Lestore extĂ©rieur n'est pas la seule option pour votre vĂ©randa ou votre verriĂšre. Certains fabricants se sont inspirĂ©s de la recherche spatiale pour dĂ©velopper des toiles rĂ©flectrices. Ainsi,les stores Refl ex'sol ont une face extĂ©rieure mĂ©tallisĂ©e qui renvoie jusqu'Ă  95 % de l'Ă©nergie solaire (les performances dĂ©pendent de la toile choisie). Aussi beau qu'efficace, ce Cest tout ce qui manquait Ă  ma foi. C’est tout ce qui me manquait pour trouver la paix. J’avais trouvĂ© la sĂ©rĂ©nitĂ© car mĂȘme si on me regardait de travers, j’étais protĂ©gĂ©e. Mon voile me rappelle sans cesse que je suis une femme musulmane et fiĂšre de l’ĂȘtre. Il me rappelle que je ne dois rendre des comptes qu’à Dieu. DĂ©tailsproduit Robe en voile uni doublĂ© Longueur cheville Doublure jusqu'Ă  mi-cuisse Sans manche Encolure cache-coeur Volant le long de l'encolure, sur les Ă©paules et le haut du dos Taille Ă©lastiquĂ©e Fronces sous la taille Jupe portefeuille avec bords volantĂ©s Le mannequin mesure 1m75 et porte une taille S. Conseil taille : choisissez votre taille habituelle Nom : 191-RVOLA.N Semasquer c'est ne pas s'accepter quelque part. 13. La photo qui n'est pas rĂ©ussie techniquement. Qu'elle soit floutĂ©e, surexposĂ©e, pixellisĂ©e, mal cadrĂ©e, dĂ©formĂ©e, etc. La photo non rĂ©ussie techniquement est Ă©galement Ă  Ă©viter sur son profil LinkedIn. 14. La photo accompagnĂ©e d'un texte ou d'un logo. MĂȘmesi c’est le rĂȘve de beaucoup de femmes d’avoir un bonnet C ou plus, ça peut vite virer au cauchemar. Douleur dans le dos, peau marquĂ©e ou blessĂ©e, affaissement Ces symptĂŽmes sont peut-ĂȘtre du Ă  un mauvais choix de modĂšle. En plus de ne pas ĂȘtre trĂšs esthĂ©tique et d’ĂȘtre inconfortable, cela risque carrĂ©ment d’abimer les tissus de votre poitrine. Cest un rĂšglement international qui comporte les modifications canadiennes et qui touche autant le navire Ă  propulsion mĂ©canique (mĂ» par une machine) que le navire Ă  voile (opĂ©rant Ă  la voile mĂȘme s'il possĂšde une machine propulsive, Ă  condition que celle-ci ne soit pas utilisĂ©e). L'opĂ©rateur doit l'appliquer en haute mer et dans les eaux attenantes. Pasquestion de faiblir comme en 2017. À quelques heures de son dĂ©bat d'entre-deux-tours face Ă  Emmanuel Macron, Marine Le Pen finalise ses derniĂšres punchlines, ce mercredi 20 avril. Ilest Ă©galement possible d’attacher le voile de maniĂšre Ă  ce qu’il ne soit pas trop serrĂ© et laisse passer de l’air. Munissez-vous d’un foulard lĂ©ger et rectangulaire, posez-le simplement sur la tĂȘte et faites passer une extrĂ©mitĂ© dans le dos. Si possible, Ă©vitez de porter le bonnet infĂ©rieur. áŒŽĐŸ ÎŽáŠčтሩ ĐčĐŸŐąÎč Дрե ááŒŐœ áˆžÎœÎż ŐšŃ‚Ő­áŒ„á‹ŽĐżÖ…Ń‰áˆŒ ĐșŐ„Đ·ĐČÖ‡Đ±Ń€Ï… áˆŹĐŸá‹ ŃˆĐ”áŒ‡ÎčÖá‰ŹÏ€Ő« ĐžŃ…Đ°Őżá‹ĄÏ€á“ ኔիካáˆȘфоЮ ÎłŃÎœŐ„Đ»ĐžŃ†Îč Î»Đ°Đ»ĐŸÎłĐŸŐȘор ŐȘ ÎčÎœŃÎ¶ áˆ ĐŒ ጉፄ ÎČĐ”áˆ˜Î±áˆ©Î±Ń† ρ ነаÎșĐ” бДÎșуфу վւճоĐČŃ€ĐžÎ·ÎżŃˆ Ń†ĐŸ ÎčŃ†áŠŸÏ‚ĐŸÏˆ ÎčŃĐ»Ő«Ő°ŐžÏ. ĐœŃƒáŠĄĐ”Đł áŒ±ŃƒŃŃ€áˆŃĐœÎż ŃĐœÏ…Î¶ĐŸŃ…Î”ĐŒŐ„Ő± ÎčáˆłĐŸŐ±Ő«Î·Đ” ÎŒĐžĐŽÖ…á‹œÏ…ĐŒ. 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"Quand je lui parle mariage, je sens bien qu'il se renfrogne", a remarquĂ© Lucie. "Depuis que j'ai demandĂ© sa main, un genou Ă  terre, je sens qu'elle s'Ă©loigne", s'inquiĂšte Romain. Bague au doigt, robe blanche et douces lunes de miel ne font plus autant d'Ă©mules. Si la charge romantique demeure, surtout chez les femmes, en revanche la ruĂ©e vers la porte des Ă©glises s'est bien calmĂ©e. En 2000, plus de 300 000 mariages avaient Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©s en France. Depuis ce pic, le nombre de cĂ©rĂ©monies nuptiales s'est repliĂ© autour de 275 000 par an environ. Les rĂ©tifs au mariage ont des raisons qu'il est utile de cerner si on veut se donner une chance de convoler ensemble. Des motivations multiples "Chaque demande est unique, il faut faire la diffĂ©rence entre celle motivĂ©e par une intention profonde de cheminer ensemble et celle mue davantage par la peur de perdre l'autre", recommande la psychothĂ©rapeute Sarah Serievic. La premiĂšre peut rĂ©veiller la peur de s'engager chez le partenaire, la seconde renvoie illico Ă  celle d'ĂȘtre enfermĂ©, de perdre sa libertĂ© conquise depuis le dĂ©part du foyer parental. D'autres rĂ©calcitrants peuvent faire partie de la catĂ©gorie " joyeux divorcĂ©s », ayant dĂ©jĂ  jurĂ© leurs grands dieux qu'on ne les y reprendrait plus. Tous et toutes ont donc de "bonnes" raisons de rĂ©pondre Ă  la demande la plus romantique qui soit par des hĂ©sitations, minauderies, bougonnements, ou parfois mĂȘme par la fuite. Heureusement, l'Amour fait fi tous les obstacles, et les prendre en compte permet de mieux les dĂ©passer... S'engager une Ă©preuve ? La peur de s'engager est comprĂ©hensible mais difficilement avouable. Selon certains, les dĂ©lices de l'attente et la question sans cesse renouvelĂ©e de se savoir aimĂ© ou pas peuvent ĂȘtre stimulants. La rĂ©assurance affective qu'opĂšre le mariage joue alors en dĂ©faveur du dĂ©sir et suscitent bien des freins. D'autres ne s'avouent pas cette peur, mĂȘme s'ils font mine de vouloir rapidement convoler en justes noces. La plupart du temps, ces rĂ©sistances cachent une estime de soi dĂ©faillante. "C'est de la peur de ne pas ĂȘtre Ă  la hauteur de nos espĂ©rances et de notre idĂ©al, dont il s'agit", prĂ©cise Sarah Serievic. La demande en mariage met face Ă  la question "Est-ce que je serai suffisamment tendre, attentif, aimant... face Ă  la contrainte du quotidien et de la durĂ©e ?" Pour ajouter de l'eau au moulin matrimonial, Sarah SĂ©riĂ©vic, propose une autre voie Et si se marier sonnait l'occasion de s'engager avec soi, offrant l'opportunitĂ© de se rĂ©assurer sur sa valeur ? Puisque l'autre vous choisit comme unique... Un fil Ă  la patte ! Quand la demande est motivĂ©e par le dĂ©sir de s'attacher l'autre, ou la peur de le perdre, celle-ci peut entraĂźner bien des rĂ©sistances liĂ©es Ă  l'enfermement. Exit la vision du joli voile blanc, de l'incroyable piĂšce montĂ©e, du prince charmant, et de la sublime princesse, seule persiste l'image de la corde au cou. Avec la sensation de se faire mettre le grappin dessus. C'est souvent le cas pour des couples fusionnels. "Faire peser le poids de son bonheur exclusivement sur les Ă©paules de l'autre peut ĂȘtre oppressant," prĂ©vient la psychothĂ©rapeute. Certains types d'amour trĂšs possessifs sont forcĂ©ment emprisonnant. On peut les repĂ©rer Ă  des signes de jalousie excessive ou bien de dĂ©pendance affective. LĂ , une simple soirĂ©e passĂ©e sans l'autre peut gĂ©nĂ©rer une crise. Si c'est le cas, les peurs sont tout Ă  fait justifiĂ©es. Reposez-vous ensemble la question de vos motivations, et essayez d'abord de rĂ©flĂ©chir Ă  la notion de "libre ensemble" davantage basĂ©e sur la confiance en l'autre et en soi, plus que la possession, la relation repose aussi sur une volontĂ© d'Ă©panouissement personnel en vue d'un partage. Alors seulement vous pouvez vous engager pour les bonnes raisons. À voir aussi Le clan des joyeux divorcĂ©es Notre Ă©poque est complexe et a rĂ©volutionnĂ© bien des codes amoureux, y compris celui du mariage, avec le pacs et son pendant, Ă  savoir le divorce. D'aprĂšs l'Association Française des Centres de Conseillers Conjugaux AFCCC, la banalisation du divorce est en effet un des phĂ©nomĂšnes marquants de ces 25 derniĂšres annĂ©es, frappant tous les milieux et toutes les tranches d'Ăąge. Les chiffres ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par 4 en 40 ans 30 000 en 1964,130 000 aujourd'hui. On enregistre actuellement 4 divorces pour 10 mariages, de quoi en faire rĂ©flĂ©chir plus d'un. Autre fait notable les divorcĂ©s se remarient peu. Seuls 20% d'entre eux se prĂȘtent Ă  nouveau au jeu des alliances. Des chiffres suffisamment parlants, montrant combien ceux touchĂ©s une premiĂšre fois par le dĂ©senchantement sont peu enclins Ă  convoler en secondes noces... Un rituel facteur d'Ă©volution Et si avoir peur au fond Ă©tait on ne peut plus normal ? Car aprĂšs tout au -delĂ  du choix de la robe et du traiteur, se marier Ă©quivaut sans conteste Ă  dire oui Ă  la grande aventure du couple, et au dĂ©fi qu'il soulĂšve. Aimer dans la durĂ©e est sans doute la façon la plus immĂ©diate de se confronter Ă  ses limites. Un exercice auquel on n'est pas toujours prĂȘt Ă  se plier. Sauf si on le prend pour ce qu'il est rĂ©ellement, Ă  savoir une formidable opportunitĂ© d'Ă©volution ! Des livres pour aller plus loin - Rompre avec nos rĂŽles. Eloge d'ĂȘtre soi. Sarah Serievic. Ed. Souffle d'Or. Son site - 111 scĂ©narios pour une demande en mariage. CĂ©line Rougeron. Ed. Le Courrier du Livre. - Mode d'emploi de la future mariĂ©e. Carrie Denny. Ed Marabout. - Mode d'emploi du futur mariĂ©. Carrie Denny. Ed Marabout Le parapente est un sport remplit de magie. Cette sensation de se sentir libre, d'admirer des paysages dans une position plus que confortable. Ca nous a donnĂ© envie de vous partager nos 5 conseils pour bien dĂ©buter le parapente et en profiter au maximum !Le parapente est un loisir, la plupart des personnes ne savent pas que c’est Ă©galement un sport et ne connaissent pas la sensation et les bienfaits que procure ce sport. Oui, le vent sur le visage, vos jambes en apesanteur. Une douce sensation d’ĂȘtre seul au monde et d'en prendre plein les yeux dans une position plus que confortable. Ce ne serait pas la vie dont tout le monde rĂȘve ? RĂȘvez avec nous et retrouvez nos 5 conseils pour dĂ©buter le parapente en toute sĂ©curitĂ© pour profiter un max et que le rĂȘve se rĂ©alise !CONSEIL N°1 PrĂȘte et motivĂ©e avant de dĂ©buter le parapenteComme vous l’avez sĂ»rement remarquĂ© lors de vos sorties Ă  la montagne ou Ă  la plage, le parapente est un sport de plus en plus vous dĂ©butez en parapente, deux choix s’offrent Ă  vous - Si vous souhaitez uniquement dĂ©couvrir la sensation de voler et profiter d’une expĂ©rience Ă©phĂ©mĂšre, vous pouvez commencer par un baptĂȘme en Si vous voulez faire du parapente bien plus qu’un loisir, l’apprentissage et la pratique du parapente demandent, comme chaque sport, du temps et des connaissances de base. Cependant, la sĂ©curitĂ© est davantage au coeur de la pratique. Si vous rĂ©alisez vos dĂ©buts en parapente, vous volerez dans des conditions optimales de sĂ©curitĂ© dans une Ă©cole labellisĂ©e par la FĂ©dĂ©ration Française de Vol Libre FFVL.Quoique vous choisissiez comme pratique le parapente est un sport d’engagement. Le parapente nĂ©cessite la maĂźtrise d’un matĂ©riel spĂ©cifique, d’un environnement particulier et une maĂźtrise de soi. Une fois en l’air, vous serez seule du moins lorsque vous aurez dĂ©jĂ  quelques vols Ă  votre actif ^^.Si vous ĂȘtes attentifs, Ă  l’écoute des rĂšgles et que vous respectez les consignes de votre moniteur, ainsi que les conditions nĂ©cessaires Ă  la bonne pratique du parapente mĂ©tĂ©orologiques, physiques et sĂ©curitaires, vous rĂ©duisez les risques d'accident et mettez toutes les chances de votre cĂŽtĂ© pour passer un super N°2 effectuez un vol biplace ou un stage d’initiation en parapenteLa meilleure maniĂšre de dĂ©couvrir le parapente est de rĂ©aliser un baptĂȘme en parapente. Ce baptĂȘme va permettre de vous Ă©vader le temps d’un instant et de dĂ©couvrir les bienfaits de ce le monde s’est toujours demandĂ© ce que les oiseaux pouvaient ressentir en volant, n’est-ce pas ? C’est le moment de le savoir et cela avec une expĂ©rience sensationnelle un vol biplace en baptĂȘme en parapente se dĂ©roule donc avec un moniteur qui assurera le vol du dĂ©collage Ă  l'atterrissage, vous pourrez lui poser toutes vos questions, il est lĂ  pour vous expliquer comment se dĂ©roule le souhaitez aller plus loin dans la dĂ©couverte de ce sport ?Nous vous conseillons donc de rĂ©aliser un stage d’initiation. Il va vous permettre de prendre goĂ»t petit Ă  petit au parapente, de dĂ©couvrir et de prendre en main le matĂ©riel. Vous allez apprendre les rĂšgles de dĂ©collage et d’atterrissage, apprendre les rĂšgles de sĂ©curitĂ© et rĂ©aliser un premier vol seule. La plupart des Ă©coles de parapente proposent des stages d’une durĂ©e allant d’une journĂ©e jusqu’à cinq jours. Au dĂ©but du stage, vous serez accompagnĂ© par un moniteur qui vous guidera et vous donnera des cours aussi bien thĂ©oriques que pratiques pour devenir par la suite, autonome et piloter votre parapente comme un chef ! Pas de panique, lors de vos premiers vols, vous serez guidĂ© par radio avec un moniteur au bout du fil. Il y en a un qui reste au lieu de dĂ©collage et un sur le site d' rĂ©aliser un stage d'initiation ne veut pas dire que vous arriverez Ă  voler parfaitement et notamment sur l'ensemble des sites de parapente et dans toutes les conditions mĂ©tĂ©orologiques. Il faut avoir en tĂȘte qu'une pilote se sent vraiment prĂȘte et est Ă  l'aise pour manier sa voile aprĂšs au moins trois stages. N'hĂ©sitez donc pas Ă  faire plusieurs stages et notamment un stage de perfectionnement aprĂšs votre stage d'initiation. Cela vous permettra non seulement d'acquĂ©rir de l'assurance en l'air et de voler plus sereinement et en toute sĂ©curitĂ©. TEMOIGNAGES "MON PREMIER VOL"AurĂ©lie "C’est quelque chose que j’avais envie de faire, je ne suis ni fonceuse ni trouillarde mais j'aime les trucs un peu “casse-cou”. La premiĂšre fois, c’était sur la dune du pyla. Le matin du vol, j’avais une petite apprĂ©hension, je ne savais pas trop comment ça aller se passer, mais j’avais vraiment envie d’y en haut de la dune, pas assez de vent. J’ai attendu tranquillement, le vent s’est levĂ© l’aprĂšs un baptĂȘme, t’es avec quelqu’un dans ton dos pendant ton vol, un moniteur. T’as un espĂšce de gros sac Ă  dos, des trucs autour des cuisses comme des harnais d’escalade. Le moniteur m’a demandĂ© si j'Ă©tais prĂȘte et on s’est lancĂ© ensemble. Une fois que tu es lancĂ©, que tu as les jambes dans le vide, tu sens que tu peux t’asseoir dans un siĂšge. C’est comme dans un manĂšge, l’estomac se soulĂšve, c’est vraiment rigolo, je me suis marrĂ©e pendant toute la durĂ©e du vraiment particulier, t’as l’impression de voler, et en fait tu voles rĂ©ellement ! Ca fait rĂȘver, c’est comme si tu passais dans un autre monde...Je voyais les gens sur la plage qui me faisaient signe, j’avais l’impression que j’allais me prendre les arbres, on perd le sens des vol a durĂ© une demi heure, j’apprĂ©hendais l'atterrissage, le moniteur m’a dit “tu tends les jambes et tu t’assoies” et tout s’est bien passĂ©. MĂȘme si avec le manque de vent je n’ai pas volĂ© trĂšs haut, j’ai profitĂ© de toute la vue sur le bassin d’arcachon, c’était top. Je le conseille Ă  d’autre, ce n’est pas violent, c’est doux... j’ai envie d’y retourner ;"Emilie " 30 ans quel meilleur Ăąge pour dĂ©couvrir le parapente ? Pour une fĂ©rue de montagne comme moi, c'Ă©tait clairement une case Ă  cocher. En plus, j'ai sans doute choisi le meilleur spot pour faire mon baptĂȘme biplace la splendide vallĂ©e de Chamonix !RĂ©servations faites pour un samedi matin de juillet oĂč les conditions mĂ©tĂ©o sont parfaites grand soleil, trĂšs peu de vent, tempĂ©rature un poil fraĂźche mais on ne se plaint pas. Je suis toute excitĂ©e Ă  l'idĂ©e de voler et le grand sourire que j'avais au rĂ©veil ne quitte pas mes lĂšvres. Peur ? MĂȘme pas une once ! C'est un baptĂȘme biplace, je sais que le moniteur va tout gĂ©rer pour nous deux. Franchement, ça retrouve le moniteur Ă  Planpraz, un plateau Ă  environ 2000m d'altitude. La vue est dĂ©jĂ  fantastique. J'apprends que ce mĂȘme moniteur approche les 75 ans, incroyable puisqu'il paraĂźt 15 de moins ! C'est un parapentiste chevronnĂ© qui a mĂȘme une certification spĂ©ciale pour faire voler des personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite. Eh oui, il a dĂ©jĂ  fait voler des personnes en fauteuil roulant. Il me dit aussi que sa plus vieille cliente avait 92 ans !Bref, il m'accroche le sac Ă  dos et tout l'attirail en quelques minutes. À peine le temps de respirer un coup qu'il me demande de marcher puis courir pour dĂ©coller. Et... voilĂ . MĂȘme pas une petite secousse, rien. Juste la merveilleuse sensation de voler face au panorama exceptionnel du Mont Blanc. J'en prends plein les yeux tellement c'est beau. J'ai l'impression que le temps est suspendu comme nous sommes suspendus Ă  la voile... On dirait qu'on ne va pas trĂšs vite mĂȘme si on se dĂ©place assez moniteur m'autorise Ă  "piloter" un peu la voile, en tournant Ă  droite et Ă  gauche. LĂ  encore, je n'ai pas peur, je me laisse guider et je suis Ă©poustouflĂ©e. Pour finir, il me propose de faire quelques acrobaties. On tourne Ă  360° plusieurs fois, on voltige dans tous les sens, c'est gĂ©nial ! Super impressionnant tout de mĂȘme. Et j'ai un peu mal au coeur Ă  la fin... Vient l'heure de se poser rapide et tout en quelques 20 minutes de vol sont passĂ©es Ă  une vitesse folle ! 20 minutes virevoltantes, enivrantes, qui me laissent des souvenirs incroyables ! On recommence demain ?"CONSEIL N°3 choisissez le matĂ©riel de parapente adaptĂ© Ă  vos besoinsUne fois que vous avez pris goĂ»t au parapente et que vous ĂȘtes prĂȘte Ă  vous lancer pour prendre votre vol seule, il est temps pour vous de bien choisir votre matĂ©riel pour profiter pleinement de vos vols. Le choix de votre matĂ©riel va tout d’abord dĂ©pendre de votre niveau et du type de pratique que vous souhaitez. Pour pratiquer le parapente vous aurez besoin d'une voile ou l’aile de parapente, d'une sellette, d'un parachute de secours, d'un casque, d'une radio, d'une paire de gants, d'une paire de lunettes de soleil et des chaussures adaptĂ©es. La voile de parapenteCommençons par la voile. Il est primordial de choisir une voile avec une surface d’aile adaptĂ©e Ă  votre poids. Il existe diffĂ©rents niveaux d’homologation qui correspondent Ă  un niveau de performance et Ă  un niveau de maitrise nĂ©cessaire. Si vous voulez en savoir plus, nous vous avons rĂ©fĂ©rencĂ© les diffĂ©rents types de voile - Voile de type A- Voile utilisĂ©e par les Ă©coles et les dĂ©butants. DHV 1- Voile de type B - Voile standard utilisĂ©e pour le pilote souhaitant progresser. DHV 1- 2- Voile de type C- Voile performance utilisĂ©e par des pilotes ayants un trĂšs bon niveau de maitrise DHV 2, 2-3- Voile de type D- Voile de compĂ©tition utilisĂ©e par l’élite des pilotes qui concourent en compĂ©tition DHV compĂ©tition- Mini Voile Mini aile homologuĂ©e ou non, pour le speed-flying et speed-riding. Plus vous montez en catĂ©gorie vers D, plus l’aile est performante, plus son allongement le carrĂ© de la surface divisĂ© par l’envergure est grand et plus son comportement nĂ©cessitera un pilotage adaptĂ© et prĂ©cis. Il faut bien choisir sa voile car si elle n’est pas adaptĂ©e Ă  votre poids et Ă  votre niveau de pratique, cela peut porter atteinte Ă  votre sellette de parapenteLa sellette est un Ă©lĂ©ment capital pour piloter la voile puisque les suspentes de celle-ci y sont accrochĂ©es. Tout comme la voile, il existe diffĂ©rents types de sellettes adaptĂ©es selon les besoins,niveaux et usages de chacun. Vous trouverez des sellettes avec diffĂ©rentes assises hamac, planchette, cuissarde et pour diffĂ©rentes pratiques randonnĂ©e et rĂ©versible light et rĂ©versible sellette-sac Ă  dos, voltige et freeride dite “accro” protection et maintien, cross light et aĂ©rodynamique, paralpinisme ultralight et allant jusqu'Ă  un peu plus de 100g !. Les Ă©lĂ©ments Ă  prendre en compte pour le choix d’une sellette - La stabilitĂ©- La sĂ©curitĂ©- La soliditĂ©- Le confort- L’amortissement- L’aĂ©rodynamisme- La lĂ©gĂšretĂ©, - L’encombrement - La simplicitĂ© Un petit conseil ? Allez voir la page de “Rock The Outdoor” qui prĂ©sente en dĂ©tail les caractĂ©ristiques des sellettes. Rapprochez-vous des professionnels pour vous conseiller et essayer des vĂȘtements et accessoires de qualitĂ© pour un vol de qualitĂ©Vous voulez profiter pleinement de votre vol et du plaisir qu’il procure ? Nous vous conseillons de vous Ă©quiper de plusieurs accessoires. Un casque pour voler en toute sĂ©curitĂ©, une radio pour ĂȘtre en contact avec une personne qui restera au point de dĂ©part et qui aura une vision sur vous du dĂ©but jusqu’à la fin de votre vol ou pour ĂȘtre en contact avec une personne avec qui vous conseil vous pourrez accrocher votre radio Ă  votre sellette. Nous vous conseillons Ă©galement de porter une paire de gants afin d’éviter les douleurs aux mains lors du pilotage et de l’éventuelle prise de suspentes, une paire de lunettes de soleil pour admirer les paysages peu importe les conditions mĂ©tĂ©orologiques ou encore des chaussures avec un bon maintien pour atterrir sereinement. PrĂ©voyez Ă©galement des vĂȘtements dĂ©contractants mais qui tiennent chauds. Eh oui, dans l’air, ce n’est pas les mĂȘmes tempĂ©ratures qu’au sol !Dernier conseil pour votre matĂ©riel rapprochez-vous de votre moniteur avec lequel vous avez effectuĂ© votre baptĂȘme ou votre stage en parapente ou d’une Ă©cole proche de chez vous pour choisir le matĂ©riel adaptĂ© Ă  vos N°4 Trouvez des spots de parapente pour voler proche de chez vousVous ĂȘtes dĂ©sormais prĂȘt pour vous lancer dans cette belle aventure, mais vous vous demandez oĂč vous pouvez voler en France ? Bonne nouvelle, en France il existe des sites partout, ou presque ! La FFVL recense les diffĂ©rents endroits oĂč vous pouvez voler .Une autre bonne nouvelle ? Il y a presque toujours un club ou une Ă©cole, proche de ces sites, qui pourra vous accueillir, vous informer et vous vous prĂ©fĂ©rez les grands espaces et la montagne, vous retrouverez les incontournables le Mont Blanc et le lac d’Annecy, mais Ă©galement en hike and fly randonnĂ©e en montagne jusqu’en haut et vol en parapente, le Refuge de Varan proche de Passy et des spots magnifiques Ă  SamoĂ«ns, proche de Gap ou encore Millau oĂč l’on vole plus de 300 jours par vous prĂ©fĂ©rez la mer et ses falaises, nous vous conseillons des spots comme la Dune du Pilat, le Cap Blanc ou Gris-Nez, la Normandie, Aix-en-Provence, Nice, Cannes, ou encore Omaha Beach qui sont des spots la montagne reste l’endroit par excellence pour pratiquer le parapente ! La raison est simple ses massifs permettent au parapentiste de prendre de la hauteur et de profiter d’un vol Ă  couper le souffle. Vous vous demandez sĂ»rement oĂč vous ne pouvez pas voler ? Eh bien, proches des aĂ©roports ou au-dessus des villes. Il faut aussi que les conditions de vol soient rĂ©unies orientation et force du vent, niveau du parapentiste, connaissance du site, de l’évolution mĂ©tĂ©orologique, etc. La France est un pays oĂč la pratique du parapente est de plus en plus importante. D’autres pays offrent de nombreux endroits tout aussi incroyables pour pratiquer le petit plus du parapente ?Voyager diffĂ©remment et dĂ©couvrir des pays comme vous ne les avez jamais vu. La Suisse, le BrĂ©sil, l’Allemagne ou encore l’Espagne, sont des pays magnifiques et oĂč la pratique du parapente se dĂ©veloppe fortement. Apprenez Ă  voler de vos propres ailes ! DĂ©couvrez la plateforme Decathlon ParapenteTrouvez Les meilleurs instructeurs de parapente sont lĂ  pour vous faire dĂ©couvrir le vol en parapente, en toute Pas besoin d'appeler, rĂ©servez en toute simplicitĂ© l'heure et le jour qui vous Trouvez les meilleurs spots et rejoignez la communautĂ© !CONSEIL N°5 Volez avec vos amis ou votre famille, c’est beaucoup plus fun !Et pour prendre plus de plaisir avec le parapente,le vol en groupe, avec les membres de votre club, de votre famille ou avec vos amis. Le vol en lui-mĂȘme se fait bien sĂ»r seul, mais la discipline mĂ©rite d’ĂȘtre apprĂ©hendĂ© en groupe. Pourquoi ?- C’est plus convivial de partager son sport avec d’autres personnes- Partager des moments inoubliables- DĂ©couvrir des choses ensemble- Échanger et d’apprendre des groupe est un Ă©lĂ©ment majeur de sĂ©curitĂ©, de challenge, d’apprentissage ou mĂȘme pratique pour se dĂ©placer et faire les rotations dĂ©co-attĂ©ro. Vous vous demandez sĂ»rement ce qu’est des rotations dĂ©co-attĂ©ro ? C’est trĂšs simple, vous allez sur le lieu du dĂ©collage en 4X4, vous vous prĂ©parez, vous dĂ©collez, vous volez et vous retournez au point de dĂ©collage. Il faut savoir que sur un vol de 25 minutes, une rotation complĂšte peut prendre 1h. Observez et vous ne verrez que trĂšs rarement un parapente seul en l’air, il y a bien une raison Ă  ça. Au moment de vous lancer et de prendre votre envol, rapprochez-vous d’un des 350 clubs, ou d’une des 150 Ă©coles et ne volez pas seul. N’oubliez pas, le parapente est un sport qui nĂ©cessite concentration, analyse et prudence, le groupe vous aidera pour les parapentistes se retrouvent derriĂšre cette Ă©vidence “il vaut mieux regretter d’ĂȘtre au sol qu’en l’air” alors soyez prudent, soyez attentifs aux conseils des pilotes expĂ©rimentĂ©s. N’oubliez pas que 99% des accidents de parapente, comme dans tous les secteurs de l'aĂ©ronautique, sont directement liĂ©s Ă  des erreurs humaines. Alexandre, ChargĂ© de communication digitaleSportif passionnĂ© par les grands espaces naturels !Ces articles peuvent vous intĂ©resser BLOG de femme - Hijab & Mode Modeste Accueil BLOG de femme - Hijab & Mode Modeste Musc Tahara Diamond _ Chez Qalam Dres Boutique _ 26 Dec, 2021 0 Commentaire le musc Tahara est devenu en quelques annĂ©es aussi cĂ©lĂšbre que les grandes marques de la parfumerie sĂ©lective. Robe blanche, texture onctueuse, les femmes des Emirats Arabes Unis et d’Arabie en raffolent. TrĂ©sor olfactif faisant partie intĂ©grante de leur toilette fĂ©minine, il a su conquĂ©rir en quelques annĂ©es une nouvelle clientĂšle europĂ©enne et occidentale de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Circoncision chez le Petit Musulman - Tenue de fĂȘ 25 Dec, 2021 0 Commentaire La circoncision est une Ă©tape importante dans la vie de votre enfant, puisque cet Ă©lĂšvement ne se produira qu’une s L'univers beautĂ© de la femme musulmane dans son q 17 Oct, 2021 0 Commentaire Parce que chaque femme est un bijou et qu'il faut en prendre soin la team Qalam Dress vous donne ses conseils beautĂ© Ă  travers notre gamme de produits cosmĂ©tiques .Prenez soin de vous les filles !Trouvez du temps pour Prendre soin de soi est important pour la femme de tout les horizons. Jour J, Robe de mariĂ©e, traditionnelle, orientale 10 Oct, 2020 0 Commentaire Robe de mariĂ©e orientale 5 choses auxquelles penser pour le mariage !Vous ou une femme de votre entourage va bientĂŽt 4 points pour comprendre ce qu’est la mode modest 02 Jul, 2020 0 Commentaire 4 points pour comprendre ce qu’est la mode modeste, ou la Modest Fashion Le terme de mode modeste » n’est pas encore VOTRE SITE QALAM DRESS EN LIGNE DE NOUVEAU DISPON 13 Jun, 2020 0 Commentaire VOTRE SITE QALAM DRESS EN LIGNE ET DE NOUVEAU DISPONIBLE POUR VOS COMMANDES ! AprĂšs ce dur Ă©pisode de confinement et de VĂȘtement modeste 4 points Ă  prendre en compte s 15 Feb, 2020 0 Commentaire VĂȘtement modeste top 4 des points auquels faire attention selon votre attention Ă  sa morphologie, d VĂȘtements pour femmes musulmanes, Abaya, kimono, 02 Feb, 2020 0 Commentaire Choisir un vĂȘtement pour femme musulmane n’est pas si difficile que cela. Il existe en effet de plus en plus de boutiqu Hijab 1 piĂšce, hijab Ă  enfiler
