat sur le voile et trancher la question. Elle porte une responsabilitĂ© aux yeux du monde parce que des femmes continuent Ă mourir dans le monde pour dĂ©fendre leur libertĂ© â je pense Ă Loubna Ahmed al-Hussein au Soudan, qui a affrontĂ© les tribunaux pour avoir portĂ© un pantalon, Ă Nojoud Ali qui a osĂ© demander le divorce Ă lâĂąge de dix ans et aux Koweitiennes qui sont entrĂ©es au Parlement sans voile. Il me semble quâon a dĂ©jĂ oubliĂ© les journĂ©es sanglantes de mon pays dâorigine, lâAlgĂ©rie, quand des femmes se sont fait Ă©gorger pour ne pas avoir le choix de porter le foulard. Que dire Ă©galement de ces femmes afghanes privĂ©es dâĂ©ducation et souffrant des sĂ©quelles liĂ©es au port de cette prison ambulante ? Quand je pense que M. Obama a tendu la main aux intĂ©gristes au Caire en pensant les acheter avec le voile. Il nâa pas dit un mot sur les libertĂ©s fondamentales au Caire, ni sur lâorientation sexuelle, les homosexuels sĂ©questrĂ©s, assassinĂ©s, les violences faites aux femmes ! Pas un mot pour toutes ces femmes qui sont en train de se battre de par le monde afin de poser le dĂ©bat dans leur pays ! Nous devons soutenir ces femmes. Seule la France peut le faire car elle dispose dâun cadre pour cela. Les musulmanes ont le droit au respect et Ă la protection de la RĂ©publique. En tant que femme, en tant que française et en tant que musulmane, je demande Ă la RĂ©publique de me protĂ©ger du fanatisme le plus vil qui gangrĂšne notre espace public. De quoi avons-nous peur ? De quoi a peur lâEurope dĂ©mocratique ? Les libertĂ©s individuelles sont attaquĂ©es par ceux-lĂ mĂȘmes qui sâopposent Ă la dĂ©mocratie moderne et qui nous empĂȘchent de travailler Ă sa rĂ©gĂ©nĂ©ration. Câest Ă partir de ce creuset rĂ©publicain que nous pourrons dĂ©finir un nouveau pacte social sur le plan laĂŻc. Les femmes sont la clĂ© de voĂ»te de ce pacte. TĂŽt ou tard, les Ă©lites laxistes devront redĂ©couvrir le principe de limitation. Si la libertĂ© doit ĂȘtre dĂ©fendue sans concession, elle ne peut pas lâĂȘtre au nom de lâarchaĂŻsme. Sinon, les Ă©lites laxistes se retrouveront dans lâincapacitĂ© dâinspirer des visions nouvelles du progrĂšs. Comme vous lâaurez compris, je ne suis favorable Ă aucun instrument dâoppression des femmes, quel quâil soit. Je relie la burqa Ă toutes les formes de violence que nous subissons aujourdâhui dans le monde. Il est impĂ©ratif que la France ait le courage de dĂ©fendre de maniĂšre claire le droit des femmes parce que son action sera un point dâappui formidable pour toutes celles et tous ceux â car il y a aussi des hommes â qui se battent pour plus dâĂ©galitĂ© et plus de justice sociale dans notre pays. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous vous remercions pour cet exposĂ© lucide, courageux, Ă©clairant et riche en Ă©motion. Permettez-moi de vous poser quelques questions Combien de quartiers sont-ils, selon vous, concernĂ©s par le voile intĂ©gral dans notre pays ? LâĂ©mergence de cette pratique a-t-elle un lien avec le contexte international et le repli communautaire ? Cette coutume archaĂŻque, moyenĂągeuse, est-elle liĂ©e Ă la religion ? M. Ăric Raoult, rapporteur. Je tiens tout dâabord Ă vous indiquer, Mme Habchi, combien nous avons Ă©tĂ© touchĂ©s par votre intervention. Vous avez indiquĂ© que le port de la burqa permet aux femmes de sortir de chez elles. Leur demander de la retirer nâentraĂźnerait-il, pour elles, un repli au domicile ? Câest une des remarques qui nous sont souvent faites. Votre association est mixte et regroupe un grand nombre de jeunes des quartiers. Comment rĂ©agissent les garçons lorsquâune fille porte la burqa dans son environnement familial et proche famille ? ConsidĂšrent-ils cela comme une obligation ? Certaines femmes semblent dâailleurs ne pas la porter tout le temps. Enfin, quels arguments opposez-vous aux femmes qui militent pour le droit et la libertĂ© de porter la burqa ? M. Lionnel Luca. Je vous remercie, Madame, pour vos prises de position claires et fermes. Notre mission est-elle pour vous, jeune femme de confession musulmane, une stigmatisation de lâislam ? Jâaimerais avoir une rĂ©ponse trĂšs prĂ©cise Ă ce sujet car ce reproche nous est souvent adressĂ©. Le voile intĂ©gral est-il une prescription religieuse ou cultuelle ? Selon vous, quelle est la solution face Ă cette pratique ? Que devons-nous faire, concrĂštement, une fois que nous aurons terminĂ© nos travaux et nos auditions ? Le commissaire Ă lâĂ©galitĂ© et Ă la diversitĂ© des chances, M. Yazid Sabeg, a Ă©crit hier dans un quotidien national que la polĂ©mique sur la burqa va rouvrir des frustrations, des antagonismes, des racismes alors quâil faut au contraire rassembler les Français. » Pour lui la libertĂ© individuelle est la rĂšgle dans la limite du respect de lâordre public » et il considĂšre que pour le reste, les hommes et les femmes sont libres de sâhabiller comme ils le veulent. » Il a, par ailleurs, mis en cause notre mission parlementaire et tenu des propos sur son prĂ©sident que je juge scandaleux. Quelle est votre rĂ©action face Ă de telles dĂ©clarations ? M. Jacques Myard. Je mâassocie avec force Ă la condamnation des propos de M. Yazid Sabeg qui, selon moi, devrait dĂ©missionner immĂ©diatement. M. Lionnel Luca. Je suis Ă©galement de cet avis. M. Jacques Myard. Vos propos, Madame, nous ont touchĂ©s. Je vous poserai, tout dâabord, des questions sur le mĂ©canisme intellectuel et politique par lequel on oblige certaines femmes de confession musulmane Ă porter le voile. Comment analysez-vous cette descente aux enfers ? Comment peut-ĂȘtre justifiĂ©e une telle rĂ©gression ? Dans un ouvrage salafiste Ă©numĂ©rant toute une sĂ©rie de fatwas, on trouve la rĂ©ponse suivante Ă la question Que dois-je faire si un bĂ©bĂ© fait pipi sur moi quand je le prends dans mes bras ? » si câest un garçon, il suffit de prendre un peu dâeau pour se nettoyer car le prophĂšte lâa fait ; en revanche, si câest une fille, il faut faire des ablutions car le pipi de la petite fille est impur ». Comment expliquez-vous un retour vers un tel archaĂŻsme ? DeuxiĂšmement, ces idĂ©es sont vĂ©hiculĂ©es dans une chaĂźne dâĂ©ducation. Avez-vous des tĂ©moignages sur lâabsentĂ©isme scolaire dâenfants qui seraient dirigĂ©s vers des madrasas, câest-Ă -dire vers des Ă©coles coraniques dâembrigadement ? Je vous poserai, enfin, une question plus personnelle car votre courage, qui est grand, doit susciter des rĂ©actions vives avez-vous subi des menaces ? Mme Sandrine Mazetier. Je suis touchĂ©e par la situation des femmes en gĂ©nĂ©ral. Les Ă©vĂ©nements que vous avez rappelĂ©s ont frappĂ© lâopinion et je comprends que vous ayez Ă©tĂ© Ă©mue en les Ă©voquant. Jâai Ă©tĂ© surprise de vous entendre dire que la circulaire de Lionel Jospin de 1989 a fait le choix du voile comme rĂ©gulateur social ». Pouvez-vous nous expliquer comment elle a pu ĂȘtre la porte ouverte au voile Ă lâĂ©cole ? DeuxiĂšmement, Ă vous entendre, les institutions ne vous ont pas tendu la main mais le voile. Dans les annĂ©es 1990 et jusquâau dĂ©but des annĂ©es 2000, un certain nombre de lois ont Ă©tĂ© votĂ©es sur le droit des femmes, lâĂ©galitĂ© et la paritĂ©. Ătait-ce tendre le voile ? Vous avez fustigĂ© les idĂ©es laxistes et avez dĂ©plorĂ© le discours dâObama au Caire. Quel est votre avis sur le discours prononcĂ© au Palais du Latran par le PrĂ©sident de la RĂ©publique ? M. Pierre Forgues. Votre tĂ©moignage bouleversant, Madame, nous est trĂšs prĂ©cieux. Cela Ă©tant, pourquoi dĂ©gagez-vous la religion musulmane de toute responsabilitĂ© dans le port du voile alors que seules les musulmanes dans le monde portent la burqa et le voile dâune façon gĂ©nĂ©rale ? Il ne faut pas avoir peur dâaborder la rĂ©alitĂ© dans sa diversitĂ© et toute son ampleur. DeuxiĂšmement, vous avez dĂ©clarĂ© que la France Ă©tait le seul pays capable dâavoir un dĂ©bat sur le voile et de le trancher. Cela peut flatter mon cĂŽtĂ© un peu cocardier mais je ne vois pas pourquoi lâEspagne ou lâAllemagne ne seraient pas capables dâavoir un dĂ©bat sur ce sujet et de le trancher. Je fais dâailleurs remarquer que nous ne lâavons pas encore tranchĂ© et je ne sais pas â mĂȘme si je lâespĂšre â, si nous en serons capables. Tout en attendant votre rĂ©ponse aux questions de ma collĂšgue, Mme Sandrine Mazetier, jâindique dĂšs Ă prĂ©sent que jâestime comme vous, Madame, que les institutions ne vous ont pas tendu la main et je pourrai apporter mon tĂ©moignage personnel. M. Pierre Cardo. Je pense que nous trouverons une rĂ©ponse au port de la burqa. Ce qui me prĂ©occupe davantage, câest que, aprĂšs la promulgation de la loi interdisant le port du voile Ă lâĂ©cole, par laquelle nous croyions avoir rĂ©glĂ© le problĂšme, sont apparues de nouvelles revendications dans lâespace public. La disposition que nous prendrons par rapport au voile intĂ©gral ne rĂ©glera pas le problĂšme de fond. Je ne partage pas les propos de certains de mes collĂšgues qui me paraissent excessifs et nous devrons faire attention car des piĂšges nous sont tendus. Vous avez qualifiĂ© le voile intĂ©gral, Madame, de symbole de lâexclusion assumĂ©e et revendiquĂ©e ». Je pense que le terreau est favorable Ă ce qui se passe un certain nombre dâacteurs intĂ©gristes excessifs utilisent non seulement la religion mais Ă©galement des situations dans notre sociĂ©tĂ© qui favorisent le dĂ©veloppement de leurs idĂ©es. Autrement, leur divulgation ne serait pas possible. Nous attendons de vous que vous nous Ă©clairiez sur ce qui a permis le port de la burqa car, si nous ne comprenons pas la cause, nous ne trouverons pas le traitement. Mme Sihem Habchi. Mon Ă©motion traduit ma sincĂ©ritĂ©. Câest quand jâĂ©voque la situation des femmes algĂ©riennes que cela me fait le plus mal car jâai grandi avec mes cousines, et certaines sont aujourdâhui obligĂ©es de porter le voile intĂ©gral aprĂšs avoir subi des menaces. Je ne me livre pas Ă une mascarade devant vous. Nous avons affaire, comme vous lâavez soulignĂ©, Ă un phĂ©nomĂšne mondial qui attaque la jeunesse. Quand vous discutez avec des filles qui revendiquent le droit de porter la burqa, vous vous rendez compte quâen mettant de cĂŽtĂ© et en critiquant lâislam de leurs parents â qui Ă©tait un islam laĂŻc, câest-Ă -dire une pratique privĂ©e sâintĂ©grant dans le cadre de la laĂŻcitĂ© et de la RĂ©publique â, elles cassent lâautoritĂ© de ces derniers. Elles rĂ©ussissent Ă sâextraire du harcĂšlement familial quotidien et de la soumission. En passant pour des saintes, des religieuses, elles parviennent Ă rééquilibrer un peu les choses. Mais cet attirail sâaccompagne de toute une sĂ©rie de codes quâil faut respecter. On nâorganise pas des fĂȘtes et on ne va pas en boĂźte de nuit en burqa. Ce voile sâintĂšgre dans un systĂšme machiste et constitue un moyen de contrĂŽle la jeune fille doit se marier, avoir des enfants et, surtout, ĂȘtre un objet sexuel pour son mari, auquel elle doit ĂȘtre entiĂšrement soumise. Dans le tĂ©moignage que jâai citĂ©, mĂȘme si la jeune fille nâavait pas toutes les conditions dâĂ©mancipation, elle a choisi son mec » qui devait ĂȘtre, au dĂ©part, un type bien. Ensuite, tout bascule et câest ce basculement quâil faut regarder. En Europe, les responsabilitĂ©s ne sont pas Ă rechercher, comme en AlgĂ©rie, dans la concurrence, depuis lâIndĂ©pendance, entre des mouvements radicaux qui veulent imposer une rĂ©publique islamique et les partis nationalistes. Elles se trouvent dans la politique de la main tendue aux islamistes et lâachat de la paix sociale, qui a Ă©tĂ© trop souvent pratiquĂ©e. Sous couvert de respecter, au nom de la libertĂ©, les revendications communautaires ont Ă©tĂ© encouragĂ©es une vision machiste de la sociĂ©tĂ© â terrible pour les femmes â, et la sĂ©grĂ©gation le port du voile ou de la burqa nâest pas le chemin le plus direct pour aller Ă lâAssemblĂ©e nationale ! Il est grand temps de mettre fin Ă cette sĂ©grĂ©gation. Quand jâĂ©tais jeune, je voyais bien que tout Ă©tait compliquĂ© pour nous du fait de la discrimination. Mais mon pĂšre mâa encouragĂ© Ă poursuivre mes Ă©tudes, en mâassurant que jây arriverais. Mais, quand je vois tous les stratagĂšmes mis en place pour ne pas parler de la citoyennetĂ© dâune partie de la population française et tous les moyens inventĂ©s pour justifier la sĂ©grĂ©gation, je ne comprends pas. Dans ce contexte, le voile et la burqa sont pratiques car ils permettent dâĂ©viter les mĂ©langes. Personne ne va parler Ă une femme en niqab, en burqa ou en voile, et encore moins se marier avec elle. Cela entraĂźne la sĂ©paration des populations. LĂ est la question fondamentale. Du fait de lâexclusion et du ghetto qui nous ont collĂ© Ă la peau, certains et certaines nâont malheureusement plus cru en la RĂ©publique comme un moteur et ont fait un autre choix. Certaines femmes se sont demandĂ©es si, par le biais qui leur Ă©tait proposĂ©, elles ne pourraient pas se faire entendre. Au moment de la rĂ©volution iranienne, les fĂ©ministes islamiques ont pensĂ© quâelles pouvaient y arriver en annexant ce corps parce quâil les empĂȘchait dâĂȘtre les Ă©gales des hommes et dâĂȘtre regardĂ©es sur le plan de la pensĂ©e et de lâintellect. Comme on a pu le constater, cela nâa pas eu les rĂ©sultats escomptĂ©s le voile et la burqa ne favorisent pas le partage du pouvoir et des dĂ©cisions. Lâobjectif visĂ© est une RĂ©publique mĂ©tissĂ©e et la mixitĂ© dans les dĂ©cisions, quelles que soient les origines. Il semble bien lointain quand on voit Ă quel point les libertĂ©s fondamentales sont attaquĂ©es dans notre pays. Ni putes ni soumises a toujours dĂ©fendu la laĂŻcitĂ©. Elle sây est mĂȘme accrochĂ©e comme Ă une bouĂ©e de sauvetage. Ce nâest donc pas moi qui vais dĂ©fendre le discours du PrĂ©sident de la RĂ©publique au Latran. Jâai autre chose Ă faire des femmes continuent Ă se faire brĂ»ler dans les quartiers populaires. Je suis fĂ©ministe et je mâestime la digne hĂ©ritiĂšre du fĂ©minisme. Beaucoup de femmes continuent Ă combattre lâobscurantisme. Malheureusement certaines, par peur dâĂȘtre traitĂ©es de racistes, par mĂ©connaissance du phĂ©nomĂšne des mariages forcĂ©s, de la polygamie et de lâexcision, par rĂ©ticence Ă trop bouleverser les choses, nâont pas condamnĂ© ces pratiques. Or, quand on a une responsabilitĂ©, quand on est prĂ©sidente dâassociation ou responsable politique, jâestime quâil faut, Ă un moment donnĂ©, lorsquâon a affaire Ă ce genre de choses, trancher et ne pas attendre que cela dĂ©gĂ©nĂšre. Quant Ă la circulaire de 1989, qui peut oser, aujourdâhui, nier quâelle ait encouragĂ© la propagation des voiles ? Mme Sandrine Mazetier. Moi ! Mme Sihem Habchi. Câest sans doute par mĂ©connaissance de la situation sur le terrain, Madame. Ătes-vous opposĂ©e Ă ce que le principe de la laĂŻcitĂ© ait Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ© en 2004 ? Mme Sandrine Mazetier. Non ! Mme Sihem Habchi. Que voulez-vous alors ? Que nous disparaissions ? Le problĂšme est que nous sommes Françaises. En tant que citoyenne française, jâai les moyens, tant que les conditions dâĂ©galitĂ© ne sont pas rĂ©unies, de me battre. Câest cela le combat permanent. Câest cela la RĂ©publique. Jâaffirme donc ouvertement que la circulaire de 1989, mĂȘme