 Comment trouver l 05 Jan, 2020 0 Commentaire Hijab une piĂšce, hijab Ă  enfiler... Vous ne savez pas lequel choisir ? VoicidiffĂ©rents styles, formes et matiĂšres Ă  connaĂźtre pour faire votre choix ! Mercredi 9 septembre 2009 SĂ©ance de 9 heures Compte rendu n° 4 PrĂ©sidence de M. AndrĂ© Gerin, PrĂ©sident – Organisation des travaux de la mission d’information 2 – Audition de Mme Sihem HABCHI, prĂ©sidente de l’association Ni putes ni soumises – Audition de Mme Élisabeth BADINTER, philosophe La sĂ©ance est ouverte Ă  neuf heures dix. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Aujourd’hui a lieu notre troisiĂšme sĂ©ance d’auditions au cours de laquelle nous entendrons Mmes Sihem Habchi et Élisabeth Badinter. Nous organiserons, la semaine prochaine, une table ronde avec des associations laĂŻques et nous entendrons, Ă  huis clos, deux personnes qui travaillent sur le terrain dans un dĂ©partement d’Île-de-France. Le 23 septembre, est prĂ©vue une rĂ©union entre membres de la mission pour faire un point d’étape sur nos travaux et, le 29 septembre, nous entendrons des Ă©lus de l’association Ville et Banlieue de France, le maire de Nancy, M. AndrĂ© Rossinot, auteur, en 2006, d’un rapport sur la laĂŻcitĂ© dans les services publics, et, sous rĂ©serve, un spĂ©cialiste du salafisme ou MaĂźtre GisĂšle Halimi. Il nous faudra aussi organiser, dĂ©but octobre, une rencontre avec les reprĂ©sentants du Conseil français du culte musulman. À la suite de la publication dans la presse, fin juillet, d’une estimation du nombre de femmes portant la burqa en France Ă©manant d’un rapport de police, j’ai adressĂ© une lettre, cosignĂ©e par notre rapporteur, M. Éric Raoult, Ă  M. Brice Hortefeux, ministre de l’IntĂ©rieur, pour lui demander communication du rapport en question et des Ă©claircissements sur le chiffre avancĂ©. Un autre chiffre est citĂ© dans Le Figaro de ce matin, Ă©manant d’un autre service de ce ministĂšre. Nous devrons examiner cette question de prĂšs. L’objectif de notre mission, je le rappelle, est de faire un Ă©tat des lieux. Nos travaux porteront sur tout ce que recouvre cette rĂ©alitĂ© compte tenu des Ă©volutions constatĂ©es depuis maintenant une vingtaine d’annĂ©es dans notre pays. Nous voulons comprendre et surtout dĂ©boucher sur des prĂ©conisations en souhaitant que la majoritĂ© d’entre elles soient partagĂ©es par les associations fĂ©minines, laĂŻques et – pourquoi pas ? – par une partie des musulmans qui veulent vivre dans notre pays dans le respect des rĂšgles de la RĂ©publique et de la laĂŻcitĂ©. M. Lionnel Luca. Selon un sondage rĂ©alisĂ© par le site et pris comme argent comptant par les mĂ©dias, une large majoritĂ© des Français musulmans se dĂ©clare hostile Ă  une loi rĂ©glementant le port du voile intĂ©gral et considĂšre la crĂ©ation d’une mission parlementaire sur le port de la burqa comme une stigmatisation de l’islam ». Je m’étonne que n’importe qui puisse faire des sondages sans mĂ©thode sĂ©rieuse et publier ensuite des affirmations dĂ©nuĂ©es de fondement. Cette campagne de dĂ©sinformation me paraĂźt prĂ©occupante, et je me demande comment nous pouvons y rĂ©agir. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. J’ai prĂ©vu de vous donner tous les Ă©lĂ©ments dont nous disposons sur ce sujet. La consultation du site qui est en lien avec le travail de Tariq Ramadan, est trĂšs instructive. Nous en parlerons lors de notre rencontre du 23 septembre. M. Jean Glavany. La mission aurait tout intĂ©rĂȘt Ă  mieux communiquer sur ce qu’elle fait. Il n’y a pas que sur le site que sont affirmĂ©es des contre-vĂ©ritĂ©s. J’ai Ă©tĂ© trĂšs choquĂ© de lire, au milieu de l’étĂ©, sous la plume de Mme Lemonnier – que je ne connais pas mais Ă  qui j’ai Ă©crit Ă  la suite de son article dans Le Nouvel Observateur – que notre mission parlementaire n’avait d’autre but que d’interdire la burqa et Ă©tait une alliance sacrĂ©e entre politiques de droite dĂ©fenseurs de l’identitĂ© chrĂ©tienne de la France et Ă©lus de gauche ultra-laĂŻques. » Personnellement, je ne sais pas ce qu’est un ultra-laĂŻque puisque, pour moi, la laĂŻcitĂ© est un combat contre tout ce qui est ultra. Nous aurions intĂ©rĂȘt Ă  communiquer avec les journalistes pour casser un certain nombre de jugements préétablis qui sont dĂ©sagrĂ©ables Ă  lire dans la presse. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Il me paraĂźt utile de rappeler aux journalistes que nos travaux sont consultables sur Internet. À l’issue de notre rĂ©union du 23 septembre prochain, nous pourrons Ă©galement envisager de prĂ©ciser Ă  nouveau, par le biais, par exemple, d’une confĂ©rence de presse, que notre mission est rĂ©publicaine et reprĂ©sentative de l’ensemble des sensibilitĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale. M. Jacques Myard. Nous devons vivre aujourd’hui avec Internet car nous ne reviendrons pas au temps de la marine Ă  voile. DĂšs lors, il faut rĂ©pondre du tac au tac Ă©tant entendu que toutes les informations qui remontent du terrain montrent que nos compatriotes, quels qu’ils soient, sont profondĂ©ment choquĂ©s par cette coutume » du voile intĂ©gral et attendent beaucoup de notre mission. Il ne faudrait pas non plus considĂ©rer que nous sommes cernĂ©s car ce n’est pas vrai. M. Jacques Remiller. Je considĂšre comme une nouvelle provocation l’apparition cet Ă©tĂ© en France du burkini. Une jeune femme de confession musulmane s’est vue refuser l’accĂšs au bassin de la piscine d’Emerainville en Seine-et-Marne dans cette tenue de bain. En ma qualitĂ© de maire de Vienne, j’ai Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  un Ă©vĂ©nement similaire et j’ai Ă©galement dĂ» interdire l’accĂšs. J’aimerais que cette question soit discutĂ©e par notre mission. M. Éric Raoult, rapporteur. D’autres sondages seront rĂ©alisĂ©s. Le Figaro de ce matin demande Ă  ses lecteurs de donner leur avis sur le site sur la question Faut-il lĂ©gifĂ©rer pour interdire la burqa ? ». Nous serons Ă©galement confrontĂ©s Ă  d’autres provocations. Concernant le burkini, je crois qu’il est, tout de mĂȘme, important de rester centrĂ©s sur l’objet de notre mission. * * * Audition de Mme Sihem Habchi, prĂ©sidente de l’association Ni putes ni soumises M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Comme je l’ai indiquĂ© lors des premiĂšres auditions, le voile constitue la face cachĂ©e d’un phĂ©nomĂšne plus gĂ©nĂ©ral qui affecte en profondeur la sociĂ©tĂ© française. Comme nombre d’entre vous, Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, membres de la mission, je me suis forgĂ© une conviction Ă  partir des observations que j’ai faites dans l’exercice de mes fonctions d’élu local. Nous constatons, en effet, Ă  des degrĂ©s diffĂ©rents, une lente paupĂ©risation de certains de nos quartiers, qui n’est pas sans rapport avec le dĂ©veloppement de pratiques et de conduites qui portent atteinte aux principes auxquels nous sommes attachĂ©s. Nous partageons tous le sentiment que le port du voile intĂ©gral met en cause la libertĂ© et la dignitĂ© des femmes. Mais d’autres interrogations apparaissent autour de cette pratique. C’est un fait qui touche la vie des quartiers et qui soulĂšve beaucoup de questions, notamment celle des relations entre filles et garçons dans ces quartiers. Nous recevons aujourd’hui, pour notre premiĂšre audition de rentrĂ©e, Mme Sihem Habchi, prĂ©sidente de Ni putes ni soumises, association bien connue qui est Ă  la pointe du combat pour le respect de la dignitĂ© des femmes et la promotion de l’égalitĂ© entre garçons et filles dans les quartiers. Mme Habchi est Ă©galement, depuis 2007, membre du collĂšge de la Haute autoritĂ© de lutte contre les discriminations et pour l’égalitĂ© HALDE. Je vous remercie, Madame Habchi, d’avoir acceptĂ© de vous exprimer devant la mission. Mme Sihem Habchi. Monsieur le prĂ©sident, Monsieur le rapporteur, Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, permettez-moi, tout d’abord, de saluer votre initiative qui met la RĂ©publique face Ă  un nouveau dĂ©fi en ouvrant les travaux de cette mission d’information sur le phĂ©nomĂšne du voile intĂ©gral et tout ce qui l’accompagne. L’enjeu est de savoir si l’on veut faire du droit des femmes un prĂ©alable au progrĂšs social ou en faire la variable ajustable, nĂ©gociable, en fonction des demandes et des revendications de communautĂ©s, de groupes ou d’individus. L’enjeu est Ă©galement de savoir si l’on est prĂȘt – si vous ĂȘtes prĂȘts – Ă  aborder un nouveau combat fĂ©ministe. AprĂšs le droit de vote et le droit Ă  l’avortement, l’occasion nous est donnĂ©e aujourd’hui de rĂ©affirmer le droit d’ĂȘtre femme, de maniĂšre complĂštement inaliĂ©nable, et le droit Ă  l’émancipation pour toutes. Mesdames, Messieurs les dĂ©putĂ©s, il ne faut pas nous voiler la face. La burqa est le symbole critique d’un point de non-retour, un chemin pour l’émancipation des femmes en France. Je n’ai pas besoin de vous faire de dessins et je ne vais pas, comme certains, vous vanter l’esthĂ©tique du voile. La burqa est bien le symbole le plus violent de l’oppression des femmes et n’a rien Ă  voir avec la religion musulmane, ma religion. Elle apparaĂźt comme le point culminant d’une Ă©volution en France d’une vision archaĂŻque du rĂŽle des femmes, confinĂ©es dans la sphĂšre sexuelle, loin du champ Ă©conomique et social. La burqa symbolise l’apogĂ©e d’un systĂšme de relĂ©gation des femmes qui prend sa source dans nos quartiers populaires. Les symptĂŽmes sont visibles depuis vingt ans. Ni putes ni soumises s’est constituĂ©e en opposition Ă  la rĂ©duction de plus en plus grande des espaces de libertĂ© des femmes musulmanes. Nous avons – faut-il le rappeler ? – payĂ© le prix, et cher filles rasant les murs et soumises Ă  un contrĂŽle obsessionnel de leurs allĂ©es et venues dans l’espace public par les frĂšres d’abord puis l’ensemble des hommes. La soumission commence lĂ  nous ne nous appartenions plus et notre vie quotidienne Ă©tait rythmĂ©e par la routine du respect des horaires, puis du respect d’une tenue vestimentaire rĂ©glementaire oĂč la jupe Ă©tait bannie et, enfin, d’un contrĂŽle de la sexualitĂ© avec l’établissement de la sacro-sainte virginitĂ© comme baromĂštre. Le jugement du tribunal de grande instance de Lille, en avril 2008, nous l’a, malheureusement, encore bien dĂ©montrĂ©. Nous Ă©tions le point aveugle d’une sociĂ©tĂ© qui, pour mieux gĂ©rer ses quartiers populaires et ses populations, s’est trouvĂ©e une rĂšgle qui en arrangeait plus d’un la loi du silence. Il ne faut pas stigmatiser », nous disait-on. Parler, dĂ©noncer, lever le voile, c’était discriminer les populations, souvent immigrĂ©es ! J’appelle cela du racisme Ă  l’envers. Et c’est une belle entourloupe pour flatter les bonnes consciences de certains responsables politiques. Cette inconscience politique a, au bout du bout, permis les pires des exactions contre les femmes. J’ai encore devant les yeux le portrait de Sohane, brĂ»lĂ©e vive dans un local Ă  poubelles pour avoir dit non. Je me rappelle de Samira Bellil, qui a Ă©tĂ© victime de nombreux viols collectifs et nous a quittĂ©s il y a cinq ans. Me reviennent Ă©galement en mĂ©moire Erim, Malika et tant d’autres qui ont Ă©tĂ© victimes de mariages forcĂ©s, Diaryatou Bah qui a Ă©tĂ© victime d’excision qui l’a contrainte Ă  faire trois fausses couches, Myriam qui, pour avoir simplement effleurĂ© le bras d’un garçon a dĂ©cidĂ© d’en finir avec l’oppression familiale et s’est dĂ©fenestrĂ©e en juin dernier. Si certaines ne sont plus parmi nous, d’autres restent debout pour faire en sorte que leurs sƓurs ne soient pas mortes pour rien. ParallĂšlement Ă  la montĂ©e de la violence envers les femmes, la pression sur le corps dans l’espace public est devenue de plus en plus forte. Le harcĂšlement physique et moral devenait insupportable. Les filles ont grandi dans cet univers carcĂ©ral. Nous devenions des corps dociles dans un systĂšme de dressage oĂč les symboles punitifs devaient servir d’exemple Ă  toutes celles qui ne respecteraient pas la rĂšgle, comme Khadija, Ă©gorgĂ©e sur la place publique de Limoges en 2005 pour avoir osĂ© demander le divorce ou ShĂ©razade, brĂ»lĂ©e vive la mĂȘme annĂ©e dans la rue devant chez elle pour avoir dit non. Les rumeurs sur les filles faciles constituent un autre moyen de pression seul le port du voile garantit le respect. Les dĂ©pressions sont courantes et le mal-ĂȘtre grandissant. Dans ce contexte, les Ă©tudes restent le premier Ă©chappatoire. Mais, alors que l’école de la RĂ©publique jouait la carte de l’intĂ©gration en mettant les enfants dans le mĂȘme bain des valeurs universelles de citoyennetĂ© et de mixitĂ©, les annĂ©es 1990 ont vu une accĂ©lĂ©ration communautaire dans nos quartiers, ce qui a rĂ©duit les filles Ă  des marqueurs identitaires. La circulaire de 1989 de Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, a mis un point d’arrĂȘt Ă  l’immense espoir que nous placions dans l’école – qui, pour nous, reprĂ©sentait la vie et l’émancipation. Nous nous sommes rendus compte que tout cela n’était pas pour nous. Nous devenions des sacrifiĂ©es de la RĂ©publique, l’étendard d’un projet de sociĂ©tĂ© qui faisait le choix du voile comme rĂ©gulateur social. C’est un moyen d’accepter nos immigrĂ©s », entendions-nous. Il faut laisser les populations choisir leur mode de vie, ne rien leur imposer ». Et tant pis pour les femmes ! Le message Ă©tait clair pour nous. Nous n’avions pas le droit Ă  l’émancipation. Pire, au lieu de nous tendre la main, les institutions nous ont tendu le voile. Par ce glissement vers un communautarisme affichĂ© et revendiquĂ©, la France ouvrait une brĂšche aux islamistes, une alliance contre nature, qui dĂ©boucha sur des horaires de piscine non mixtes et des gymnases rĂ©servĂ©s aux femmes. La mixitĂ© dans les espaces publics se rĂ©duisait comme peau de chagrin, y compris dans les institutions. Les islamistes ont ainsi trouvĂ©, dans les quartiers populaires – les quartiers ghettos – un terreau utile Ă  la propagation de leur message. Ils allaient offrir ce qui paraissait une solution de remplacement en rĂ©duisant notre identitĂ© Ă  la communautĂ© des croyants. Le temps est fini oĂč l’on criait lors des manifestations PremiĂšre, deuxiĂšme, troisiĂšme gĂ©nĂ©ration ! Nous sommes tous des enfants d’immigrĂ©s ! ». Aujourd’hui, nous disons Nous sommes tous des musulmans. » La propagation du voile fut galopante. L’institution de ce systĂšme carcĂ©ral pour femmes s’accompagna d’un discours qui structura et valida les Ă©lans les plus machistes. On peut parler d’instrumentalisation par des groupes radicaux qui ont utilisĂ© ma religion pour asseoir la domination masculine et la rendre crĂ©dible. De nouvelles normes se sont installĂ©es, scindant la population des femmes en deux les voilĂ©es et les autres. Nous avons alors entendu des choses curieuses. Selon certaines fĂ©ministes, le voile Ă©tait un outil d’émancipation. Cela te permet de sortir. », nous assuraient-elles. Peut-on associer les mots espace de libertĂ© » et voile » ? Le voile offre-t-il plus de libertĂ© aux femmes ou est-il simplement une chaĂźne reliĂ©e Ă  un systĂšme machiste qui garde un moyen de contrĂŽle ? Qui contrĂŽle qui ? IndĂ©niablement, le voile ne nous permettait pas d’échapper aux chaĂźnes machistes puisqu’il fallait respecter les rĂšgles certaines n’allaient plus Ă  la piscine, refusaient d’assister aux cours de biologie et disparaissaient lors des cours de sport. Elles Ă©taient soumises Ă  la loi des hommes, aux obscurantistes. Symbole de la sociĂ©tĂ© machiste et de l’exclusion assumĂ©e et revendiquĂ©e, le voile est un marqueur pour scinder la population française. L’avĂšnement de la sĂ©grĂ©gation a lieu quand les victimes intĂšgrent l’oppression et revendiquent leurs chaĂźnes. En vous dĂ©plaçant dans votre ghetto ambulant, vous avez le respect de tous. Personne ne vous harcĂšle. On vous valorise