si on peut lui trouver des explications, des justifications, a Ă©tĂ© une erreur fondamentale qui a ouvert une brĂšche aux islamistes. Il faut avoir le courage de le dire pour pouvoir rectifier le tir. La mission sur la burqa est-elle une stigmatisation de lâislam ? Personnellement, je veux simplement donner de la visibilitĂ© Ă une situation. Jâestime que, dans une RĂ©publique, on a le droit de tout dire et de tout montrer. De quoi a-t-on peur ? Oui, je peux faire lâobjet de menaces. Mais quâont-elles de commun avec celles qui pĂšsent sur la jeune femme au Soudan ou dâautres qui risquent leur vie ? En France, je suis plus en sĂ©curitĂ© quâau Danemark ou en Grande-Bretagne, par exemple, oĂč je risquerais ma peau. Il y a deux poids, deux mesures dans ce dĂ©bat. Nous demandons simplement dâĂȘtre traitĂ©es comme des citoyennes Ă part entiĂšre. Notre RĂ©publique a affrontĂ© des mouvements radicaux politiques intĂ©gristes dans son histoire. Elle doit faire la mĂȘme chose avec les relents dâun fanatisme qui utilise la religion musulmane mais qui, pour moi, nâa rien Ă voir avec elle. Je demande Ă la RĂ©publique de me protĂ©ger et de protĂ©ger mes enfants. Ces derniers vont grandir entre, dâune part, des voiles et des burqas et, dâautre part, une sorte de laxisme appliquĂ© au nom de la libertĂ© individuelle. Ils ne vont rien comprendre. Ma mĂšre portait la mlaya, grand voile noir typique de la rĂ©gion de Constantine, quand elle allait dans la famille mais pas en France. Elle nâest pas venue dans ce pays pour entendre parler de burqa et de niqab. Les valeurs inscrites sur le fronton de lâAssemblĂ©e nationale ne semblent plus incarnĂ©es. Eh bien, sâil faut les incarner, je mây emploierai car il en va de la survie de nombreuses jeunes filles et jeunes femmes en France et dans le monde entier. MĂȘme si cela dĂ©plaĂźt Ă certains, jâirai â nous irons â jusquâau bout. Câest, au-delĂ du simple droit des femmes, une question de participation Ă la vie citoyenne de ce pays. Je le rĂ©pĂšte, le chemin le plus court pour lâAssemblĂ©e nationale nâest ni le voile, ni la burqa. Quand on me tend un voile aujourdâhui, je me demande quelle combine se cache derriĂšre. La participation des jeunes issus de lâimmigration va compter dans la situation politique de la France. Si lâon veut sacrifier la gĂ©nĂ©ration prĂ©sente et la maintenir dans la victimisation, la relĂ©gation et le ghetto, il faut continuer dans la voie suivie jusquâĂ prĂ©sent et accepter la burqa et tout ce qui lâaccompagne. En revanche, si lâon veut sâatteler Ă trouver de nouveaux moyens de participation, il faut clairement lancer un autre message. Je ne mâĂ©tendrai pas sur les propos de M. Sabeg. Il est, depuis le dĂ©but, le dĂ©fenseur du communautarisme Ă lâanglo-saxonne. Il a Ă©tĂ© trĂšs clair sur le sujet. Je considĂšre, personnellement, quâil commet une grave erreur. Je ne partage absolument pas son avis. Le tĂ©moignage que jâai citĂ© montre comment se produit une descente aux enfers. Il est fondamental de crĂ©er les conditions dâĂ©mancipation pour toutes les femmes, pour tous les individus. Nous devons avoir un dĂ©bat Ă ce sujet et le trancher, soit par la publication dâarrĂȘtĂ©s municipaux permettant au Conseil dâĂtat de se prononcer, soit par le vote dâune loi. En tout cas, je vous encourage Ă agir. Il est nĂ©cessaire de se pencher sur la condition des femmes car toutes nâont pas les mĂȘmes possibilitĂ©s dâĂ©mancipation. Câest cela le fond de lâaffaire et la paritĂ© ne nous a pas aidĂ©es. Seule lâĂ©ducation peut nous permettre dâen sortir quand on constate un recul par rapport au corps, Ă la mixitĂ©, Ă la sexualitĂ©, Ă lâavortement, non seulement pour les jeunes filles musulmanes, mais Ă©galement pour toutes les jeunes filles françaises. Mme Françoise Hostalier. Je vous remercie, Mme Habchi, dâavoir rappelĂ© la spĂ©cificitĂ© de la France par rapport aux droits de lâhomme. Je livrerai Ă ce sujet un tĂ©moignage personnel. Je me trouvais en AlgĂ©rie le jour du massacre de Bentalha en 1997. Le message des femmes algĂ©riennes Ă©tait alors PlutĂŽt mourir debout que vivre Ă genoux. » Je considĂšre que nous avons une responsabilitĂ© par rapport Ă ces femmes, Ă leur histoire ainsi quâĂ toutes les autres femmes. Vous avez insistĂ©, Madame Habchi, sur le fait que le voile nâest que la partie visible de lâiceberg â ce dernier reprĂ©sentant la condition des femmes dans lâislamisme intĂ©griste, qui nâa rien Ă voir avec la religion musulmane en tant que telle. Une loi sur le voile intĂ©gral ne risque-t-elle pas de faire figure de circulaire bis de la loi sur le voile, le tissu incriminĂ© ayant simplement changĂ© de longueur ? Comment dĂ©passer cette problĂ©matique ? Je reviens de Copenhague oĂč ont eu lieu des dĂ©bats sur cette question au niveau europĂ©en. Plusieurs pays sont en train dâessayer de rĂ©soudre le problĂšme en interdisant aux gens de cacher leur identitĂ© en dehors des jours de carnaval. Est-ce la solution ? Ne faut-il pas profiter de votre tĂ©moignage et des rĂ©seaux que vous pouvez avoir dans dâautres pays europĂ©ens pour trouver une voie commune ne se limitant pas Ă la simple rĂ©solution du problĂšme du port du masque Ă lâĂ©chelon de lâEurope ? M. Yves Albarello. Comment peut-on diffĂ©rencier les prisonniĂšres du voile de pratiquantes volontaires et indĂ©pendantes ? Dans plusieurs territoires outre-mer, comme Ă Mayotte, la religion dominante est lâislam. Comment peut-on intĂ©grer les Français dâoutre-mer Ă nos traditions tout en respectant les leurs ? Mme BĂ©rengĂšre Poletti. Je vous fĂ©licite, Madame Habchi, pour votre courage et la clartĂ© de vos propos, auxquels jâadhĂšre Ă cent pour cent. Je souhaite que nos travaux aboutissent Ă une lĂ©gislation trĂšs claire sur le sujet. Je salue votre courage car jâimagine que vous devez subir au centuple le genre de menace qui mâa Ă©tĂ© adressĂ© la semaine derniĂšre. Un jeune musulman que je connais depuis longtemps et avec lequel jâai travaillĂ© un peu pendant les derniĂšres Ă©lections est venu me voir dans ma permanence. Mâinformant quâil faisait partie dâun rĂ©seau â il nâa pas employĂ© le mot dâintĂ©griste mais jâai bien compris quâil lâĂ©tait â et que sa femme portait le voile intĂ©gral, il mâa expliquĂ© que, si les travaux de notre mission aboutissaient au vote dâune loi, il sâen suivrait probablement des attentats causant des morts, ce quâil a estimĂ© dommage pour seulement quelque 367 femmes voilĂ©es ! AprĂšs mâĂȘtre insurgĂ©e contre la publication de ce chiffre et sur la polĂ©mique quâil a suscitĂ©e, je lui ai rĂ©pondu que, mĂȘme sâil nây avait que cinq ou dix femmes concernĂ©es, câĂ©tait une question de principe. Avez-vous entendu de telles menaces ? En tant que prĂ©sidente dâassociation et surtout en tant que musulmane, quels conseils pouvez-vous nous donner pour amener vers nous la communautĂ© musulmane afin de ne pas donner lâimpression de stigmatiser lâislam ? M. Jean Glavany. Je pense, Monsieur le prĂ©sident, que nous aurons besoin de faire le point avec des juristes. Quand jâentends dire que le Conseil dâĂtat a abandonnĂ© le principe de laĂŻcitĂ© en 1989 et lâa rĂ©tabli en 2004, je suis un peu surpris parce que cette juridiction sâest appuyĂ©e sur la mĂȘme jurisprudence dans les deux cas. Nous aurons besoin dâavoir un Ă©tat des lieux prĂ©cis du droit dans la confrontation entre les libertĂ©s individuelles et lâordre public, surtout aprĂšs lâannonce par M. Jean-François CopĂ©, avant mĂȘme la crĂ©ation de la mission, que celle-ci se solderait par une loi interdisant la burqa, ce qui nâest pas de nature Ă faciliter nos travaux. Il serait notamment intĂ©ressant dâentendre les juristes qui ont travaillĂ© sur le port de cagoules dans les manifestations, qui pose le mĂȘme problĂšme dâenfermement et dâinterposition dâun mur entre lâindividu et la sociĂ©tĂ©. Un Ă©clairage juridique sur ces questions nous Ă©pargnera bien des mĂ©saventures. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Des auditions de juristes sont prĂ©vues dans le courant du mois dâoctobre. Mme Sihem Habchi. La France nâest pas le seul pays confrontĂ© au problĂšme du port de la burqa. Au QuĂ©bec, la commission Bouchard-Taylor a procĂ©dĂ© Ă une vaste concertation â mĂ©diatisĂ©e â qui a mis en Ă©vidence les difficultĂ©s existant dans la gestion des conflits entre diffĂ©rentes communautĂ©s. Face Ă diverses revendications, notamment des tribunaux islamiques prĂ©sents en Ontario, le QuĂ©bec a voulu se construire un arsenal juridique quâil nâavait pas. Un dĂ©bat est possible en France et celui-ci est fondamental. MĂȘme si je suis menacĂ©e et mĂȘme si je prends des risques, un tel dĂ©bat est beaucoup plus apaisĂ© en France quâau Pays-Bas, oĂč jâaurais dĂ©jĂ pris un coup de couteau, ou quâau Danemark, oĂč lâon aurait dĂ©jĂ menacĂ© ma famille, sans parler de lâAngleterre. Il ne faut pas avoir peur, pour la bonne raison quâon est dĂ©jĂ allĂ© trop loin. Regardons ce qui se passe dans les autres pays europĂ©ens. Ă quoi a abouti le laxisme de lâAngleterre qui a voulu jouer le jeu du communautarisme jusquâau bout ? Ă ce que des enfants anglais se fassent sauter dans des autobus au nom de lâislam ! Face Ă ce constat, que faisons-nous ? Ce dont il est question aujourdâhui, ce sont de jeunes Français et de jeunes Françaises qui ont le droit Ă la libertĂ©, Ă lâĂ©mancipation et Ă participer Ă la vie politique de ce pays. VoilĂ le fond du dossier. Le communautarisme en Angleterre sâest accompagnĂ© dâune cĂ©sure. En Allemagne, la nationalitĂ© nâa Ă©tĂ© accordĂ©e aux jeunes turcs et kurdes quâen 2000, laissant se propager jusquâĂ cette date la vision communautaire et les crimes dits dâhonneur. Notre association peut analyser la situation sous diffĂ©rents angles et selon divers modĂšles de sociĂ©tĂ© car elle a des comitĂ©s partout en Europe. LâEspagne et lâItalie sont moins bien Ă©quipĂ©es que la France parce que ces pays dĂ©couvrent ces problĂšmes. Il y a trois ans, lâItalie prĂ©voyait dâouvrir des espaces spĂ©ciaux dans les hĂŽpitaux pour pouvoir pratiquer lâexcision correctement. Le dĂ©bat aujourdâhui est heureusement europĂ©en et il existe une collaboration entre les associations. Notre combat peut ĂȘtre un challenge. Ne nous enfermez pas. Nous pouvons ĂȘtre des porte-drapeaux, non pas pour renforcer un quelconque cĂŽtĂ© cocorico », mais pour promouvoir des valeurs de progrĂšs qui sont nĂ©cessaires aujourdâhui et quâon ne peut pas bazarder au nom dâune prĂ©tendue vision idĂ©ologique. Nous travaillons au ras des pĂąquerettes ». Il faut crĂ©er et ouvrir de nouvelles perspectives. Pour ce faire, il est grand temps de rĂ©affirmer clairement une sĂ©rie de principes. Je ne connais pas la situation Ă Mayotte. Je pars ce week-end Ă la RĂ©union participer Ă des rencontres sur les violences faites aux femmes et organiser toute une sĂ©rie de dĂ©bats. Le problĂšme se pose autrement outre-mer mais, comme en mĂ©tropole, on ne peut pas lâaborder sans parler de la ghettoĂŻsation, de lâexclusion sociale ni, surtout, du droit des femmes. Le point juridique que vous appelez de vos vĆux, Monsieur Glavany, doit porter sur le droit des femmes autant que sur les libertĂ©s individuelles et lâordre public. Il peut ĂȘtre intĂ©ressant de faire un lien avec le port de cagoules. Mais, dans le cas du voile, câest le droit des femmes qui est atteint elles nâont pas besoin de se cacher. Je me suis toujours interrogĂ©e sur ce que les femmes pouvaient avoir de honteux. Je demandais des explications Ă ma mĂšre et Ă©tais trĂšs renfermĂ©e sur moi-mĂȘme car je ne comprenais pas lâinjustice qui frappait les femmes. Il faut chasser lâorgueil masculin, lâorgueil du mĂąle » dont parlait Jules Ferry dans son Discours sur lâĂ©galitĂ© de lâĂ©ducation. Lâalternative devant laquelle nous nous trouvons aujourdâhui est trĂšs claire câest la dĂ©mocratie ou la mort. Nous avons atteint un point de non-retour en ce qui concerne la condition des femmes, et, pour moi, le seul pays qui pourra montrer quâil est possible de dĂ©battre sans sâentre-tuer, de gĂ©rer les conflits dans un espace â laĂŻc et dâinteraction sociale â sans arracher les voiles ni brĂ»ler des mosquĂ©es, comme aux Pays-Bas, et de trouver la solution qui permettra de faire avancer les valeurs de progrĂšs auxquelles nous sommes tant attachĂ©s, câest la France. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous vous remercions, Madame Habchi. * * * Audition de Mme Ălisabeth Badinter, philosophe M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous avons le plaisir de recevoir Mme Ălisabeth Badinter, Ă©crivain et philosophe, que je remercie de sa prĂ©sence parmi nous. Vous avez, Madame, contribuĂ© de maniĂšre originale au dĂ©bat sur la condition des femmes et le fĂ©minisme. Vous vous ĂȘtes aussi signalĂ©e par la vigueur de vos propos dans un article relatif au port du voile intĂ©gral paru en juillet dernier dans le Nouvel Observateur. Vous adressant directement aux femmes qui en revendiquent et en justifient le port, vous leur reprochiez, en effet, dâutiliser les libertĂ©s dĂ©mocratiques pour les retourner contre la dĂ©mocratie, un argument qui ne pouvait quâappeler notre attention. Avant de vous donner la parole, je tiens Ă souligner avec la plus grande nettetĂ© que, contrairement Ă ce que laissent entendre ceux qui souhaitent discrĂ©diter nos travaux en les disant inutiles ou en prĂ©tendant que tout est dĂ©jĂ dĂ©cidĂ©, lâĂ©ventuelle interdiction par la loi du port du voile intĂ©gral nâest pas lâobjet a priori de notre mission dâinformation, qui, reprĂ©sentative de lâensemble des composantes politiques de notre assemblĂ©e, a une approche toute rĂ©publicaine de ce dĂ©bat. Mme Ălisabeth Badinter. Je commencerai par rappeler un souvenir qui nous est sans doute commun le choc ressenti la premiĂšre fois que nous avons vu Ă la tĂ©lĂ©vision, il y a Ă peine dix ans, les femmes fantĂŽmes dâAfghanistan. Lâimage de ces femmes enfermĂ©es dans leur burqa, un mot qui nous Ă©tait Ă lâĂ©poque inconnu, est Ă tout jamais liĂ©e aux talibans, Ă la lapidation, Ă lâinterdiction de lâĂ©cole pour les fillettes, en bref Ă la pire condition fĂ©minine du globe â et, en ce domaine, la concurrence est fĂ©roce. Je nâaurais pas Ă©tĂ© plus choquĂ©e si jâavais vu des hommes promener leur femme en laisse. Qui pouvait penser alors que des femmes oseraient revendiquer de se promener dans cette tenue dans les villes françaises ou que des hommes pourraient contraindre des femmes Ă la porter ? Franchement, personne. Qui pouvait penser alors que nous serions rĂ©unis aujourdâhui en nous demandant que faire ? Quel que soit le nombre de femmes â 300 ou 3 000 â qui dissimulent leur visage en France, force est de constater quâil nây en avait pas une seule il y a quelques annĂ©es, et le nombre ne fait rien Ă lâaffaire. Nây en aurait-il quâune quâil faudrait se poser la question des principes ainsi remis en cause. Or, il sâagit prĂ©cisĂ©ment des idĂ©aux du triptyque rĂ©publicain le port du voile intĂ©gral piĂ©tine littĂ©ralement les principes de libertĂ©, dâĂ©galitĂ© et de fraternitĂ©. Je ne mâappesantirai pas sur le principe bafouĂ© de lâĂ©galitĂ© des sexes, Ă©voquĂ© de nombreuses fois en tous lieux. Ă mes yeux, il nâest pas