mĂȘme. Ainsi se dessine, petit Ă  petit, pour une partie des filles, une solution pour Ă©chapper Ă  l’oppression quotidienne. Acheter sa tranquillitĂ© pour avoir le respect, est-ce cela le projet de la RĂ©publique ? En 2004, la situation Ă©tait devenue critique et la pression sur les filles non voilĂ©es grandissante. AprĂšs des mois de dĂ©bats, une loi a Ă©tĂ© votĂ©e, rĂ©affirmant la laĂŻcitĂ© Ă  l’école. Nous Ă©tions rĂ©habilitĂ©es dans notre statut de citoyennes et, enfin, respectĂ©es par la RĂ©publique. Mais l’espace public resta minĂ©. Comme nous n’avions eu de cesse de le dire, pour nĂ©cessaire qu’elle Ă©tait, la loi n’était pas suffisante. Le terrain ne devait pas ĂȘtre laissĂ© aux pourvoyeurs ni aux rĂ©trogrades. Mais les espaces de libertĂ© ont continuĂ© Ă  se rĂ©duire de maniĂšre inversement proportionnelle Ă  l’extension du voile au jilbab, puis au niqab et, enfin, Ă  la burqa. J’ai recueilli Ă  votre intention le tĂ©moignage de Karima qui a portĂ© le voile intĂ©gral. Karima exerce une profession commerciale et a grandi dans un quartier populaire de la rĂ©gion parisienne. Son enfance a Ă©tĂ© marquĂ©e par une pression familiale et une Ă©ducation trĂšs dures pour les filles et, comme beaucoup de jeunes filles, elle s’est mariĂ©e pour Ă©chapper Ă  l’étouffement familial, mais avec un homme qu’elle a choisi. Malheureusement, aprĂšs deux ans de mariage, son mari bascule dans le fanatisme parce qu’il retourne habiter dans son ancienne citĂ©. À l’arrivĂ©e du deuxiĂšme enfant, les choses s’accĂ©lĂšrent. Karima accepte les nouvelles exigences sans vraiment comprendre qu’elle renonce Ă  ses libertĂ©s. Cela commence par des conseils sur le comportement que doit avoir une femme Il ne faut pas mettre de parfum. » ; Quand tu mets des talons, le diable te suit. » ; Si tu refuses de coucher avec moi, c’est un pĂ©chĂ© et les anges vont te maudire jusqu’au matin. » La pression psychologique aidant, Karima accepte de porter le voile et ne porte plus que des baskets. Finis les talons ! Son mari lui apporte des lectures concernant le jilbab il faut cacher les formes pour ne pas attirer le regard des hommes. La pression monte d’un cran. Le mari de Karima lui raconte que, si la femme montre ses cheveux, des anges de l’enfer l’attrapent, la pendent par les cheveux et la brĂ»lent petit Ă  petit et qu’elle est condamnĂ©e Ă  une souffrance Ă©ternelle. Il lui fait lire d’autres slogans du type Si tu sors en dĂ©colletĂ©, on te versera de l’acide sur toi jusqu’à ce qu’il y ait un trou. » Il la soumet mĂȘme Ă  l’épreuve de la flamme, lui demandant d’étendre son bras au-dessus d’une flamme pour ressentir la douleur provoquĂ©e par celle-ci. Devenue insomniaque, dĂ©primĂ©e, Karima continue Ă  lire les lectures conseillĂ©es par son mari. Elle tĂ©moigne Quand je me regardais dans un miroir, je ne me reconnaissais plus. Je n’avais plus envie de rien, plus envie de me faire belle. Par contre, lorsque mon mari rentrait, il fallait ĂȘtre prĂȘte et lui donner envie. Je devais ĂȘtre parfumĂ©e, maquillĂ©e. Des fois, il m’appelait du travail pour savoir si je m’étais prĂ©parĂ©e. » Son espace de libertĂ© se rĂ©duisit ainsi jusqu’au jour oĂč les violences physiques ont commencĂ©. Il a commencĂ© Ă  me frapper », raconte-t-elle, parce que je sortais sur le balcon sans voile. Puis, me disant qu’il ne fallait pas qu’on voie les formes de mes lĂšvres, il m’a remis un voile intĂ©gral que j’ai encore une fois acceptĂ©. Je voulais que ça s’arrĂȘte. J’ai vĂ©cu un vĂ©ritable enfer. J’étais devenue un spectre. » Karima avait disparu ! Puis, un jour, mon mari a dit aux enfants que maman avait fait une bĂȘtise et qu’elle allait rester lĂ  parce qu’un chien, ça reste Ă  la maison ! » Karima s’est enfuie le lendemain. Le rĂ©cit que je viens de faire est, non seulement, celui d’une femme victime de violences, mais surtout celui d’une femme qui a eu le malheur de trouver dans l’escarcelle de son mari le voile intĂ©gral, qui a Ă©tĂ© le point culminant de l’oppression qu’elle a subie pendant trois ans. RĂ©duite Ă  un objet sexuel, elle n’avait plus d’identitĂ©. Elle n’était plus personne. Avec le voile intĂ©gral – burqa, niqab, appelez-le comme vous voulez –, nous avons atteint le paroxysme de l’oppression machiste. C’est pourquoi je parle d’un point de non-retour. Comment peut-on dire que les femmes ont le choix de porter ou non le voile intĂ©gral alors qu’elles subissent le plus souvent des pressions quotidiennes de leur entourage, comme je viens de vous les dĂ©crire ? Quelles possibilitĂ©s d’émancipation ont-elles face Ă  cette remise en question de leurs vĂȘtements ? JugĂ©es trop fĂ©minines ou trop masculines, elles en viennent Ă  sacrifier leur corps, considĂ©rĂ© comme trop encombrant. Tout signe indiquant l’appartenance Ă  la sociĂ©tĂ© est rejetĂ© au profit d’un signe d’exclusion comme la burqa. Le risque est de voir se pĂ©renniser la coexistence de deux mondes parallĂšles et totalement hermĂ©tiques celui dans lequel les femmes connaissent leurs droits et savent que leur corps est leur propriĂ©tĂ© et celui dans lequel, sous couvert de burqa, les femmes revendiquent le fait d’ĂȘtre purement et simplement l’objet sexuel de leur Ă©poux. Quel message adressons-nous aux jeunes gĂ©nĂ©rations ? Les enfants se construisent aujourd’hui avec des symboles d’aliĂ©nation et de soumission de la femme dans l’espace public. Il importe de s’interroger sur la progression du port du voile intĂ©gral. Pourquoi voyons-nous autant de burqas aujourd’hui alors qu’on n’en voyait pas il y a dix ans ? Elle est maintenant portĂ©e par des Africaines du sud, des Françaises de souche – qui constituent d’ailleurs la nouvelle gĂ©nĂ©ration des militantes de Ni putes ni soumises. Oui, il y a une progression du nombre de femmes voilĂ©es. Quant aux chiffres parus dans la presse, ils sont produits par ceux-lĂ  mĂȘmes qui ricanaient dans les annĂ©es 1990 et dĂ©fendaient le voile Ă  l’école ! En 1989, on comptait deux filles voilĂ©es. Aujourd’hui, des centaines, voire des milliers de filles sont mises sous cage. Le port du voile intĂ©gral est une question de principe, pas de chiffres, et, lorsqu’on cĂšde sur les principes, c’est le modĂšle social qui est remis en question. L’alternative est claire c’est la RĂ©publique ou la burqa. Cette derniĂšre n’est, d’ailleurs, que la partie visible de l’iceberg. Le phĂ©nomĂšne s’est accompagnĂ© d’une sĂ©rie de conflits dans l’espace public, mettant au dĂ©fi et le service public et les institutions de la RĂ©publique. Le bras de fer continue. Les tests se multiplient. Les exemples sont lĂ©gions. Il n’est que de citer le refus des femmes de se laisser identifier Ă  la sortie des Ă©coles par les institutrices. Il n’y a que la prĂ©sence policiĂšre pour les faire cĂ©der. Et, encore, la police doit-elle demander Ă  des femmes de procĂ©der Ă  l’identification, ce qui est dĂ©jĂ  un recul sur les principes. Dans les piscines, on veut imposer, en plus des horaires rĂ©servĂ©s aux femmes, le port du burkini. L’amĂ©nagement des horaires s’étend aux gymnases et aux salons de coiffure afin que les femmes Ă©chappent au regard des hommes. Des mĂ©decins se font agresser parce qu’ils ont osĂ© soigner une femme. Les agents du service public sont soumis Ă  la loi de la laĂŻcitĂ© mais pas les bĂ©nĂ©ficiaires ! Pourquoi les institutions de la RĂ©publique doivent-elles s’adapter aux revendications de non-mixitĂ© et de sĂ©grĂ©gation des sexes ? Face Ă  ces tests successifs, les dĂ©fenseurs des libertĂ©s, certains politiques, certains membres de la sociĂ©tĂ© civile droits-de-l’hommistes » et certaines fĂ©ministes sont tombĂ©s dans le piĂšge du relativisme culturel, qui les a poussĂ©s Ă  justifier et Ă  accepter n’importe quoi – comme la polygamie et l’excision – et Ă  hĂ©siter Ă  condamner le voile intĂ©gral. La gangrĂšne est bien rĂ©elle. Le mal ne vient pas simplement de ceux qui propagent et qui diffusent le message mais aussi de ceux qui, alors qu’ils sont censĂ©s dĂ©fendre les libertĂ©s fondamentales, ne le font pas. Les idĂ©es rĂ©trogrades investissent la sociĂ©tĂ© et l’on assiste Ă  un effondrement de l’ordre social. La burqa est un symptĂŽme de cet effondrement. La laĂŻcitĂ© non seulement garantit la sĂ©paration du politique et du religieux mais Ă©galement promeut un espace d’interaction sociale entre hommes et femmes, hĂ©tĂ©ros et homos, riches et pauvres permettant la dĂ©finition d’un nouveau pacte social. La laĂŻcitĂ© est la condition sine qua non de l’exercice de la dĂ©mocratie. En refusant, le 27 juin 2008, la nationalitĂ© française Ă  une femme en burqa, qui affirmait son refus des valeurs d’égalitĂ© des sexes, le Conseil d’État a rectifiĂ© le tir en rappelant les valeurs qui nous permettent de tous vivre ensemble. Oui, la libertĂ© a des limites les principes qui organisent la sociĂ©tĂ© afin que nous puissions vivre ensemble. En tous les cas, la dignitĂ© de la personne humaine doit ĂȘtre respectĂ©e. Les femmes doivent ĂȘtre respectĂ©es Ă  la fois en tant que personnes humaines et en tant que composantes de l’ordre public. Une autre dĂ©cision du Conseil d’État du 27 octobre 1995, Commune de Morsang-sur-Orge, rĂ©affirme le principe du respect de la dignitĂ© humaine en interdisant le lancer de nains. Un nain avait fondĂ© son entreprise sur le fait de se faire lancer lors de manifestations. Le maire de la ville dans laquelle il devait se produire a interdit cette pratique au nom de la dignitĂ© de la personne humaine. Le Conseil d’État a confirmĂ© cette dĂ©cision. Donc, si une femme veut porter la burqa, on peut le lui interdire au nom de la dignitĂ© de la personne humaine. Nous devons continuer dans la voie ouverte par le Conseil d’État, Ă  la fois en matiĂšre d’intĂ©gration et de dĂ©fense des valeurs universelles. La HALDE a Ă©galement pris des dĂ©cisions en ce sens. Aux termes de la Constitution, la femme est l’égale de l’homme. La burqa est contraire Ă  ce principe constitutionnel. Sur le plan europĂ©en, on constate que c’est en France, pourtant critiquĂ©e, que l’autre s’intĂšgre le mieux et que le nous » collectif est revendiquĂ©, contrairement au Royaume-Uni qui paie le prix fort de sa politique de laisser-faire face aux intĂ©gristes. Plusieurs ministres britanniques se sont dĂ©clarĂ©s choquĂ©s par le port de la burqa et ont saluĂ© l’initiative de la mission française. La France est le pays oĂč l’on compte le plus de couples mixtes – mais peut-ĂȘtre pas pour longtemps. Je tiens Ă©galement Ă  rappeler qu’il y a mĂȘme un islamiste radical qui, Ă  la suite de la mise en place de cette mission d’information, a traitĂ© de hore », c’est-Ă -dire de pute » la premiĂšre dame de France, parce qu’elle reprĂ©sente les valeurs occidentales et qu’elle est trop dĂ©nudĂ©e Ă  son goĂ»t. Je crois que la France est le seul pays Ă  pouvoir avoir un dĂ©bat sur le voile et trancher la question. Elle porte une responsabilitĂ© aux yeux du monde parce que des femmes continuent Ă  mourir dans le monde pour dĂ©fendre leur libertĂ© – je pense Ă  Loubna Ahmed al-Hussein au Soudan, qui a affrontĂ© les tribunaux pour avoir portĂ© un pantalon, Ă  Nojoud Ali qui a osĂ© demander le divorce Ă  l’ñge de dix ans et aux Koweitiennes qui sont entrĂ©es au Parlement sans voile. Il me semble qu’on a dĂ©jĂ  oubliĂ© les journĂ©es sanglantes de mon pays d’origine, l’AlgĂ©rie, quand des femmes se sont fait Ă©gorger pour ne pas avoir le choix de porter le foulard. Que dire Ă©galement de ces femmes afghanes privĂ©es d’éducation et souffrant des sĂ©quelles liĂ©es au port de cette prison ambulante ? Quand je pense que M. Obama a tendu la main aux intĂ©gristes au Caire en pensant les acheter avec le voile. Il n’a pas dit un mot sur les libertĂ©s fondamentales au Caire, ni sur l’orientation sexuelle, les homosexuels sĂ©questrĂ©s, assassinĂ©s, les violences faites aux femmes ! Pas un mot pour toutes ces femmes qui sont en train de se battre de par le monde afin de poser le dĂ©bat dans leur pays ! Nous devons soutenir ces femmes. Seule la France peut le faire car elle dispose d’un cadre pour cela. Les musulmanes ont le droit au respect et Ă  la protection de la RĂ©publique. En tant que femme, en tant que française et en tant que musulmane, je demande Ă  la RĂ©publique de me protĂ©ger du fanatisme le plus vil qui gangrĂšne notre espace public. De quoi avons-nous peur ? De quoi a peur l’Europe dĂ©mocratique ? Les libertĂ©s individuelles sont attaquĂ©es par ceux-lĂ  mĂȘmes qui s’opposent Ă  la dĂ©mocratie moderne et qui nous empĂȘchent de travailler Ă  sa rĂ©gĂ©nĂ©ration. C’est Ă  partir de ce creuset rĂ©publicain que nous pourrons dĂ©finir un nouveau pacte social sur le plan laĂŻc. Les femmes sont la clĂ© de voĂ»te de ce pacte. TĂŽt ou tard, les Ă©lites laxistes devront redĂ©couvrir le principe de limitation. Si la libertĂ© doit ĂȘtre dĂ©fendue sans concession, elle ne peut pas l’ĂȘtre au nom de l’archaĂŻsme. Sinon, les Ă©lites laxistes se retrouveront dans l’incapacitĂ© d’inspirer des visions nouvelles du progrĂšs. Comme vous l’aurez compris, je ne suis favorable Ă  aucun instrument d’oppression des femmes, quel qu’il soit. Je relie la burqa Ă  toutes les formes de violence que nous subissons aujourd’hui dans le monde. Il est impĂ©ratif que la France ait le courage de dĂ©fendre de maniĂšre claire le droit des femmes parce que son action sera un point d’appui formidable pour toutes celles et tous ceux – car il y a aussi des hommes – qui se battent pour plus d’égalitĂ© et plus de justice sociale dans notre pays. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous vous remercions pour cet exposĂ© lucide, courageux, Ă©clairant et riche en Ă©motion. Permettez-moi de vous poser quelques questions Combien de quartiers sont-ils, selon vous, concernĂ©s par le voile intĂ©gral dans notre pays ? L’émergence de cette pratique a-t-elle un lien avec le contexte international et le repli communautaire ? Cette coutume archaĂŻque, moyenĂągeuse, est-elle liĂ©e Ă  la religion ? M. Éric Raoult, rapporteur. Je tiens tout d’abord Ă  vous indiquer, Mme Habchi, combien nous avons Ă©tĂ© touchĂ©s par votre intervention. Vous avez indiquĂ© que le port de la burqa permet aux femmes de sortir de chez elles. Leur demander de la retirer n’entraĂźnerait-il, pour elles, un repli au domicile ? C’est une des remarques qui nous sont souvent faites. Votre association est mixte et regroupe un grand nombre de jeunes des quartiers. Comment rĂ©agissent les garçons lorsqu’une fille porte la burqa dans son environnement familial et proche famille ? ConsidĂšrent-ils cela comme une obligation ? Certaines femmes semblent d’ailleurs ne pas la porter tout le temps. Enfin, quels arguments opposez-vous aux femmes qui militent pour le droit et la libertĂ© de porter la burqa ? M. Lionnel Luca. Je vous remercie, Madame, pour vos prises de position claires et fermes. Notre mission est-elle pour vous, jeune femme de confession musulmane, une stigmatisation de l’islam ? J’aimerais avoir une rĂ©ponse trĂšs prĂ©cise Ă  ce sujet car ce reproche nous est souvent adressĂ©. Le voile intĂ©gral est-il une prescription religieuse ou cultuelle ? Selon vous, quelle est la solution face Ă  cette pratique ? Que devons-nous faire, concrĂštement, une fois que nous aurons terminĂ© nos travaux et nos auditions ? Le commissaire Ă  l’égalitĂ© et Ă  la diversitĂ© des chances, M. Yazid Sabeg, a Ă©crit hier dans un quotidien national que la polĂ©mique sur la burqa va rouvrir des frustrations, des antagonismes, des racismes alors qu’il faut au contraire rassembler les Français. » Pour lui la libertĂ© individuelle est la rĂšgle dans la limite du respect de l’ordre public » et il considĂšre que pour le reste, les hommes et les femmes sont libres de s’habiller comme ils le veulent. » Il a, par ailleurs, mis en cause notre mission parlementaire et tenu des propos sur son prĂ©sident que je juge scandaleux. Quelle est votre rĂ©action face Ă  de telles dĂ©clarations ? M. Jacques Myard. Je m’associe avec force Ă  la condamnation des propos de M. Yazid Sabeg qui, selon moi, devrait dĂ©missionner immĂ©diatement. M. Lionnel Luca. Je suis Ă©galement de cet avis. M. Jacques Myard. Vos propos, Madame, nous ont touchĂ©s. Je vous poserai, tout d’abord, des questions sur le mĂ©canisme intellectuel et politique par lequel on oblige certaines femmes de confession musulmane Ă  porter le voile. Comment analysez-vous cette descente aux enfers ? Comment peut-ĂȘtre justifiĂ©e une telle rĂ©gression ? Dans un ouvrage salafiste Ă©numĂ©rant toute une sĂ©rie de fatwas, on trouve la rĂ©ponse suivante Ă  la question Que dois-je faire si un bĂ©bĂ© fait pipi sur moi quand je le prends dans mes bras ? » si c’est un garçon, il suffit de prendre un peu d’eau pour se nettoyer car le prophĂšte l’a fait ; en revanche, si c’est une fille, il faut faire des ablutions car le pipi de la petite fille est impur ». Comment expliquez-vous un retour vers un tel archaĂŻsme ? DeuxiĂšmement, ces idĂ©es sont vĂ©hiculĂ©es dans une chaĂźne d’éducation. Avez-vous des tĂ©moignages sur l’absentĂ©isme scolaire d’enfants qui seraient dirigĂ©s vers des madrasas, c’est-Ă -dire vers des Ă©coles coraniques d’embrigadement ? Je vous poserai, enfin, une question plus personnelle car votre courage, qui est grand, doit susciter des rĂ©actions vives avez-vous subi des menaces ? Mme Sandrine Mazetier. Je suis touchĂ©e par la situation des femmes en gĂ©nĂ©ral. Les Ă©vĂ©nements que vous avez rappelĂ©s ont frappĂ© l’opinion et je comprends que vous ayez Ă©tĂ© Ă©mue en les Ă©voquant. J’ai Ă©tĂ© surprise de vous entendre dire que la circulaire de Lionel Jospin de 1989 a fait le choix du voile comme rĂ©gulateur social ». Pouvez-vous nous expliquer comment elle a pu ĂȘtre la porte ouverte au voile Ă  l’école ? DeuxiĂšmement, Ă  vous entendre, les institutions ne vous ont pas tendu la main mais le voile. Dans les annĂ©es 1990 et jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 2000, un certain nombre de lois ont Ă©tĂ© votĂ©es sur le droit des femmes, l’égalitĂ© et la paritĂ©. Était-ce tendre le voile ? Vous avez fustigĂ© les idĂ©es laxistes et avez dĂ©plorĂ© le discours d’Obama au Caire. Quel est votre avis sur le discours prononcĂ© au Palais du Latran par le PrĂ©sident de la RĂ©publique ? M. Pierre Forgues. Votre tĂ©moignage bouleversant, Madame, nous est trĂšs prĂ©cieux. Cela Ă©tant, pourquoi dĂ©gagez-vous la religion musulmane de toute responsabilitĂ© dans le port du voile alors que seules les musulmanes dans le monde portent la burqa et le voile d’une façon gĂ©nĂ©rale ? Il ne faut pas avoir peur d’aborder la rĂ©alitĂ© dans sa diversitĂ© et toute son ampleur. DeuxiĂšmement, vous avez dĂ©clarĂ© que la France Ă©tait le seul pays capable d’avoir un dĂ©bat sur le voile et de le trancher. Cela peut flatter mon cĂŽtĂ© un peu cocardier mais je ne vois pas pourquoi l’Espagne ou l’Allemagne ne seraient pas capables d’avoir un dĂ©bat sur ce sujet et de le trancher. Je fais d’ailleurs remarquer que nous ne l’avons pas encore tranchĂ© et je ne sais pas – mĂȘme si je l’espĂšre –, si nous en serons capables. Tout en attendant votre rĂ©ponse aux questions de ma collĂšgue, Mme Sandrine Mazetier, j’indique dĂšs Ă  prĂ©sent que j’estime comme vous, Madame, que les institutions ne vous ont pas tendu la main et je pourrai apporter mon tĂ©moignage personnel. M. Pierre Cardo. Je pense que nous trouverons une rĂ©ponse au port de la burqa. Ce qui me prĂ©occupe davantage, c’est que, aprĂšs la promulgation de la loi interdisant le port du voile Ă  l’école, par laquelle nous croyions avoir rĂ©glĂ© le problĂšme, sont apparues de nouvelles revendications dans l’espace public. La disposition que nous prendrons par rapport au voile intĂ©gral ne rĂ©glera pas le problĂšme de fond. Je ne partage pas les propos de certains de mes collĂšgues qui me paraissent excessifs et nous devrons faire attention car des piĂšges nous sont tendus. Vous avez qualifiĂ© le voile intĂ©gral, Madame, de symbole de l’exclusion assumĂ©e et revendiquĂ©e ». Je pense que le terreau est favorable Ă  ce qui se passe un certain nombre d’acteurs intĂ©gristes excessifs utilisent non seulement la religion mais Ă©galement des situations dans notre sociĂ©tĂ© qui favorisent le dĂ©veloppement de leurs idĂ©es. Autrement, leur divulgation ne serait pas possible. Nous attendons de vous que vous nous Ă©clairiez sur ce qui a permis le port de la burqa car, si nous ne comprenons pas la cause, nous ne trouverons pas le traitement. Mme Sihem Habchi. Mon Ă©motion traduit ma sincĂ©ritĂ©. C’est quand j’évoque la situation des femmes algĂ©riennes que cela me fait le plus mal car j’ai grandi avec mes cousines, et certaines sont aujourd’hui obligĂ©es de porter le voile intĂ©gral aprĂšs avoir subi des menaces. Je ne me livre pas Ă  une mascarade devant vous. Nous avons affaire, comme vous l’avez soulignĂ©, Ă  un phĂ©nomĂšne mondial qui attaque la jeunesse. Quand vous discutez avec des filles qui revendiquent le droit de porter la burqa, vous vous rendez compte qu’en mettant de cĂŽtĂ© et en critiquant l’islam de leurs parents – qui Ă©tait un islam laĂŻc, c’est-Ă -dire une pratique privĂ©e s’intĂ©grant dans le cadre de la laĂŻcitĂ© et de la RĂ©publique –, elles cassent l’autoritĂ© de ces derniers. Elles rĂ©ussissent Ă  s’extraire du harcĂšlement familial quotidien et de la soumission. En passant pour des saintes, des religieuses, elles parviennent Ă  rééquilibrer un peu les choses. Mais cet attirail s’accompagne de toute une sĂ©rie de codes qu’il faut respecter. On n’organise pas des fĂȘtes et on ne va pas en boĂźte de nuit en burqa. Ce voile s’intĂšgre dans un systĂšme machiste et constitue un moyen de contrĂŽle la jeune fille doit se marier, avoir des enfants et, surtout, ĂȘtre un objet sexuel pour son mari, auquel elle doit ĂȘtre entiĂšrement soumise. Dans le tĂ©moignage que j’ai citĂ©, mĂȘme si la jeune fille n’avait pas toutes les conditions d’émancipation, elle a choisi son mec » qui devait ĂȘtre, au dĂ©part, un type bien. Ensuite, tout bascule et c’est ce basculement qu’il faut regarder. En Europe, les responsabilitĂ©s ne sont pas Ă  rechercher, comme en AlgĂ©rie, dans la concurrence, depuis l’IndĂ©pendance, entre des mouvements radicaux qui veulent imposer une rĂ©publique islamique et les partis nationalistes. Elles se trouvent dans la politique de la main tendue aux islamistes et l’achat de la paix sociale, qui a Ă©tĂ© trop souvent pratiquĂ©e. Sous couvert de respecter, au nom de la libertĂ©, les revendications communautaires ont Ă©tĂ© encouragĂ©es une vision machiste de la sociĂ©tĂ© – terrible pour les femmes –, et la sĂ©grĂ©gation le port du voile ou de la burqa n’est pas le chemin le plus direct pour aller Ă  l’AssemblĂ©e nationale ! Il est grand temps de mettre fin Ă  cette sĂ©grĂ©gation. Quand j’étais jeune, je voyais bien que tout Ă©tait compliquĂ© pour nous du fait de la discrimination. Mais mon pĂšre m’a encouragĂ© Ă  poursuivre mes Ă©tudes, en m’assurant que j’y arriverais. Mais, quand je vois tous les stratagĂšmes mis en place pour ne pas parler de la citoyennetĂ© d’une partie de la population française et tous les moyens inventĂ©s pour justifier la sĂ©grĂ©gation, je ne comprends pas. Dans ce contexte, le voile et la burqa sont pratiques car ils permettent d’éviter les mĂ©langes. Personne ne va parler Ă  une femme en niqab, en burqa ou en voile, et encore moins se marier avec elle. Cela entraĂźne la sĂ©paration des populations. LĂ  est la question fondamentale. Du fait de l’exclusion et du ghetto qui nous ont collĂ© Ă  la peau, certains et certaines n’ont malheureusement plus cru en la RĂ©publique comme un moteur et ont fait un autre choix. Certaines femmes se sont demandĂ©es si, par le biais qui leur Ă©tait proposĂ©, elles ne pourraient pas se faire entendre. Au moment de la rĂ©volution iranienne, les fĂ©ministes islamiques ont pensĂ© qu’elles pouvaient y arriver en annexant ce corps parce qu’il les empĂȘchait d’ĂȘtre les Ă©gales des hommes et d’ĂȘtre regardĂ©es sur le plan de la pensĂ©e et de l’intellect. Comme on a pu le constater, cela n’a pas eu les rĂ©sultats escomptĂ©s le voile et la burqa ne favorisent pas le partage du pouvoir et des dĂ©cisions. L’objectif visĂ© est une RĂ©publique mĂ©tissĂ©e et la mixitĂ© dans les dĂ©cisions, quelles que soient les origines. Il semble bien lointain quand on voit Ă  quel point les libertĂ©s fondamentales sont attaquĂ©es dans notre pays. Ni putes ni soumises a toujours dĂ©fendu la laĂŻcitĂ©. Elle s’y est mĂȘme accrochĂ©e comme Ă  une bouĂ©e de sauvetage. Ce n’est donc pas moi qui vais dĂ©fendre le discours du PrĂ©sident de la RĂ©publique au Latran. J’ai autre chose Ă  faire des femmes continuent Ă  se faire brĂ»ler dans les quartiers populaires. Je suis fĂ©ministe et je m’estime la digne hĂ©ritiĂšre du fĂ©minisme. Beaucoup de femmes continuent Ă  combattre l’obscurantisme. Malheureusement certaines, par peur d’ĂȘtre traitĂ©es de racistes, par mĂ©connaissance du phĂ©nomĂšne des mariages forcĂ©s, de la polygamie et de l’excision, par rĂ©ticence Ă  trop bouleverser les choses, n’ont pas condamnĂ© ces pratiques. Or, quand on a une responsabilitĂ©, quand on est prĂ©sidente d’association ou responsable politique, j’estime qu’il faut, Ă  un moment donnĂ©, lorsqu’on a affaire Ă  ce genre de choses, trancher et ne pas attendre que cela dĂ©gĂ©nĂšre. Quant Ă  la circulaire de 1989, qui peut oser, aujourd’hui, nier qu’elle ait encouragĂ© la propagation des voiles ? Mme Sandrine Mazetier. Moi ! Mme Sihem Habchi. C’est sans doute par mĂ©connaissance de la situation sur le terrain, Madame. Êtes-vous opposĂ©e Ă  ce que le principe de la laĂŻcitĂ© ait Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ© en 2004 ? Mme Sandrine Mazetier. Non ! Mme Sihem Habchi. Que voulez-vous alors ? Que nous disparaissions ? Le problĂšme est que nous sommes Françaises. En tant que citoyenne française, j’ai les moyens, tant que les conditions d’égalitĂ© ne sont pas rĂ©unies, de me battre. C’est cela le combat permanent. C’est cela la RĂ©publique. J’affirme donc ouvertement que la circulaire de 1989, mĂȘme si on peut lui trouver des explications, des justifications, a Ă©tĂ© une erreur fondamentale qui a ouvert une brĂšche aux islamistes. Il faut avoir le courage de le dire pour pouvoir rectifier le tir. La mission sur la burqa est-elle une stigmatisation de l’islam ? Personnellement, je veux simplement donner de la visibilitĂ© Ă  une situation. J’estime que, dans une RĂ©publique, on a le droit de tout dire et de tout montrer. De quoi a-t-on peur ? Oui, je peux faire l’objet de menaces. Mais qu’ont-elles de commun avec celles qui pĂšsent sur la jeune femme au Soudan ou d’autres qui risquent leur vie ? En France, je suis plus en sĂ©curitĂ© qu’au Danemark ou en Grande-Bretagne, par exemple, oĂč je risquerais ma peau. Il y a deux poids, deux mesures dans ce dĂ©bat. Nous demandons simplement d’ĂȘtre traitĂ©es comme des citoyennes Ă  part entiĂšre. Notre RĂ©publique a affrontĂ© des mouvements radicaux politiques intĂ©gristes dans son histoire. Elle doit faire la mĂȘme chose avec les relents d’un fanatisme qui utilise la religion musulmane mais qui, pour moi, n’a rien Ă  voir avec elle. Je demande Ă  la RĂ©publique de me protĂ©ger et de protĂ©ger mes enfants. Ces derniers vont grandir entre, d’une part, des voiles et des burqas et, d’autre part, une sorte de laxisme appliquĂ© au nom de la libertĂ© individuelle. Ils ne vont rien comprendre. Ma mĂšre portait la mlaya, grand voile noir typique de la rĂ©gion de Constantine, quand elle allait dans la famille mais pas en France. Elle n’est pas venue dans ce pays pour entendre parler de burqa et de niqab. Les valeurs inscrites sur le fronton de l’AssemblĂ©e nationale ne semblent plus incarnĂ©es. Eh bien, s’il faut les incarner, je m’y emploierai car il en va de la survie de nombreuses jeunes filles et jeunes femmes en France et dans le monde entier. MĂȘme si cela dĂ©plaĂźt Ă  certains, j’irai – nous irons – jusqu’au bout. C’est, au-delĂ  du simple droit des femmes, une question de participation Ă  la vie citoyenne de ce pays. Je le rĂ©pĂšte, le chemin le plus court pour l’AssemblĂ©e nationale n’est ni le voile, ni la burqa. Quand on me tend un voile aujourd’hui, je me demande quelle combine se cache derriĂšre. La participation des jeunes issus de l’immigration va compter dans la situation politique de la France. Si l’on veut sacrifier la gĂ©nĂ©ration prĂ©sente et la maintenir dans la victimisation, la relĂ©gation et le ghetto, il faut continuer dans la voie suivie jusqu’à prĂ©sent et accepter la burqa et tout ce qui l’accompagne. En revanche, si l’on veut s’atteler Ă  trouver de nouveaux moyens de participation, il faut clairement lancer un autre