nĂ©gociable, mais jâobserve quâil existe de lâĂ©galitĂ© des sexes deux apprĂ©hensions opposĂ©es. Lâune, la nĂŽtre, celle des dĂ©mocraties, est celle que lâon retrouve dans la DĂ©claration universelle des droits de lâhomme et que lâon peut rĂ©sumer en quatre mots mĂȘmes droits, mĂȘmes devoirs. Ici, la notion abstraite dâhumanitĂ© lâemporte sur les diffĂ©rences biologiques, notamment sur la diffĂ©rence sexuelle. Puis il y a lâautre, celle des obscurantistes, celle aussi dont ont usĂ© certains dĂ©mocrates sincĂšres, les naturalistes. Pour eux, droits et devoirs diffĂšrent selon les sexes ; les sexes sont Ă©gaux dans leurs diffĂ©rences. Câest le modĂšle de la complĂ©mentaritĂ© des sexes, oĂč lâun est ce que lâautre nâest pas. LâidĂ©e fĂ©dĂ©ratrice dâune humanitĂ© commune, dâune citoyennetĂ© abstraite, nâa plus cours. Nos droits et nos devoirs sont diffĂ©rents, mais ils seraient Ă©quivalents. Câest une conception que jâai toujours combattue, y compris quand câĂ©tait Ă lâavantage des femmes, par exemple lors du dĂ©bat sur la paritĂ©. Sâagissant du principe de libertĂ© auquel font appel certaines femmes qui portent le voile intĂ©gral, je souligne quâĂ cĂŽtĂ© des revendicatrices » qui sâexpriment volontiers dans les mĂ©dias, il y a toutes les autres, les soumises, les bĂąillonnĂ©es, celles que lâon ne pourra jamais entendre et en tout cas jamais entendre se plaindre. Autant dire que, dĂ©jĂ , les dĂ©s sont pipĂ©s comme seules les premiĂšres sâexpriment, on oublie les autres, on fait comme si elles nâexistaient pas. Jâai mĂȘme entendu dire au cours dâun dĂ©bat que sâil en existe, de ces femmes opprimĂ©es, elles nâont quâĂ sâadresser aux services sociaux ». La belle blague ! Comme si elles pouvaient effectivement aller se plaindre aux services sociaux â qui, dâailleurs, nâen pourraient mais ! Nây aurait-il que trĂšs peu de femmes contraintes par leurs proches ou par des religieux radicaux quâil faudrait leur porter secours. Câest Ă elles quâil faut penser, et quâil faut donner les moyens lĂ©gaux de se libĂ©rer. Venons-en aux revendicatrices », qui en appellent Ă deux de nos libertĂ©s dĂ©mocratiques la libertĂ© de se vĂȘtir comme on le souhaite et la libertĂ© de conscience. Personne ne songe Ă les empĂȘcher de mettre les vĂȘtements quâelles veulent oĂč elles veulent. Mais le visage nâest pas le corps et il nây a pas, dans la civilisation occidentale, de vĂȘtement du visage. Par ailleurs, la libertĂ© quâelles invoquent pour elles est complĂštement bafouĂ©e dans les banlieues pour celles qui sont nos sĆurs, nos filles, et qui veulent vivre comme tout le monde. Vous le savez fort bien, de trop nombreuses jeunes filles sont interdites, en France, de robe et de jupe. Que fait-on pour elles ? Que fait-on pour que soit respectĂ©e, pour ce qui les concerne, la libertĂ© de se vĂȘtir comme elles lâentendent ? Ces jeunes filles sont dĂ©jĂ soumises Ă de multiples pressions de la part de leur environnement familial et social visant Ă ce quâelles cachent leur corps sous des survĂȘtements informes, sous peine dâĂȘtre traitĂ©es de putes » et pour Ă©viter des agressions physiques. MĂȘme si, Ă mes yeux, il y a une diffĂ©rence entre voile, niqab et burqa, comment ne pas comprendre que la multiplication du nombre de jeunes filles qui portent le voile a un impact croissant sur celles qui ne veulent pas le porter, et pour lesquelles le refus devient de plus en plus difficile ? Je me suis trouvĂ©e un jour avec Sihem Habchi, que vous venez dâentendre, au collĂšge Françoise-Dolto, Ă Paris, lĂ oĂč avait Ă©tĂ© tournĂ© le film Entre les murs, pour y engager un dialogue avec les collĂ©giens, aprĂšs que le film La journĂ©e de la jupe leur eut Ă©tĂ© projetĂ©. Une poignĂ©e seulement des collĂ©giennes prĂ©sentes portait une jupe. Alors que, me tournant vers lâune des autres, dâorigine maghrĂ©bine, je lui faisais valoir quâelle pourrait en faire autant, jâai entendu une rĂ©ponse qui mâa Ă©pouvantĂ©e Les Françaises le peuvent, mais pas les Arabes ». Assis Ă ses cĂŽtĂ©s, un adolescent ĂągĂ© sans doute de 14 ans a ajoutĂ© Chez nous, on met le voile, pas la jupe »⊠Si, donc, on laisse le voile intĂ©gral se banaliser, il deviendra peu Ă peu, inĂ©vitablement, lâuniforme de la suprĂȘme puretĂ© que lâon rĂ©clamera des jeunes filles et, Ă son tour, il gagnera progressivement des adeptes au sein des milieux les plus traditionnels oĂč, Ă©videmment, les jeunes filles ignorent leurs droits. Pour dire les choses brutalement, on prend la voie du la burqa, câest mieux que le voile » â et alors il sera toujours plus difficile aux jeunes filles concernĂ©es de dire non » au voile et de lui prĂ©fĂ©rer la jupe. Or, si nous avons une libertĂ© de se vĂȘtir Ă dĂ©fendre, câest celle-lĂ . Au passage, Ă ceux qui disent que câest Ă la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laĂŻcitĂ©, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es publics » que lâon devrait la dĂ©multiplication des femmes voilĂ©es dans lâespace public, je leur dis quâils se trompent. Dans tous les Ătats dâEurope on observe lâaugmentation massive du port du voile alors mĂȘme que ces pays ignorent la loi de 2004 et, dans les pays du Maghreb, on est frappĂ© de voir chaque annĂ©e des femmes voilĂ©es en nombre toujours plus grand â et de plus en plus rigoureusement voilĂ©es. Les femmes sont instrumentalisĂ©es pour ĂȘtre lâĂ©tendard bien visible de lâoffensive intĂ©griste, des intĂ©gristes en tous points hostiles aux principes dĂ©mocratiques de lâOccident et en particulier Ă lâĂ©galitĂ© des sexes. Face Ă cela, devons-vous dĂ©tourner le regard, mettre un mouchoir sur les principes chĂšrement acquis qui fondent notre vivre ensemble » ? Je rappellerai ensuite que, contrairement Ă ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, la libertĂ© de conscience et dâexpression nâest pas complĂšte en France. Nous combattons les idĂ©ologies destructrices que sont, par exemple, le nazisme, le racisme, lâantisĂ©mitisme. Nous combattons toutes les idĂ©ologies qui portent atteinte Ă la dignitĂ© humaine. Nous luttons contre les sectes qui, elles aussi, en appellent Ă la libertĂ© de conscience, car nous considĂ©rons prĂ©cisĂ©ment quâelles embrigadent les esprits, lesquels en perdent leur libertĂ© de penser. Dâailleurs, tous ceux qui parviennent Ă sâarracher aux griffes des sectes reconnaissent ensuite quâen leur sein ils nâavaient plus de volontĂ© propre. Or, le port du voile intĂ©gral est lâĂ©tendard des salafistes, considĂ©rĂ©s comme une secte offensive par la plupart des musulmans. Pourquoi ferions-nous une exception pour cette secte-lĂ , qui prĂŽne une servitude volontaire conduisant Ă une sorte dâauto-mutilation civile par invisibilitĂ© sociale ? On aurait tort de comparer les femmes revĂȘtues du voile intĂ©gral aux nonnes cloĂźtrĂ©es dâantan, car si ces religieuses Ă©taient recluses et invisibles aux autres, les femmes dont nous parlons aujourdâhui sont souvent mariĂ©es, parfois mĂšres de famille, et elles entendent sâimposer dans lâespace public sans identitĂ©, sans corps, sans peau, bref en ayant pris soin dâeffacer tous les signes de lâhumanitĂ©. Je tiens enfin Ă souligner combien le port du voile intĂ©gral est contraire au principe de fraternitĂ© â ce principe fondamental auquel on a si peu souvent lâoccasion de se rĂ©fĂ©rer â et, au-delĂ , au principe de civilitĂ©, du rapport Ă lâautre. Porter le voile intĂ©gral, câest refuser absolument dâentrer en contact avec autrui ou, plus exactement, refuser la rĂ©ciprocitĂ© la femme ainsi vĂȘtue sâarroge le droit de me voir mais me refuse le droit de la voir. Outre la violence symbolique de cette non rĂ©ciprocitĂ©, je ne peux mâempĂȘcher dây voir lâexpression dâune contradiction pathologique dâune part, on refuse de montrer son visage au prĂ©texte que lâon ne veut pas ĂȘtre lâobjet de regards impurs â incidemment, câest avoir une singuliĂšre vision des hommes que de penser que tout homme regardant une femme ne pense quâĂ la violer â, dâautre part, on se livre Ă une vĂ©ritable exhibition de soi, tout le monde fixant cet objet non identifiĂ©. En suscitant ainsi la curiositĂ©, on attire des regards que lâon nâattirait peut-ĂȘtre pas quand on allait Ă visage dĂ©couvert â bref, on devient un objet de fantasme. Dans cette possibilitĂ© dâĂȘtre regardĂ©e sans ĂȘtre vue et de regarder lâautre sans quâil puisse vous voir, je perçois la satisfaction dâune triple jouissance perverse la jouissance de la toute-puissance sur lâautre, la jouissance de lâexhibitionnisme et la jouissance du voyeurisme. Aussi, quand jâentends certaines femmes expliquer quâainsi vĂȘtues elles se sentent mieux et quâelles se sentent protĂ©gĂ©es â mais de quoi ? â, je veux bien les croire, mais je pense quâil sâagit de femmes trĂšs malades et je ne crois pas que nous ayons Ă nous dĂ©terminer en fonction de leur pathologie. En conclusion, il nous faut choisir entre deux libertĂ©s invoquĂ©es doit-on respecter la libertĂ© de se couvrir le visage en considĂ©rant que le voile intĂ©gral est un vĂȘtement comme un autre, ou devons-nous au contraire protĂ©ger la libertĂ© des plus faibles, celles qui nâont pas le droit Ă la parole et qui, de facto, nâont dĂ©jĂ plus le droit de se vĂȘtir comme elles lâentendent ? Pour ma part, je ne vois pas dans le voile intĂ©gral un vĂȘtement comme un autre et je considĂšre que son port marque une rupture du pacte social, un refus dâintĂ©gration et un refus du dialogue et de la dĂ©mocratie. Enfin, si lâon ne fait rien, on abandonnera Ă leur sort toutes celles qui ne rĂȘvent que de vivre comme tout le monde mais qui sont de plus en plus pressĂ©es de se soumettre au pouvoir religieux ou, pire encore, aux traditions. Nous avons toujours trop attendu pour lutter contre des pratiques traditionnelles insupportables, telles la polygamie ou lâexcision. Nous devons rompre avec cette attitude relativiste, paresseuse et bien-pensante selon laquelle toutes les traditions sont respectables, alors quâelles ne sont pas toutes respectables. Comme Descartes, mon maĂźtre, je suis profondĂ©ment convaincue que nous devons nous plier aux us et coutumes du pays dans lequel nous vivons. On peut certes les faire Ă©voluer, mais cela doit ĂȘtre collectivement et dans le respect du triptyque rĂ©publicain. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Je vous remercie, Madame, pour ces propos percutants, par lesquels vous avez mis en lumiĂšre un dĂ©fi de civilisation et dâhumanitĂ©. M. Jean Glavany. Je mâassocie Ă ces remerciements. Jâai Ă©tĂ© particuliĂšrement frappĂ© par la partie de votre exposĂ© traitant du visage, de la visibilitĂ© et de la non-rĂ©ciprocitĂ© et je souhaite que notre mission se penche assidĂ»ment sur ces questions qui ont, outre leur contenu philosophique, des aspects sociaux et juridiques. Jâai Ă©tĂ© tout aussi intĂ©ressĂ© par lâinsistance avec laquelle vous appelez Ă combattre ouvertement lâidĂ©ologie talibane, comme nous luttons ouvertement contre les autres idĂ©ologies qui nient la dignitĂ© humaine. Ă cet Ă©gard, il serait particuliĂšrement utile que notre prĂ©sident fasse diffuser aux membres de la mission les documents distribuĂ©s par les talibans aprĂšs leur arrivĂ©e au pouvoir en Afghanistan, dans lesquels ils indiquaient quels seraient dĂ©sormais les droits et les devoirs des femmes. La lecture de ces Ă©crits Ă©difiants justifie Ă elle seule lâobligation de combattre ouvertement cette idĂ©ologie, comme vous nous y avez incitĂ©s. M. Lionnel Luca. Vous considĂ©rez donc, Madame, que le voile intĂ©gral nâest pas un vĂȘtement. Câest un point de vue dâun intĂ©rĂȘt tout particulier au moment oĂč le commissaire Ă la diversitĂ© et Ă l'Ă©galitĂ© des chances sâautorise Ă dire que notre mission serait sans utilitĂ© et propre Ă semer la confusion, au motif que chacun a le droit de se vĂȘtir comme il lâentend. Jâai aussi retenu de vos propos lâarrogance profondĂ©ment inĂ©galitaire quâil y a Ă se donner le droit de voir sans ĂȘtre vue. Ces questions nous ramĂšnent Ă la premiĂšre des auditions que nous avons tenues, au cours de laquelle il nous a Ă©tĂ© dit que le Coran ne prescrit pas le port du voile intĂ©gral et quâil sâagit dâune tradition pachtoune antĂ©rieure Ă lâislam. Quant au niqab, câest, nous a-t-on expliquĂ©, une invention des salafistes, dâune secte donc, comme vous lâavez justement relevĂ©, qui prĂ©tend en revenir aux sources de lâislam, dans une version intĂ©griste. Pourriez-vous prĂ©ciser ce que vous entendez quand vous dites Ă ce sujet que le port du voile intĂ©gral est lâĂ©tendard des salafistes ? » M. Jacques Myard. On imagine effectivement mal Jeanne Hachette conduire des guerriers revĂȘtue dâun voile intĂ©gral. Le problĂšme est que nous parlons de deux civilisations qui nâont pas le mĂȘme rapport au corps. Alors que la statuaire grĂ©co-romaine Ă©grĂšne une sĂ©rie de nus, hommes et femmes, dans lâautre optique on cache le corps, quel quâil soit. Pourriez-vous nous dire quelles consĂ©quences cela emporte en matiĂšre dâĂ©galitĂ© des sexes ? M. Christian Bataille. Je vous remercie, Madame, dâavoir brillamment dĂ©fini ce quâest le voile intĂ©gral et soulignĂ© quâil ne sâagit pas dâun vĂȘtement comme un autre, contrairement Ă ce quâavancent certains en insistant sur le fait quâaprĂšs tout chacun est libre de se vĂȘtir comme il lâentend. Vous avez dĂ©montrĂ© que la burqa porte des valeurs contraires Ă celles qui fondent notre rĂ©publique, hĂ©ritiĂšre des LumiĂšres. Mais vous nâavez rien dit du libĂ©ralisme civique ». Pourtant, le problĂšme se pose, et Mme Sihem Habchi, que nous avons entendue ce matin, a stigmatisĂ© devant nous le laisser-faire des autoritĂ©s britanniques qui ont laissĂ© se dĂ©velopper le port du voile intĂ©gral. Face Ă lâagression que les extrĂ©mistes salafistes vont faire subir Ă nos sociĂ©tĂ©s, cette approche nâest-elle pas dĂ©passĂ©e ? Mme Ălisabeth Badinter. NâĂ©tant pas une spĂ©cialiste de lâislam, je nâai pas qualitĂ© pour traiter rigoureusement de ses rapports avec le salafisme. Ce que jâen ai dit correspond Ă ce que jâai entendu en dire M. Boubakeur et dâautres hautes autoritĂ©s religieuses musulmanes, Ă savoir que le port de la burqa nâest pas un commandement religieux mais une tradition et quâun travail pĂ©dagogique sâimpose pour le faire savoir. Jâai dâailleurs fondĂ© un grand espoir sur ces dĂ©clarations, considĂ©rant que si les autoritĂ©s religieuses musulmanes les plus qualifiĂ©es prenaient les choses en mains, tout allait sâarranger. Jâignore oĂč elles en sont exactement, mais jâai le sentiment que les choses sont difficiles et que, dans le mĂȘme temps, de nombreux blogs dâici et dâailleurs sâattachent Ă enraciner lâidĂ©e que lâon serait en train de stigmatiser la communautĂ© musulmane. Sâagissant du rapport au corps, les conceptions sont en effet diffĂ©rentes mais nous nâavons pas Ă nous laisser imposer une conception qui nâest pas la nĂŽtre. Or aujourdâhui dĂ©jĂ , en France, des jeunes filles nâont plus vraiment la libertĂ© de se vĂȘtir comme elles le veulent et, peu Ă peu, toutes leurs libertĂ©s sont grignotĂ©es les unes aprĂšs les autres elles doivent se cacher pour aller consulter au Planning familial ; prendre la pilule leur est pratiquement impossible sauf Ă cacher la plaquette dans