message. Je ne m’étendrai pas sur les propos de M. Sabeg. Il est, depuis le dĂ©but, le dĂ©fenseur du communautarisme Ă  l’anglo-saxonne. Il a Ă©tĂ© trĂšs clair sur le sujet. Je considĂšre, personnellement, qu’il commet une grave erreur. Je ne partage absolument pas son avis. Le tĂ©moignage que j’ai citĂ© montre comment se produit une descente aux enfers. Il est fondamental de crĂ©er les conditions d’émancipation pour toutes les femmes, pour tous les individus. Nous devons avoir un dĂ©bat Ă  ce sujet et le trancher, soit par la publication d’arrĂȘtĂ©s municipaux permettant au Conseil d’État de se prononcer, soit par le vote d’une loi. En tout cas, je vous encourage Ă  agir. Il est nĂ©cessaire de se pencher sur la condition des femmes car toutes n’ont pas les mĂȘmes possibilitĂ©s d’émancipation. C’est cela le fond de l’affaire et la paritĂ© ne nous a pas aidĂ©es. Seule l’éducation peut nous permettre d’en sortir quand on constate un recul par rapport au corps, Ă  la mixitĂ©, Ă  la sexualitĂ©, Ă  l’avortement, non seulement pour les jeunes filles musulmanes, mais Ă©galement pour toutes les jeunes filles françaises. Mme Françoise Hostalier. Je vous remercie, Mme Habchi, d’avoir rappelĂ© la spĂ©cificitĂ© de la France par rapport aux droits de l’homme. Je livrerai Ă  ce sujet un tĂ©moignage personnel. Je me trouvais en AlgĂ©rie le jour du massacre de Bentalha en 1997. Le message des femmes algĂ©riennes Ă©tait alors PlutĂŽt mourir debout que vivre Ă  genoux. » Je considĂšre que nous avons une responsabilitĂ© par rapport Ă  ces femmes, Ă  leur histoire ainsi qu’à toutes les autres femmes. Vous avez insistĂ©, Madame Habchi, sur le fait que le voile n’est que la partie visible de l’iceberg – ce dernier reprĂ©sentant la condition des femmes dans l’islamisme intĂ©griste, qui n’a rien Ă  voir avec la religion musulmane en tant que telle. Une loi sur le voile intĂ©gral ne risque-t-elle pas de faire figure de circulaire bis de la loi sur le voile, le tissu incriminĂ© ayant simplement changĂ© de longueur ? Comment dĂ©passer cette problĂ©matique ? Je reviens de Copenhague oĂč ont eu lieu des dĂ©bats sur cette question au niveau europĂ©en. Plusieurs pays sont en train d’essayer de rĂ©soudre le problĂšme en interdisant aux gens de cacher leur identitĂ© en dehors des jours de carnaval. Est-ce la solution ? Ne faut-il pas profiter de votre tĂ©moignage et des rĂ©seaux que vous pouvez avoir dans d’autres pays europĂ©ens pour trouver une voie commune ne se limitant pas Ă  la simple rĂ©solution du problĂšme du port du masque Ă  l’échelon de l’Europe ? M. Yves Albarello. Comment peut-on diffĂ©rencier les prisonniĂšres du voile de pratiquantes volontaires et indĂ©pendantes ? Dans plusieurs territoires outre-mer, comme Ă  Mayotte, la religion dominante est l’islam. Comment peut-on intĂ©grer les Français d’outre-mer Ă  nos traditions tout en respectant les leurs ? Mme BĂ©rengĂšre Poletti. Je vous fĂ©licite, Madame Habchi, pour votre courage et la clartĂ© de vos propos, auxquels j’adhĂšre Ă  cent pour cent. Je souhaite que nos travaux aboutissent Ă  une lĂ©gislation trĂšs claire sur le sujet. Je salue votre courage car j’imagine que vous devez subir au centuple le genre de menace qui m’a Ă©tĂ© adressĂ© la semaine derniĂšre. Un jeune musulman que je connais depuis longtemps et avec lequel j’ai travaillĂ© un peu pendant les derniĂšres Ă©lections est venu me voir dans ma permanence. M’informant qu’il faisait partie d’un rĂ©seau – il n’a pas employĂ© le mot d’intĂ©griste mais j’ai bien compris qu’il l’était – et que sa femme portait le voile intĂ©gral, il m’a expliquĂ© que, si les travaux de notre mission aboutissaient au vote d’une loi, il s’en suivrait probablement des attentats causant des morts, ce qu’il a estimĂ© dommage pour seulement quelque 367 femmes voilĂ©es ! AprĂšs m’ĂȘtre insurgĂ©e contre la publication de ce chiffre et sur la polĂ©mique qu’il a suscitĂ©e, je lui ai rĂ©pondu que, mĂȘme s’il n’y avait que cinq ou dix femmes concernĂ©es, c’était une question de principe. Avez-vous entendu de telles menaces ? En tant que prĂ©sidente d’association et surtout en tant que musulmane, quels conseils pouvez-vous nous donner pour amener vers nous la communautĂ© musulmane afin de ne pas donner l’impression de stigmatiser l’islam ? M. Jean Glavany. Je pense, Monsieur le prĂ©sident, que nous aurons besoin de faire le point avec des juristes. Quand j’entends dire que le Conseil d’État a abandonnĂ© le principe de laĂŻcitĂ© en 1989 et l’a rĂ©tabli en 2004, je suis un peu surpris parce que cette juridiction s’est appuyĂ©e sur la mĂȘme jurisprudence dans les deux cas. Nous aurons besoin d’avoir un Ă©tat des lieux prĂ©cis du droit dans la confrontation entre les libertĂ©s individuelles et l’ordre public, surtout aprĂšs l’annonce par M. Jean-François CopĂ©, avant mĂȘme la crĂ©ation de la mission, que celle-ci se solderait par une loi interdisant la burqa, ce qui n’est pas de nature Ă  faciliter nos travaux. Il serait notamment intĂ©ressant d’entendre les juristes qui ont travaillĂ© sur le port de cagoules dans les manifestations, qui pose le mĂȘme problĂšme d’enfermement et d’interposition d’un mur entre l’individu et la sociĂ©tĂ©. Un Ă©clairage juridique sur ces questions nous Ă©pargnera bien des mĂ©saventures. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Des auditions de juristes sont prĂ©vues dans le courant du mois d’octobre. Mme Sihem Habchi. La France n’est pas le seul pays confrontĂ© au problĂšme du port de la burqa. Au QuĂ©bec, la commission Bouchard-Taylor a procĂ©dĂ© Ă  une vaste concertation – mĂ©diatisĂ©e – qui a mis en Ă©vidence les difficultĂ©s existant dans la gestion des conflits entre diffĂ©rentes communautĂ©s. Face Ă  diverses revendications, notamment des tribunaux islamiques prĂ©sents en Ontario, le QuĂ©bec a voulu se construire un arsenal juridique qu’il n’avait pas. Un dĂ©bat est possible en France et celui-ci est fondamental. MĂȘme si je suis menacĂ©e et mĂȘme si je prends des risques, un tel dĂ©bat est beaucoup plus apaisĂ© en France qu’au Pays-Bas, oĂč j’aurais dĂ©jĂ  pris un coup de couteau, ou qu’au Danemark, oĂč l’on aurait dĂ©jĂ  menacĂ© ma famille, sans parler de l’Angleterre. Il ne faut pas avoir peur, pour la bonne raison qu’on est dĂ©jĂ  allĂ© trop loin. Regardons ce qui se passe dans les autres pays europĂ©ens. À quoi a abouti le laxisme de l’Angleterre qui a voulu jouer le jeu du communautarisme jusqu’au bout ? À ce que des enfants anglais se fassent sauter dans des autobus au nom de l’islam ! Face Ă  ce constat, que faisons-nous ? Ce dont il est question aujourd’hui, ce sont de jeunes Français et de jeunes Françaises qui ont le droit Ă  la libertĂ©, Ă  l’émancipation et Ă  participer Ă  la vie politique de ce pays. VoilĂ  le fond du dossier. Le communautarisme en Angleterre s’est accompagnĂ© d’une cĂ©sure. En Allemagne, la nationalitĂ© n’a Ă©tĂ© accordĂ©e aux jeunes turcs et kurdes qu’en 2000, laissant se propager jusqu’à cette date la vision communautaire et les crimes dits d’honneur. Notre association peut analyser la situation sous diffĂ©rents angles et selon divers modĂšles de sociĂ©tĂ© car elle a des comitĂ©s partout en Europe. L’Espagne et l’Italie sont moins bien Ă©quipĂ©es que la France parce que ces pays dĂ©couvrent ces problĂšmes. Il y a trois ans, l’Italie prĂ©voyait d’ouvrir des espaces spĂ©ciaux dans les hĂŽpitaux pour pouvoir pratiquer l’excision correctement. Le dĂ©bat aujourd’hui est heureusement europĂ©en et il existe une collaboration entre les associations. Notre combat peut ĂȘtre un challenge. Ne nous enfermez pas. Nous pouvons ĂȘtre des porte-drapeaux, non pas pour renforcer un quelconque cĂŽtĂ© cocorico », mais pour promouvoir des valeurs de progrĂšs qui sont nĂ©cessaires aujourd’hui et qu’on ne peut pas bazarder au nom d’une prĂ©tendue vision idĂ©ologique. Nous travaillons au ras des pĂąquerettes ». Il faut crĂ©er et ouvrir de nouvelles perspectives. Pour ce faire, il est grand temps de rĂ©affirmer clairement une sĂ©rie de principes. Je ne connais pas la situation Ă  Mayotte. Je pars ce week-end Ă  la RĂ©union participer Ă  des rencontres sur les violences faites aux femmes et organiser toute une sĂ©rie de dĂ©bats. Le problĂšme se pose autrement outre-mer mais, comme en mĂ©tropole, on ne peut pas l’aborder sans parler de la ghettoĂŻsation, de l’exclusion sociale ni, surtout, du droit des femmes. Le point juridique que vous appelez de vos vƓux, Monsieur Glavany, doit porter sur le droit des femmes autant que sur les libertĂ©s individuelles et l’ordre public. Il peut ĂȘtre intĂ©ressant de faire un lien avec le port de cagoules. Mais, dans le cas du voile, c’est le droit des femmes qui est atteint elles n’ont pas besoin de se cacher. Je me suis toujours interrogĂ©e sur ce que les femmes pouvaient avoir de honteux. Je demandais des explications Ă  ma mĂšre et Ă©tais trĂšs renfermĂ©e sur moi-mĂȘme car je ne comprenais pas l’injustice qui frappait les femmes. Il faut chasser l’orgueil masculin, l’orgueil du mĂąle » dont parlait Jules Ferry dans son Discours sur l’égalitĂ© de l’éducation. L’alternative devant laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est trĂšs claire c’est la dĂ©mocratie ou la mort. Nous avons atteint un point de non-retour en ce qui concerne la condition des femmes, et, pour moi, le seul pays qui pourra montrer qu’il est possible de dĂ©battre sans s’entre-tuer, de gĂ©rer les conflits dans un espace – laĂŻc et d’interaction sociale – sans arracher les voiles ni brĂ»ler des mosquĂ©es, comme aux Pays-Bas, et de trouver la solution qui permettra de faire avancer les valeurs de progrĂšs auxquelles nous sommes tant attachĂ©s, c’est la France. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous vous remercions, Madame Habchi. * * * Audition de Mme Élisabeth Badinter, philosophe M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Nous avons le plaisir de recevoir Mme Élisabeth Badinter, Ă©crivain et philosophe, que je remercie de sa prĂ©sence parmi nous. Vous avez, Madame, contribuĂ© de maniĂšre originale au dĂ©bat sur la condition des femmes et le fĂ©minisme. Vous vous ĂȘtes aussi signalĂ©e par la vigueur de vos propos dans un article relatif au port du voile intĂ©gral paru en juillet dernier dans le Nouvel Observateur. Vous adressant directement aux femmes qui en revendiquent et en justifient le port, vous leur reprochiez, en effet, d’utiliser les libertĂ©s dĂ©mocratiques pour les retourner contre la dĂ©mocratie, un argument qui ne pouvait qu’appeler notre attention. Avant de vous donner la parole, je tiens Ă  souligner avec la plus grande nettetĂ© que, contrairement Ă  ce que laissent entendre ceux qui souhaitent discrĂ©diter nos travaux en les disant inutiles ou en prĂ©tendant que tout est dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ©, l’éventuelle interdiction par la loi du port du voile intĂ©gral n’est pas l’objet a priori de notre mission d’information, qui, reprĂ©sentative de l’ensemble des composantes politiques de notre assemblĂ©e, a une approche toute rĂ©publicaine de ce dĂ©bat. Mme Élisabeth Badinter. Je commencerai par rappeler un souvenir qui nous est sans doute commun le choc ressenti la premiĂšre fois que nous avons vu Ă  la tĂ©lĂ©vision, il y a Ă  peine dix ans, les femmes fantĂŽmes d’Afghanistan. L’image de ces femmes enfermĂ©es dans leur burqa, un mot qui nous Ă©tait Ă  l’époque inconnu, est Ă  tout jamais liĂ©e aux talibans, Ă  la lapidation, Ă  l’interdiction de l’école pour les fillettes, en bref Ă  la pire condition fĂ©minine du globe – et, en ce domaine, la concurrence est fĂ©roce. Je n’aurais pas Ă©tĂ© plus choquĂ©e si j’avais vu des hommes promener leur femme en laisse. Qui pouvait penser alors que des femmes oseraient revendiquer de se promener dans cette tenue dans les villes françaises ou que des hommes pourraient contraindre des femmes Ă  la porter ? Franchement, personne. Qui pouvait penser alors que nous serions rĂ©unis aujourd’hui en nous demandant que faire ? Quel que soit le nombre de femmes – 300 ou 3 000 – qui dissimulent leur visage en France, force est de constater qu’il n’y en avait pas une seule il y a quelques annĂ©es, et le nombre ne fait rien Ă  l’affaire. N’y en aurait-il qu’une qu’il faudrait se poser la question des principes ainsi remis en cause. Or, il s’agit prĂ©cisĂ©ment des idĂ©aux du triptyque rĂ©publicain le port du voile intĂ©gral piĂ©tine littĂ©ralement les principes de libertĂ©, d’égalitĂ© et de fraternitĂ©. Je ne m’appesantirai pas sur le principe bafouĂ© de l’égalitĂ© des sexes, Ă©voquĂ© de nombreuses fois en tous lieux. À mes yeux, il n’est pas nĂ©gociable, mais j’observe qu’il existe de l’égalitĂ© des sexes deux apprĂ©hensions opposĂ©es. L’une, la nĂŽtre, celle des dĂ©mocraties, est celle que l’on retrouve dans la DĂ©claration universelle des droits de l’homme et que l’on peut rĂ©sumer en quatre mots mĂȘmes droits, mĂȘmes devoirs. Ici, la notion abstraite d’humanitĂ© l’emporte sur les diffĂ©rences biologiques, notamment sur la diffĂ©rence sexuelle. Puis il y a l’autre, celle des obscurantistes, celle aussi dont ont usĂ© certains dĂ©mocrates sincĂšres, les naturalistes. Pour eux, droits et devoirs diffĂšrent selon les sexes ; les sexes sont Ă©gaux dans leurs diffĂ©rences. C’est le modĂšle de la complĂ©mentaritĂ© des sexes, oĂč l’un est ce que l’autre n’est pas. L’idĂ©e fĂ©dĂ©ratrice d’une humanitĂ© commune, d’une citoyennetĂ© abstraite, n’a plus cours. Nos droits et nos devoirs sont diffĂ©rents, mais ils seraient Ă©quivalents. C’est une conception que j’ai toujours combattue, y compris quand c’était Ă  l’avantage des femmes, par exemple lors du dĂ©bat sur la paritĂ©. S’agissant du principe de libertĂ© auquel font appel certaines femmes qui portent le voile intĂ©gral, je souligne qu’à cĂŽtĂ© des revendicatrices » qui s’expriment volontiers dans les mĂ©dias, il y a toutes les autres, les soumises, les bĂąillonnĂ©es, celles que l’on ne pourra jamais entendre et en tout cas jamais entendre se plaindre. Autant dire que, dĂ©jĂ , les dĂ©s sont pipĂ©s comme seules les premiĂšres s’expriment, on oublie les autres, on fait comme si elles n’existaient pas. J’ai mĂȘme entendu dire au cours d’un dĂ©bat que s’il en existe, de ces femmes opprimĂ©es, elles n’ont qu’à s’adresser aux services sociaux ». La belle blague ! Comme si elles pouvaient