lâescalier⊠Si, maintenant, nous acceptons de revenir sur nos principes parce quâil sâagit dâun vĂȘtement ou parce que lâon feint de croire quâil sâagit dâune libertĂ© religieuse ou parce que lâon est trĂšs relativiste et que lâon considĂšre que toutes les traditions sont respectables, si, donc, nous cĂ©dons sur ce point, câen est fini, car, dâune certaine façon, la libertĂ© dâhabillement proclame en creux la libertĂ© des droits le droit Ă une sexualitĂ© libre, le droit de ne pas ĂȘtre vierge quand on arrive au mariage et de nâavoir de comptes Ă rendre Ă personne⊠Toute une sĂ©rie de droits est attachĂ©e Ă la libertĂ© du corps, et je ne vois pas au nom de quoi des traditions de lâEst devraient sâimposer Ă lâOuest. Dâautre part, Ă supposer que jâaille en Arabie saoudite, je serais obligĂ©e de mettre un voile â ce pourquoi je nâirai jamais. Mais si je mây rendais, je me conformerais naturellement, aux coutumes de lâislam radical des wahhabites â câest la moindre des politesses. Le libĂ©ralisme compris comme un droit infini Ă la libertĂ© dâexpression, tel quâil existe en Angleterre ou aux Ătats-Unis, oĂč lâon peut dĂ©filer en arborant des insignes nazis, et bien non, ne vaut pas en France mĂȘme si je suis de celles et de ceux qui nâaiment pas que lâon Ă©touffe la libertĂ© dâexpression â ce qui mâa poussĂ©e Ă signer la pĂ©tition LibertĂ© pour l'Histoire », lancĂ©e par Pierre Nora â et mĂȘme si je pense que lâon doit pouvoir dire des choses y compris lorsquâelles ne sont pas politiquement correctes. Cela Ă©tant, contrairement Ă la France, ni le Royaume-Uni ni les Ătats-Unis nâont Ă©tĂ© occupĂ©s. Notre histoire est diffĂ©rente et je considĂšre que lâon doit poser des limites â les plus larges possibles â Ă la libertĂ© dâexpression, pour Ă©viter que les esprits les moins critiques ne succombent Ă des idĂ©ologies indignes. Le plus important est de faire ce que nous pouvons pour ne pas laisser se rĂ©pandre des poisons terribles. Or, il faut ĂȘtre sourd et aveugle pour ne pas se rendre compte quâune offensive est en cours et que lâon veut voir si nous allons cĂ©der. Au risque de vous fĂącher, Monsieur Glavany, car vous Ă©tiez aux affaires Ă lâĂ©poque, je rappellerai quâĂ lâautomne 1989 paraissait le manifeste Profs, ne capitulons pas, un appel cosignĂ© par cinq intellectuels, dont jâĂ©tais. Pourquoi ? Parce que M. Lionel Jospin, alors ministre de lâĂducation nationale, avait dĂ©clarĂ© que les chefs dâĂ©tablissement devaient Ă©tablir un dialogue avec les parents et les jeunes concernĂ©s pour les convaincre de renoncer au port de signes religieux ; mais il ajoutait que si ces discussions Ă©chouaient, les enfants devaient ĂȘtre accueillis dans les Ă©tablissements publics. Il y eut â vous vous en souvenez sans doute â un grand dĂ©bat national Ă ce sujet. Vingt ans plus tard, jâai la faiblesse de croire que, si le phĂ©nomĂšne nâest pas exactement le mĂȘme, nous recommençons la mĂȘme chose quâĂ lâĂ©poque et surtout que si nous avions dit alors fermement Ă trois jeunes filles manipulĂ©es par des intĂ©gristes nous nâaccepterons jamais ça », tout ce serait arrĂȘtĂ©. Je nâaimerais donc pas que les rĂ©actions soient les mĂȘmes quâil y a deux dĂ©cennies mĂȘme si elles sont louables car motivĂ©es par lâidĂ©e de tolĂ©rance. Mais, parce que nous avons Ă©tĂ© tĂ©tanisĂ©s Ă lâidĂ©e que nous risquions dâĂȘtre intolĂ©rants, nous avons alors tolĂ©rĂ© lâintolĂ©rable. Si nous avions fait nĂŽtre la conception anglaise, les jeunes filles seraient entrĂ©es voilĂ©es en masse dans les Ă©tablissements dâenseignement et il nây aurait quasiment plus aujourdâhui dans les banlieues que des jeunes filles portant des signes religieux. Cela Ă©tant, quinze annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es entre 1989 et 2004 ; nous avons attendu trop longtemps pour adopter une loi mettant les choses au clair Ă ce sujet. Je ne suis ni juriste ni politique, et mon propos nâest pas de faire une analogie avec une loi relative au port de la burqa. Ce qui me tient Ă cĆur, câest que les plus hautes autoritĂ©s politiques rappellent Ă lâensemble du peuple français que non, nous ne voulons pas de cela. Mme George Pau-Langevin. LâĂ©lĂ©vation de vos propos suscite lâadmiration. Vous avez soulignĂ© Ă juste titre que lâon ne saurait assimiler cette pathologie ou cette idĂ©ologie sectaire Ă lâislam ; nous en sommes convaincus, et il me paraĂźt que nous devrions axer nos travaux sur la pathologie dans le rapport Ă autrui que vous avez si bien dĂ©crite. Vous avez Ă©voquĂ© votre visite dans un collĂšge du 20e arrondissement de Paris. Ă ce sujet, plusieurs questions se posent. Ce qui nous inquiĂšte est de ne pas savoir comment lutter efficacement contre des comportements et une idĂ©ologie sectaires qui se rĂ©pandent parmi des jeunes qui ont grandi en France et qui, comme tels, ont eu accĂšs Ă lâenseignement des valeurs issues des LumiĂšres. Quand, selon vous, des dysfonctionnements se sont-ils produits dans la transmission des valeurs rĂ©publicaines ? Comment faire pour rectifier le tir et Ă©viter que des jeunes gens ne soient sĂ©duits par une idĂ©ologie rĂ©trograde ? Ălue du 20e arrondissement, je ne pense pas que les conceptions des collĂ©giens du collĂšge Françoise-Dolto soient rĂ©ductibles aux phrases que vous avez citĂ©es. Mais ce collĂšge, comme dâautres de lâarrondissement, se sont transformĂ©s en Ă©tablissements dâexclusion. Certaines familles ont dĂ©cidĂ© de scolariser leurs enfants ailleurs et les collĂ©giens qui demeurent entre eux se sentent relĂ©guĂ©s. Nây a-t-il pas quelque chose Ă faire Ă ce sujet aussi ? Enfin, quelles sont les diffĂ©rences entre la conception de la pudeur en France au XIXe siĂšcle â Ă©poque Ă laquelle les femmes sortaient trĂšs couvertes â et les exigences actuelles de lâislam Ă ce sujet ? M. Pierre Cardo. Jâai beaucoup apprĂ©ciĂ©, Madame Badinter, une bonne partie de vos analyses. Ma conviction est que lâon assiste Ă un combat contre les valeurs de lâOccident, la mĂ©thode choisie Ă cette fin Ă©tant dâutiliser lâislam, en en dĂ©formant probablement les principes. Je partage sans rĂ©serve lâapprĂ©ciation que vous portez sur lâinĂ©galitĂ© dans le rapport Ă autrui induite par le port de la burqa et je pense, comme mes collĂšgues, que lĂ devra ĂȘtre notre angle dâapproche. Pour autant, cette question ne reprĂ©sente que le sommet de lâiceberg. AprĂšs que nous lâaurons rĂ©glĂ©e, si nous y parvenons, quelles autres lignes de conduite devrons-nous adopter pour venir en aide Ă toutes ces femmes qui, comme vous lâavez soulignĂ©, ne sâexpriment pas et qui sont dans lâincapacitĂ© complĂšte de sâadresser aux services sociaux ou Ă la police ? Au-delĂ du port du voile intĂ©gral, quel devrait ĂȘtre, selon vous, le rĂŽle du politique ? Comment sâattaquer au problĂšme de fond ? Mme Sandrine Mazetier. AprĂšs avoir, dans votre remarquable exposĂ©, insistĂ© sur lâirrĂ©fragable triptyque rĂ©publicain, vous avez utilement rappelĂ©, Madame, quâil existe deux conceptions de lâĂ©galitĂ© et que nous ne devons pas transiger. La nĂŽtre, qui institue lâĂ©galitĂ© de traitement entre les hommes et les femmes par indiffĂ©rence aux sexes, doit ĂȘtre prĂ©servĂ©e. Lâautre, qui sĂ©pare hommes et femmes en deux ensembles Ă©gaux mais irrĂ©mĂ©diablement diffĂ©rents, si elle est rĂ©cusĂ©e, doit lâĂȘtre en tous temps et en tous lieux. Vous avez aussi expliquĂ© que la burqa nâa pas de lien particulier avec lâislam. Cela Ă©tant, toutes les religions nâont-elles pas un problĂšme avec le rapport au corps, en ce siĂšcle encore ? Toutes les religions nâoppriment-elles pas les corps, ne les cachent-elles pas ? Que penser, par exemple, de la vague dâincitation Ă la prĂ©servation de la virginitĂ© jusquâau mariage aux Ătats-Unis ? En dâautres termes, le soin mis avec raison Ă ne pas stigmatiser lâislam nâa-t-il pas pour consĂ©quence une grande bienveillance Ă lâĂ©gard des religions dans leur ensemble, alors que toutes entretiennent de difficiles relations au corps, singuliĂšrement au corps des femmes ? Enfin, le mouvement de retour Ă la pudeur, Ă la dĂ©cence, nâest-il pas Ă mettre en relation, en France, avec le rejet contemporain des idĂ©es de mai 1968, qui Ă©taient aussi celles de la libertĂ© des corps ? Mme Arlette Grosskost. Votre exposĂ©, Madame Badinter, Ă©tait particuliĂšrement intĂ©ressant. La RĂ©publique, câest la pluralitĂ© et la fraternitĂ©. Mais la RĂ©publique est une et indivisible. Or je crains que la question qui nous occupe ne traduise en rĂ©alitĂ© le fait quâune identitĂ© musulmane entend sâimposer Ă lâidentitĂ© française. Disant cela, je ne stigmatise pas lâislam mais une interprĂ©tation trĂšs particuliĂšre du droit Ă la diffĂ©rence qui donnerait le droit Ă la contrainte. Le vrai problĂšme est lĂ . Comment, alors, aller plus loin ? On parle dâenseigner le fait religieux Ă lâĂ©cole, ce qui me semble une excellente chose car cela augmentera la tolĂ©rance, le respect mutuel et la connaissance dâautrui. Mais ne doit-on pas, parallĂšlement, inscrire dans les programmes scolaires le rappel des principes rĂ©publicains et en finir ainsi avec un certain laxisme Ă cet Ă©gard ? Mme Ălisabeth Badinter. La maĂźtrise de leur corps par les femmes implique aussi la libertĂ© de se vĂȘtir â et de se dĂ©vĂȘtir â comme elles lâentendent. Câest en France un acquis rĂ©cent, qui a conduit Ă jeter momentanĂ©ment par-dessus les moulins lâidĂ©e de pudeur. Je comprends que cela puisse choquer, mais je pense que lâon est prĂšs dâassister Ă un retour de balancier et Ă des comportements plus Ă©quilibrĂ©s. Cela Ă©tant, lâargument de la pudeur est incomprĂ©hensible pour ce qui concerne le visage, car point nâest besoin dâĂȘtre vĂȘtue comme une Afghane ou comme une Saoudienne pour avoir une tenue correcte. Aussi, je ne pense pas quâil soit bon dâinvoquer la pudeur pour justifier le recours au voile intĂ©gral, car on peut ĂȘtre parfaitement pudique sans aller jusque lĂ . Sâagissant des orientations politiques souhaitables pour ce qui concerne les femmes qui ne peuvent sâexprimer, le travail Ă faire est considĂ©rable car les personnes qui vivent en France ou qui souhaitent sây installer entendent des autoritĂ©s deux discours diffĂ©rents. Je vous donnerai un exemple de cette situation. Jâai une profonde admiration pour la Haute autoritĂ© de lutte contre les discriminations et pour lâĂ©galitĂ© HALDE qui accomplit un travail remarquable, mais jâai exprimĂ© mon profond dĂ©saccord avec lâun de ses avis. Des femmes Ă©taient arrivĂ©es en France qui portaient une burqa et qui devaient, pour faciliter leur intĂ©gration, suivre des cours de français. Le professeur leur a demandĂ© dâenlever voile et grillage pendant les cours car, pour enseigner une langue, il faut voir les mouvements de la bouche de lâĂ©lĂšve. Elles ont refusĂ© de se dĂ©voiler et ont dĂ©posĂ© un recours pour discrimination. Or, si la HALDE a Ă©tĂ© dâavis quâil fallait enlever le voile pour apprendre le français, elle nâa nulle part mentionnĂ© quâen France on doit retirer son voile parce que, dans notre pays, lâon montre son visage ! Que des institutions et des associations trĂšs respectables tiennent des discours diffĂ©rents complique beaucoup les choses. Peut-ĂȘtre faudrait-il un dĂ©bat national beaucoup plus large, qui permettrait de dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment ce que nous souhaitons. Sâil est Ă©tabli publiquement quâen France certains principes ne sont pas nĂ©gociables, cela sera su par tous ceux qui sont en France et par ceux qui veulent sây installer. Je me suis entendu dire que refuser aux femmes entiĂšrement voilĂ©es le droit de sortir dans lâespace public, câest les confiner chez elles. Elles seront alors confinĂ©es chez elles, et câest tout ! Dâailleurs, elles seront bien obligĂ©es dâen sortir pour aller faire les courses ! Au nom de quoi devrions-nous accepter de piĂ©tiner nos principes pour quelques personnes ? DĂ©jĂ , certaines mairies ont consenti Ă instaurer des horaires de piscine diffĂ©rents pour les deux sexes, au mĂ©pris de la mixitĂ©. Quand de tels signaux sont donnĂ©s, pourquoi se priverait-on dâessayer de contraindre de nouvelles mairies Ă accepter ce que dâautres ont dĂ©jĂ acceptĂ© ? Et câest ainsi que, de fil en aiguille⊠Nous pĂątissons dâune idĂ©ologie venue des pays anglo-saxons et qui se voulait Ă la pointe de la tolĂ©rance le diffĂ©rentialisme, que jâai toujours combattu, y compris lorsquâil sâagissait du fĂ©minisme. Le reliquat de cette idĂ©ologie constitue un obstacle Ă un discours clair et unifiĂ©. Peut-ĂȘtre faut-il parler Ă ces gens qui ont une autre conception des libertĂ©s, trĂšs respectable en ce quâelle traduit un souci de tolĂ©rance et non une volontĂ© dâoppression mais qui empĂȘche la dĂ©finition dâune position commune. Un dĂ©bat national plus vaste est donc nĂ©cessaire entre dĂ©mocrates pour se mettre dâaccord sur le minimum commun que nous entendons faire respecter quoi quâil arrive. Oui, les trois religions monothĂ©istes ont toutes Ă©tĂ© misogynes â ainsi ai-je eu lâoccasion de rappeler il y a peu que, dans les annĂ©es 1950, le Vatican Ă©tait terriblement hostile Ă lâaccouchement sans douleur. Orthodoxes juifs, intĂ©gristes musulmans et intĂ©gristes catholiques sont globalement hostiles au corps de la femme, Ă sa libĂ©ration, Ă la maĂźtrise de leur corps par les femmes. Pour eux, le corps des femmes appartient aux hommes, car câest par lĂ que sont faits leurs fils⊠Depuis vingt ans, toutes les religions se durcissent et lâon assiste, pour des raisons identitaires, Ă un mouvement gĂ©nĂ©ral vers lâorthodoxie au mieux, lâintĂ©grisme au pire. Or la libertĂ© des femmes passe Ă©videmment dâabord par la maĂźtrise de leur corps, et les religieux nâaiment pas cela. Il est tout Ă fait souhaitable que lâĂ©cole enseigne nos valeurs. Mais, vous le savez, ce nâest plus possible dans certaines Ă©coles. Dans celles-lĂ mĂȘmes oĂč il est indispensable de transmettre les principes essentiels du vivre ensemble et de la plus grande tolĂ©rance rĂ©ciproque, il est dĂ©jĂ trĂšs difficile sinon impossible aux professeurs de se faire entendre quand ils Ă©voquent ces thĂšmes. Des collĂšgues enseignant dans certaines banlieues mâont dit quâils ne peuvent plus enseigner ce que fut la Shoah car on ne les croit pas ; on prĂ©tend devant eux que câest de la blague ! Je vous parais sans doute un peu dĂ©couragĂ©e, mais cela ne signifie pas quâil faut baisser les bras, et plus nous serons nombreux mieux ce sera. Jâobserve dâailleurs que, depuis que vous avez eu lâidĂ©e formidable et saluĂ©e par tous de constituer cette mission dâinformation, les gens rĂ©flĂ©chissent Ă la question, et que les voix qui sâĂ©lĂšvent pour dire non, on nâest pas dâaccord pour cela » ont de lâeffet sur des jeunes femmes qui pourraient ĂȘtre tentĂ©es par des mouvements radicaux. Cet effet, direz-vous, ne peut ĂȘtre mesurĂ©. Câest vrai, mais le fait quâĂ vous tous vous incarniez une reprĂ©sentation de la France est un premier pas, important, sur la voie qui sâimpose, celle de la pĂ©dagogie. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Madame, je vous remercie pour ces propos Ă©clairants. Lâaudition prend fin Ă onze heures cinquante.
comment savoir si on est prĂȘte Ă porter le voile