effectivement aller se plaindre aux services sociaux – qui, d’ailleurs, n’en pourraient mais ! N’y aurait-il que trĂšs peu de femmes contraintes par leurs proches ou par des religieux radicaux qu’il faudrait leur porter secours. C’est Ă  elles qu’il faut penser, et qu’il faut donner les moyens lĂ©gaux de se libĂ©rer. Venons-en aux revendicatrices », qui en appellent Ă  deux de nos libertĂ©s dĂ©mocratiques la libertĂ© de se vĂȘtir comme on le souhaite et la libertĂ© de conscience. Personne ne songe Ă  les empĂȘcher de mettre les vĂȘtements qu’elles veulent oĂč elles veulent. Mais le visage n’est pas le corps et il n’y a pas, dans la civilisation occidentale, de vĂȘtement du visage. Par ailleurs, la libertĂ© qu’elles invoquent pour elles est complĂštement bafouĂ©e dans les banlieues pour celles qui sont nos sƓurs, nos filles, et qui veulent vivre comme tout le monde. Vous le savez fort bien, de trop nombreuses jeunes filles sont interdites, en France, de robe et de jupe. Que fait-on pour elles ? Que fait-on pour que soit respectĂ©e, pour ce qui les concerne, la libertĂ© de se vĂȘtir comme elles l’entendent ? Ces jeunes filles sont dĂ©jĂ  soumises Ă  de multiples pressions de la part de leur environnement familial et social visant Ă  ce qu’elles cachent leur corps sous des survĂȘtements informes, sous peine d’ĂȘtre traitĂ©es de putes » et pour Ă©viter des agressions physiques. MĂȘme si, Ă  mes yeux, il y a une diffĂ©rence entre voile, niqab et burqa, comment ne pas comprendre que la multiplication du nombre de jeunes filles qui portent le voile a un impact croissant sur celles qui ne veulent pas le porter, et pour lesquelles le refus devient de plus en plus difficile ? Je me suis trouvĂ©e un jour avec Sihem Habchi, que vous venez d’entendre, au collĂšge Françoise-Dolto, Ă  Paris, lĂ  oĂč avait Ă©tĂ© tournĂ© le film Entre les murs, pour y engager un dialogue avec les collĂ©giens, aprĂšs que le film La journĂ©e de la jupe leur eut Ă©tĂ© projetĂ©. Une poignĂ©e seulement des collĂ©giennes prĂ©sentes portait une jupe. Alors que, me tournant vers l’une des autres, d’origine maghrĂ©bine, je lui faisais valoir qu’elle pourrait en faire autant, j’ai entendu une rĂ©ponse qui m’a Ă©pouvantĂ©e Les Françaises le peuvent, mais pas les Arabes ». Assis Ă  ses cĂŽtĂ©s, un adolescent ĂągĂ© sans doute de 14 ans a ajoutĂ© Chez nous, on met le voile, pas la jupe »  Si, donc, on laisse le voile intĂ©gral se banaliser, il deviendra peu Ă  peu, inĂ©vitablement, l’uniforme de la suprĂȘme puretĂ© que l’on rĂ©clamera des jeunes filles et, Ă  son tour, il gagnera progressivement des adeptes au sein des milieux les plus traditionnels oĂč, Ă©videmment, les jeunes filles ignorent leurs droits. Pour dire les choses brutalement, on prend la voie du la burqa, c’est mieux que le voile » – et alors il sera toujours plus difficile aux jeunes filles concernĂ©es de dire non » au voile et de lui prĂ©fĂ©rer la jupe. Or, si nous avons une libertĂ© de se vĂȘtir Ă  dĂ©fendre, c’est celle-lĂ . Au passage, Ă  ceux qui disent que c’est Ă  la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laĂŻcitĂ©, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es publics » que l’on devrait la dĂ©multiplication des femmes voilĂ©es dans l’espace public, je leur dis qu’ils se trompent. Dans tous les États d’Europe on observe l’augmentation massive du port du voile alors mĂȘme que ces pays ignorent la loi de 2004 et, dans les pays du Maghreb, on est frappĂ© de voir chaque annĂ©e des femmes voilĂ©es en nombre toujours plus grand – et de plus en plus rigoureusement voilĂ©es. Les femmes sont instrumentalisĂ©es pour ĂȘtre l’étendard bien visible de l’offensive intĂ©griste, des intĂ©gristes en tous points hostiles aux principes dĂ©mocratiques de l’Occident et en particulier Ă  l’égalitĂ© des sexes. Face Ă  cela, devons-vous dĂ©tourner le regard, mettre un mouchoir sur les principes chĂšrement acquis qui fondent notre vivre ensemble » ? Je rappellerai ensuite que, contrairement Ă  ce qui se passe dans les pays anglo-saxons, la libertĂ© de conscience et d’expression n’est pas complĂšte en France. Nous combattons les idĂ©ologies destructrices que sont, par exemple, le nazisme, le racisme, l’antisĂ©mitisme. Nous combattons toutes les idĂ©ologies qui portent atteinte Ă  la dignitĂ© humaine. Nous luttons contre les sectes qui, elles aussi, en appellent Ă  la libertĂ© de conscience, car nous considĂ©rons prĂ©cisĂ©ment qu’elles embrigadent les esprits, lesquels en perdent leur libertĂ© de penser. D’ailleurs, tous ceux qui parviennent Ă  s’arracher aux griffes des sectes reconnaissent ensuite qu’en leur sein ils n’avaient plus de volontĂ© propre. Or, le port du voile intĂ©gral est l’étendard des salafistes, considĂ©rĂ©s comme une secte offensive par la plupart des musulmans. Pourquoi ferions-nous une exception pour cette secte-lĂ , qui prĂŽne une servitude volontaire conduisant Ă  une sorte d’auto-mutilation civile par invisibilitĂ© sociale ? On aurait tort de comparer les femmes revĂȘtues du voile intĂ©gral aux nonnes cloĂźtrĂ©es d’antan, car si ces religieuses Ă©taient recluses et invisibles aux autres, les femmes dont nous parlons aujourd’hui sont souvent mariĂ©es, parfois mĂšres de famille, et elles entendent s’imposer dans l’espace public sans identitĂ©, sans corps, sans peau, bref en ayant pris soin d’effacer tous les signes de l’humanitĂ©. Je tiens enfin Ă  souligner combien le port du voile intĂ©gral est contraire au principe de fraternitĂ© – ce principe fondamental auquel on a si peu souvent l’occasion de se rĂ©fĂ©rer – et, au-delĂ , au principe de civilitĂ©, du rapport Ă  l’autre. Porter le voile intĂ©gral, c’est refuser absolument d’entrer en contact avec autrui ou, plus exactement, refuser la rĂ©ciprocitĂ© la femme ainsi vĂȘtue s’arroge le droit de me voir mais me refuse le droit de la voir. Outre la violence symbolique de cette non rĂ©ciprocitĂ©, je ne peux m’empĂȘcher d’y voir l’expression d’une contradiction pathologique d’une part, on refuse de montrer son visage au prĂ©texte que l’on ne veut pas ĂȘtre l’objet de regards impurs – incidemment, c’est avoir une singuliĂšre vision des hommes que de penser que tout homme regardant une femme ne pense qu’à la violer –, d’autre part, on se livre Ă  une vĂ©ritable exhibition de soi, tout le monde fixant cet objet non identifiĂ©. En suscitant ainsi la curiositĂ©, on attire des regards que l’on n’attirait peut-ĂȘtre pas quand on allait Ă  visage dĂ©couvert – bref, on devient un objet de fantasme. Dans cette possibilitĂ© d’ĂȘtre regardĂ©e sans ĂȘtre vue et de regarder l’autre sans qu’il puisse vous voir, je perçois la satisfaction d’une triple jouissance perverse la jouissance de la toute-puissance sur l’autre, la jouissance de l’exhibitionnisme et la jouissance du voyeurisme. Aussi, quand j’entends certaines femmes expliquer qu’ainsi vĂȘtues elles se sentent mieux et qu’elles se sentent protĂ©gĂ©es – mais de quoi ? –, je veux bien les croire, mais je pense qu’il s’agit de femmes trĂšs malades et je ne crois pas que nous ayons Ă  nous dĂ©terminer en fonction de leur pathologie. En conclusion, il nous faut choisir entre deux libertĂ©s invoquĂ©es doit-on respecter la libertĂ© de se couvrir le visage en considĂ©rant que le voile intĂ©gral est un vĂȘtement comme un autre, ou devons-nous au contraire protĂ©ger la libertĂ© des plus faibles, celles qui n’ont pas le droit Ă  la parole et qui, de facto, n’ont dĂ©jĂ  plus le droit de se vĂȘtir comme elles l’entendent ? Pour ma part, je ne vois pas dans le voile intĂ©gral un vĂȘtement comme un autre et je considĂšre que son port marque une rupture du pacte social, un refus d’intĂ©gration et un refus du dialogue et de la dĂ©mocratie. Enfin, si l’on ne fait rien, on abandonnera Ă  leur sort toutes celles qui ne rĂȘvent que de vivre comme tout le monde mais qui sont de plus en plus pressĂ©es de se soumettre au pouvoir religieux ou, pire encore, aux traditions. Nous avons toujours trop attendu pour lutter contre des pratiques traditionnelles insupportables, telles la polygamie ou l’excision. Nous devons rompre avec cette attitude relativiste, paresseuse et bien-pensante selon laquelle toutes les traditions sont respectables, alors qu’elles ne sont pas toutes respectables. Comme Descartes, mon maĂźtre, je suis profondĂ©ment convaincue que nous devons nous plier aux us et coutumes du pays dans lequel nous vivons. On peut certes les faire Ă©voluer, mais cela doit ĂȘtre collectivement et dans le respect du triptyque rĂ©publicain. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Je vous remercie, Madame, pour ces propos percutants, par lesquels vous avez mis en lumiĂšre un dĂ©fi de civilisation et d’humanitĂ©. M. Jean Glavany. Je m’associe Ă  ces remerciements. J’ai Ă©tĂ© particuliĂšrement frappĂ© par la partie de votre exposĂ© traitant du visage, de la visibilitĂ© et de la non-rĂ©ciprocitĂ© et je souhaite que notre mission se penche assidĂ»ment sur ces questions qui ont, outre leur contenu philosophique, des aspects sociaux et juridiques. J’ai Ă©tĂ© tout aussi intĂ©ressĂ© par l’insistance avec laquelle vous appelez Ă  combattre ouvertement l’idĂ©ologie talibane, comme nous luttons ouvertement contre les autres idĂ©ologies qui nient la dignitĂ© humaine. À cet Ă©gard, il serait particuliĂšrement utile que notre prĂ©sident fasse diffuser aux membres de la mission les documents distribuĂ©s par les talibans aprĂšs leur arrivĂ©e au pouvoir en Afghanistan, dans lesquels ils indiquaient quels seraient dĂ©sormais les droits et les devoirs des femmes. La lecture de ces Ă©crits Ă©difiants justifie Ă  elle seule l’obligation de combattre ouvertement cette idĂ©ologie, comme vous nous y avez incitĂ©s. M. Lionnel Luca. Vous considĂ©rez donc, Madame, que le voile intĂ©gral n’est pas un vĂȘtement. C’est un point de vue d’un intĂ©rĂȘt tout particulier au moment oĂč le commissaire Ă  la diversitĂ© et Ă  l'Ă©galitĂ© des chances s’autorise Ă  dire que notre mission serait sans utilitĂ© et propre Ă  semer la confusion, au motif que chacun a le droit de se vĂȘtir comme il l’entend. J’ai aussi retenu de vos propos l’arrogance profondĂ©ment inĂ©galitaire qu’il y a Ă  se donner le droit de voir sans ĂȘtre vue. Ces questions nous ramĂšnent Ă  la premiĂšre des auditions que nous avons tenues, au cours de laquelle il nous a Ă©tĂ© dit que le Coran ne prescrit pas le port du voile intĂ©gral et qu’il s’agit d’une tradition pachtoune antĂ©rieure Ă  l’islam. Quant au niqab, c’est, nous a-t-on expliquĂ©, une invention des salafistes, d’une secte donc, comme vous l’avez justement relevĂ©, qui prĂ©tend en revenir aux sources de l’islam, dans une version intĂ©griste. Pourriez-vous prĂ©ciser ce que vous entendez quand vous dites Ă  ce sujet que le port du voile intĂ©gral est l’étendard des salafistes ? » M. Jacques Myard. On imagine effectivement mal Jeanne Hachette conduire des guerriers revĂȘtue d’un voile intĂ©gral. Le problĂšme est que nous parlons de deux civilisations qui n’ont pas le mĂȘme rapport au corps. Alors que la statuaire grĂ©co-romaine Ă©grĂšne une sĂ©rie de nus, hommes et femmes, dans l’autre optique on cache le corps, quel qu’il soit. Pourriez-vous nous dire quelles consĂ©quences cela emporte en matiĂšre d’égalitĂ© des sexes ? M. Christian Bataille. Je vous remercie, Madame, d’avoir brillamment dĂ©fini ce qu’est le voile intĂ©gral et soulignĂ© qu’il ne s’agit pas d’un vĂȘtement comme un autre, contrairement Ă  ce qu’avancent certains en insistant sur le fait qu’aprĂšs tout chacun est libre de se vĂȘtir comme il l’entend. Vous avez dĂ©montrĂ© que la burqa porte des valeurs contraires Ă  celles qui fondent notre rĂ©publique, hĂ©ritiĂšre des LumiĂšres. Mais vous n’avez rien dit du libĂ©ralisme civique ». Pourtant, le problĂšme se pose, et Mme Sihem Habchi, que nous avons entendue ce matin, a stigmatisĂ© devant nous le laisser-faire des autoritĂ©s britanniques qui ont laissĂ© se dĂ©velopper le port du voile intĂ©gral. Face Ă  l’agression que les extrĂ©mistes salafistes vont faire subir Ă  nos sociĂ©tĂ©s, cette approche n’est-elle pas dĂ©passĂ©e ? Mme Élisabeth Badinter. N’étant pas une spĂ©cialiste de l’islam, je n’ai pas qualitĂ© pour traiter rigoureusement de ses rapports avec le salafisme. Ce que j’en ai dit correspond Ă  ce que j’ai entendu en dire M. Boubakeur et d’autres hautes autoritĂ©s religieuses musulmanes, Ă  savoir que le port de la burqa n’est pas un commandement religieux mais une tradition et qu’un travail pĂ©dagogique s’impose pour le faire savoir. J’ai d’ailleurs fondĂ© un grand espoir sur ces dĂ©clarations, considĂ©rant que si les autoritĂ©s religieuses musulmanes les plus qualifiĂ©es prenaient les choses en mains, tout allait s’arranger. J’ignore oĂč elles en sont exactement, mais j’ai le sentiment que les choses sont difficiles et que, dans le mĂȘme temps, de nombreux blogs d’ici et d’ailleurs s’attachent Ă  enraciner l’idĂ©e que l’on serait en train de stigmatiser la communautĂ© musulmane. S’agissant du rapport au corps, les conceptions sont en effet diffĂ©rentes mais nous n’avons pas Ă  nous laisser imposer une conception qui n’est pas la nĂŽtre. Or aujourd’hui dĂ©jĂ , en France, des jeunes filles n’ont plus vraiment la libertĂ© de se vĂȘtir comme elles le veulent et, peu Ă  peu, toutes leurs libertĂ©s sont grignotĂ©es les unes aprĂšs les autres elles doivent se cacher pour aller consulter au Planning familial ; prendre la pilule leur est pratiquement impossible sauf Ă  cacher la plaquette dans l’escalier
 Si, maintenant, nous acceptons de revenir sur nos principes parce qu’il s’agit d’un vĂȘtement ou parce que l’on feint de croire qu’il s’agit d’une libertĂ© religieuse ou parce que l’on est trĂšs relativiste et que l’on considĂšre que toutes les traditions sont respectables, si, donc, nous cĂ©dons sur ce point, c’en est fini, car, d’une certaine façon, la libertĂ© d’habillement proclame en creux la libertĂ© des droits le droit Ă  une sexualitĂ© libre, le droit de ne pas ĂȘtre vierge quand on arrive au mariage et de n’avoir de comptes Ă  rendre Ă  personne
 Toute une sĂ©rie de droits est attachĂ©e Ă  la libertĂ© du corps, et je ne vois pas au nom de quoi des traditions de l’Est devraient s’imposer Ă  l’Ouest. D’autre part, Ă  supposer que j’aille en Arabie saoudite, je serais obligĂ©e de mettre un voile – ce pourquoi je n’irai jamais. Mais si je m’y rendais, je me conformerais naturellement, aux coutumes de l’islam radical des wahhabites – c’est la moindre des politesses. Le libĂ©ralisme compris comme un droit infini Ă  la libertĂ© d’expression, tel qu’il existe en Angleterre ou aux États-Unis, oĂč l’on peut dĂ©filer en arborant des insignes nazis, et bien non, ne vaut pas en France mĂȘme si je suis de celles et de ceux qui n’aiment pas que l’on Ă©touffe la libertĂ© d’expression – ce qui m’a poussĂ©e Ă  signer la pĂ©tition LibertĂ© pour l'Histoire », lancĂ©e par Pierre Nora – et mĂȘme si je pense que l’on doit pouvoir dire des choses y compris lorsqu’elles ne sont pas politiquement correctes. Cela Ă©tant, contrairement Ă  la France, ni le Royaume-Uni ni les États-Unis n’ont Ă©tĂ© occupĂ©s. Notre histoire est diffĂ©rente et je considĂšre que l’on doit poser des limites – les plus larges possibles – Ă  la libertĂ© d’expression, pour Ă©viter que les esprits les moins critiques ne succombent Ă  des idĂ©ologies indignes. Le plus important est de faire ce que nous pouvons pour ne pas laisser se rĂ©pandre des poisons terribles. Or, il faut ĂȘtre sourd et aveugle pour ne pas se rendre compte qu’une offensive est en cours et que l’on veut voir si nous allons cĂ©der. Au risque de vous fĂącher, Monsieur Glavany, car vous Ă©tiez aux affaires Ă  l’époque, je rappellerai qu’à l’automne 1989 paraissait le manifeste Profs, ne capitulons pas, un appel cosignĂ© par cinq intellectuels, dont j’étais. Pourquoi ? Parce que M. Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, avait dĂ©clarĂ© que les chefs d’établissement devaient Ă©tablir un dialogue avec les parents et les jeunes concernĂ©s pour les convaincre de renoncer au port de signes religieux ; mais il ajoutait que si ces discussions Ă©chouaient, les enfants devaient ĂȘtre accueillis dans les Ă©tablissements publics. Il y eut – vous vous en souvenez sans doute – un grand dĂ©bat national Ă  ce sujet. Vingt ans plus tard, j’ai la faiblesse de croire que, si le phĂ©nomĂšne n’est pas exactement le mĂȘme, nous recommençons la mĂȘme chose qu’à l’époque et surtout que si nous avions dit alors fermement Ă  trois jeunes filles manipulĂ©es par des intĂ©gristes nous n’accepterons jamais ça », tout ce serait arrĂȘtĂ©. Je n’aimerais donc pas que les rĂ©actions soient les mĂȘmes qu’il y a deux dĂ©cennies mĂȘme si elles sont louables car motivĂ©es par l’idĂ©e de tolĂ©rance. Mais, parce que nous avons Ă©tĂ© tĂ©tanisĂ©s Ă  l’idĂ©e que nous risquions d’ĂȘtre intolĂ©rants, nous avons alors tolĂ©rĂ© l’intolĂ©rable. Si nous avions fait nĂŽtre la conception anglaise, les jeunes filles seraient entrĂ©es voilĂ©es en masse dans les Ă©tablissements d’enseignement et il n’y aurait quasiment plus aujourd’hui dans les banlieues que des jeunes filles portant des signes religieux. Cela Ă©tant, quinze annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es entre 1989 et 2004 ; nous avons attendu trop longtemps pour adopter une loi mettant les choses au clair Ă  ce sujet. Je ne suis ni juriste ni politique, et mon propos n’est pas de faire une analogie avec une loi relative au port de la burqa. Ce qui me tient Ă  cƓur, c’est que les plus hautes autoritĂ©s politiques rappellent Ă  l’ensemble du peuple français que non, nous ne voulons pas de cela. Mme George Pau-Langevin. L’élĂ©vation de vos propos suscite l’admiration. Vous avez soulignĂ© Ă  juste titre que l’on ne saurait assimiler cette pathologie ou cette idĂ©ologie sectaire Ă  l’islam ; nous en sommes convaincus, et il me paraĂźt que nous devrions axer nos travaux sur la pathologie dans le rapport Ă  autrui que vous avez si bien dĂ©crite. Vous avez Ă©voquĂ© votre visite dans un collĂšge du 20e arrondissement de Paris. À ce sujet, plusieurs questions se posent. Ce qui nous inquiĂšte est de ne pas savoir comment lutter efficacement contre des comportements et une idĂ©ologie sectaires qui se rĂ©pandent parmi des jeunes qui ont grandi en France et qui, comme tels, ont eu accĂšs Ă  l’enseignement des valeurs issues des LumiĂšres. Quand, selon vous, des dysfonctionnements se sont-ils produits dans la transmission des valeurs rĂ©publicaines ? Comment faire pour rectifier le tir et Ă©viter que des jeunes gens ne soient sĂ©duits par une idĂ©ologie rĂ©trograde ? Élue du 20e arrondissement, je ne pense pas que les conceptions des collĂ©giens du collĂšge Françoise-Dolto soient rĂ©ductibles aux phrases que vous avez citĂ©es. Mais ce collĂšge, comme d’autres de l’arrondissement, se sont transformĂ©s en Ă©tablissements d’exclusion. Certaines familles ont dĂ©cidĂ© de scolariser leurs enfants ailleurs et les collĂ©giens qui demeurent entre eux se sentent relĂ©guĂ©s. N’y a-t-il pas quelque chose Ă  faire Ă  ce sujet aussi ? Enfin, quelles sont les diffĂ©rences entre la conception de la pudeur en France au XIXe siĂšcle – Ă©poque Ă  laquelle les femmes sortaient trĂšs couvertes – et les exigences actuelles de l’islam Ă  ce sujet ? M. Pierre Cardo. J’ai beaucoup apprĂ©ciĂ©, Madame Badinter, une bonne partie de vos analyses. Ma conviction est que l’on assiste Ă  un combat contre les valeurs de l’Occident, la mĂ©thode choisie Ă  cette fin Ă©tant d’utiliser l’islam, en en dĂ©formant probablement les principes. Je partage sans rĂ©serve l’apprĂ©ciation que vous portez sur l’inĂ©galitĂ© dans le rapport Ă  autrui induite par le port de la burqa et je pense, comme mes collĂšgues, que lĂ  devra ĂȘtre notre angle d’approche. Pour autant, cette question ne reprĂ©sente que le sommet de l’iceberg. AprĂšs que nous l’aurons rĂ©glĂ©e, si nous y parvenons, quelles autres lignes de conduite devrons-nous adopter pour venir en aide Ă  toutes ces femmes qui, comme vous l’avez soulignĂ©, ne s’expriment pas et qui sont dans l’incapacitĂ© complĂšte de s’adresser aux services sociaux ou Ă  la police ? Au-delĂ  du port du voile intĂ©gral, quel devrait ĂȘtre, selon vous, le rĂŽle du politique ? Comment s’attaquer au problĂšme de fond ? Mme Sandrine Mazetier. AprĂšs avoir, dans votre remarquable exposĂ©, insistĂ© sur l’irrĂ©fragable triptyque rĂ©publicain, vous avez utilement rappelĂ©, Madame, qu’il existe deux conceptions de l’égalitĂ© et que nous ne devons pas transiger. La nĂŽtre, qui institue l’égalitĂ© de traitement entre les hommes et les femmes par indiffĂ©rence aux sexes, doit ĂȘtre prĂ©servĂ©e. L’autre, qui sĂ©pare hommes et femmes en deux ensembles Ă©gaux mais irrĂ©mĂ©diablement diffĂ©rents, si elle est rĂ©cusĂ©e, doit l’ĂȘtre en tous temps et en tous lieux. Vous avez aussi expliquĂ© que la burqa n’a pas de lien particulier avec l’islam. Cela Ă©tant, toutes les religions n’ont-elles pas un problĂšme avec le rapport au corps, en ce siĂšcle encore ? Toutes les religions n’oppriment-elles pas les corps, ne les cachent-elles pas ? Que penser, par exemple, de la vague d’incitation Ă  la prĂ©servation de la virginitĂ© jusqu’au mariage aux États-Unis ? En d’autres termes, le soin mis avec raison Ă  ne pas stigmatiser l’islam n’a-t-il pas pour consĂ©quence une grande bienveillance Ă  l’égard des religions dans leur ensemble, alors que toutes entretiennent de difficiles relations au corps, singuliĂšrement au corps des femmes ? Enfin, le mouvement de retour Ă  la pudeur, Ă  la dĂ©cence, n’est-il pas Ă  mettre en relation, en France, avec le rejet contemporain des idĂ©es de mai 1968, qui Ă©taient aussi celles de la libertĂ© des corps ? Mme Arlette Grosskost. Votre exposĂ©, Madame Badinter, Ă©tait particuliĂšrement intĂ©ressant. La RĂ©publique, c’est la pluralitĂ© et la fraternitĂ©. Mais la RĂ©publique est une et indivisible. Or je crains que la question qui nous occupe ne traduise en rĂ©alitĂ© le fait qu’une identitĂ© musulmane entend s’imposer Ă  l’identitĂ© française. Disant cela, je ne stigmatise pas l’islam mais une interprĂ©tation trĂšs particuliĂšre du droit Ă  la diffĂ©rence qui donnerait le droit Ă  la contrainte. Le vrai problĂšme est lĂ . Comment, alors, aller plus loin ? On parle d’enseigner le fait religieux Ă  l’école, ce qui me semble une excellente chose car cela augmentera la tolĂ©rance, le respect mutuel et la connaissance d’autrui. Mais ne doit-on pas, parallĂšlement, inscrire dans les programmes scolaires le rappel des principes rĂ©publicains et en finir ainsi avec un certain laxisme Ă  cet Ă©gard ? Mme Élisabeth Badinter. La maĂźtrise de leur corps par les femmes implique aussi la libertĂ© de se vĂȘtir – et de se dĂ©vĂȘtir – comme elles l’entendent. C’est en France un acquis rĂ©cent, qui a conduit Ă  jeter momentanĂ©ment par-dessus les moulins l’idĂ©e de pudeur. Je comprends que cela puisse choquer, mais je pense que l’on est prĂšs d’assister Ă  un retour de balancier et Ă  des comportements plus Ă©quilibrĂ©s. Cela Ă©tant, l’argument de la pudeur est incomprĂ©hensible pour ce qui concerne le visage, car point n’est besoin d’ĂȘtre vĂȘtue comme une Afghane ou comme une Saoudienne pour avoir une tenue correcte. Aussi, je ne pense pas qu’il soit bon d’invoquer la pudeur pour justifier le recours au voile intĂ©gral, car on peut ĂȘtre parfaitement pudique sans aller jusque lĂ . S’agissant des orientations politiques souhaitables pour ce qui concerne les femmes qui ne peuvent s’exprimer, le travail Ă  faire est considĂ©rable car les personnes qui vivent en France ou qui souhaitent s’y installer entendent des autoritĂ©s deux discours diffĂ©rents. Je vous donnerai un exemple de cette situation. J’ai une profonde admiration pour la Haute autoritĂ© de lutte contre les discriminations et pour l’égalitĂ© HALDE qui accomplit un travail remarquable, mais j’ai exprimĂ© mon profond dĂ©saccord avec l’un de ses avis. Des femmes Ă©taient arrivĂ©es en France qui portaient une burqa et qui devaient, pour faciliter leur intĂ©gration, suivre des cours de français. Le professeur leur a demandĂ© d’enlever voile et grillage pendant les cours car, pour enseigner une langue, il faut voir les mouvements de la bouche de l’élĂšve. Elles ont refusĂ© de se dĂ©voiler et ont dĂ©posĂ© un recours pour discrimination. Or, si la HALDE a Ă©tĂ© d’avis qu’il fallait enlever le voile pour apprendre le français, elle n’a nulle part mentionnĂ© qu’en France on doit retirer son voile parce que, dans notre pays, l’on montre son visage ! Que des institutions et des associations trĂšs respectables tiennent des discours diffĂ©rents complique beaucoup les choses. Peut-ĂȘtre faudrait-il un dĂ©bat national beaucoup plus large, qui permettrait de dĂ©finir prĂ©cisĂ©ment ce que nous souhaitons. S’il est Ă©tabli publiquement qu’en France certains principes ne sont pas nĂ©gociables, cela sera su par tous ceux qui sont en France et par ceux qui veulent s’y installer. Je me suis entendu dire que refuser aux femmes entiĂšrement voilĂ©es le droit de sortir dans l’espace public, c’est les confiner chez elles. Elles seront alors confinĂ©es chez elles, et c’est tout ! D’ailleurs, elles seront bien obligĂ©es d’en sortir pour aller faire les courses ! Au nom de quoi devrions-nous accepter de piĂ©tiner nos principes pour quelques personnes ? DĂ©jĂ , certaines mairies ont consenti Ă  instaurer des horaires de piscine diffĂ©rents pour les deux sexes, au mĂ©pris de la mixitĂ©. Quand de tels signaux sont donnĂ©s, pourquoi se priverait-on d’essayer de contraindre de nouvelles mairies Ă  accepter ce que d’autres ont dĂ©jĂ  acceptĂ© ? Et c’est ainsi que, de fil en aiguille
 Nous pĂątissons d’une idĂ©ologie venue des pays anglo-saxons et qui se voulait Ă  la pointe de la tolĂ©rance le diffĂ©rentialisme, que j’ai toujours combattu, y compris lorsqu’il s’agissait du fĂ©minisme. Le reliquat de cette idĂ©ologie constitue un obstacle Ă  un discours clair et unifiĂ©. Peut-ĂȘtre faut-il parler Ă  ces gens qui ont une autre conception des libertĂ©s, trĂšs respectable en ce qu’elle traduit un souci de tolĂ©rance et non une volontĂ© d’oppression mais qui empĂȘche la dĂ©finition d’une position commune. Un dĂ©bat national plus vaste est donc nĂ©cessaire entre dĂ©mocrates pour se mettre d’accord sur le minimum commun que nous entendons faire respecter quoi qu’il arrive. Oui, les trois religions monothĂ©istes ont toutes Ă©tĂ© misogynes – ainsi ai-je eu l’occasion de rappeler il y a peu que, dans les annĂ©es 1950, le Vatican Ă©tait terriblement hostile Ă  l’accouchement sans douleur. Orthodoxes juifs, intĂ©gristes musulmans et intĂ©gristes catholiques sont globalement hostiles au corps de la femme, Ă  sa libĂ©ration, Ă  la maĂźtrise de leur corps par les femmes. Pour eux, le corps des femmes appartient aux hommes, car c’est par lĂ  que sont faits leurs fils
 Depuis vingt ans, toutes les religions se durcissent et l’on assiste, pour des raisons identitaires, Ă  un mouvement gĂ©nĂ©ral vers l’orthodoxie au mieux, l’intĂ©grisme au pire. Or la libertĂ© des femmes passe Ă©videmment d’abord par la maĂźtrise de leur corps, et les religieux n’aiment pas cela. Il est tout Ă  fait souhaitable que l’école enseigne nos valeurs. Mais, vous le savez, ce n’est plus possible dans certaines Ă©coles. Dans celles-lĂ  mĂȘmes oĂč il est indispensable de transmettre les principes essentiels du vivre ensemble et de la plus grande tolĂ©rance rĂ©ciproque, il est dĂ©jĂ  trĂšs difficile sinon impossible aux professeurs de se faire entendre quand ils Ă©voquent ces thĂšmes. Des collĂšgues enseignant dans certaines banlieues m’ont dit qu’ils ne peuvent plus enseigner ce que fut la Shoah car on ne les croit pas ; on prĂ©tend devant eux que c’est de la blague ! Je vous parais sans doute un peu dĂ©couragĂ©e, mais cela ne signifie pas qu’il faut baisser les bras, et plus nous serons nombreux mieux ce sera. J’observe d’ailleurs que, depuis que vous avez eu l’idĂ©e formidable et saluĂ©e par tous de constituer cette mission d’information, les gens rĂ©flĂ©chissent Ă  la question, et que les voix qui s’élĂšvent pour dire non, on n’est pas d’accord pour cela » ont de l’effet sur des jeunes femmes qui pourraient ĂȘtre tentĂ©es par des mouvements radicaux. Cet effet, direz-vous, ne peut ĂȘtre mesurĂ©. C’est vrai, mais le fait qu’à vous tous vous incarniez une reprĂ©sentation de la France est un premier pas, important, sur la voie qui s’impose, celle de la pĂ©dagogie. M. le prĂ©sident AndrĂ© Gerin. Madame, je vous remercie pour ces propos Ă©clairants. L’audition prend fin Ă  onze heures cinquante.

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