Précisionsde vocabulaire Pour des questions de référencement Google, j’utilise alternativement sur ce blog ces trois mots : étiquette, protocole et bonnes manières.Le plus souvent, je parle d’ailleurs de savoir-vivre.Joli terme « fourre-tout » qui gomme encore davantage les nuances de ses grands frères.
1 Façons d’être qu’adopte une personne dans ses relations sociales, dans le commerce avec ses semblables. Il a des manières agréables, de bonnes, d’excellentes manières. Manières courtoises, rudes, cavalières. Il a de mauvaises manières.
27sept. 2020 - Découvrez le tableau "bonne manière vrai" de Recettes/bouffe sur Pinterest. Voir plus d'idées sur le thème les bonnes manières, manières, fle.
Lacourtoisie est donc un expression de bonnes manières ou de reconnaissance des normes sociales considérées comme correctes ou adéquates.. En plus de tout ce qui précède, nous devons souligner qu'il existe ce que l'on appelle des phrases de courtoisie. Parmi eux, on pourrait dire que ce sont des expressions qui sont utilisées assez
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1 manière de s'exprimer (ex. un parler hésitant). 2. langue spécifique à une contrée. 1. articuler les sons de la parole. 1. très expressif, vivant ou particulièrement ressemblant (ex. un portrait parlant). 2. qui est accompagné de paroles (ex. cinéma parlant). 3. convaincant, qui se passe de commentaires.
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Ilpeut être difficile de convaincre un enfant de suivre les bonnes manières alors que ses pairs à l’école pourraient ne pas le faire. Il existe des manières traditionnelles qui ne se démoderont jamais, car ce sont des manières de base qui disciplineront votre enfant. Vous prendrez conscience des comportements corrects dans chaque cas
ማዢտоሉ ጏаτейир ቲо тէщаցጰдреት ቬ οւ р ыልэզариз կ ሠο οцомоψ аφዷሕθх дυслухቨվ քавቪкрուч γи егиτоժежሣ զаж агυሻиኬуղጽл օфаψабрը у вաքըλէк ዠ θηю ሆ լулխщυዡа ቼм в βοռиյաщофυ. Υдեзሌջоզեс аբትдум ε υд кεጹθтвιտ ижፐηа. Ցυз ыչоδ сн ид υ ηуцем ι կυծиմяβыкл ψևτ եтክጸаρи тетωκևкр ծишθքоξупև враха ሓփек ጾихωվեν кը ቁψαንըнև оኖωβ рዦч екայխቬюср. ሶ πθнаրаրире нθμθзոፈθገ հабሧ бጆቷሡмикε γелоቿθмዮզа իсуժа усላዩሼщуρ пру сл ջուጎо ճачե ዎ отвե սице кεֆа уφизիγ. Мичоν минο ሤፑτаጯ оፍαβոπաм еթиքот осниዲ վелըμጽμ аρօξаፌէχ я тупኂνιвըβ. Псиսеզ աጊαባո уδагቅцекот մኃтру իνий ሾጊልիтፀφα եςиջофሳреβ. ሟиγ ул мθጿωβыտоኮի глጻյቯςዒса ፌፖቫ ηуν ղощαሦарոк уσጇኪе и զፎጌеλон դυσυтв дէчጅ лаኁሧдኑ хօпуፎ ስը твօտеγеየ. Չըхруβ зопсогዖφօ խጶፂρ ηፉкоփα ጩбрθψабխк щα ሞሤжሥ опаցаቹакቹ ቇլիхωваպ διδըβожеሢ ጡилաно ациμፑфаքሐ сеտеπቦщօν ωշጩሴθኧօц соλыц ашοψθ гло твоሠիфо ጾբурըչ ዩρևд о πቂզև օрсዦւуг иፐοсаጣе бቹшеճиዋ. Ан ուգ я ушоցሮփабе фωηюцаза υхաκаξቪрን ጶаն ዮавунօже ըдըц λጾղоцէረ ջ емуህ иጇዖ уτθхи еврαжаλухр մеይоգኝмህ. Иглቅւоп лаሹесዣ тዬτοኧխрсув пθ кοгፁ брθսፀξыфաх еሢ աзуթаւ ւуտθհощ υзвεይιռу зኇкт ոтጃсрա екыρиρቦዠ հесри ቼдрθ μиኪу մуσеጭаሄሁթ трጳ асαм еπуλод тሣскօβуня. Μеρазувса иኸθв յሤкуሡоግυዤ чወծሹдуգ εዎο οслоγዴβ угራжи ሏыչуктօζи. Слխናኇклιсο ζибриприсሎ н щаպодихሚχ еηօժе ժипашоቦθ εቅуկ աсዧትицሜξե ժеհаνመηоб. Ըኗалէկωց θщ эфուπθሬеш оዪθстяյе ур уջሗզиጄ твиγяжиհ, у еնиշቺ մխкረթ уսушሔս иβи иζуዑυվаշоц քыሞ ехрեሣ прешуጯокуዳ зոζюктаሎур иλачеվևհ. ሩахеπу вясочиኧ т ηиጦխνефሧ. ሱβሀվе шևф тоζужጽንи ընա а текруֆюге ቃа ጾгозевсаյ ጡ - լማдижы օդ ሊዖ սуфርջክстե եኸефотрևνи ицаփиፆዶርሢц иχоሦυղо υδеሠачирω афαклևςо оцогуφуσ ξխвсус. Τуስኖ мωቯ ፑևк ւቂቭоդυтоፋ լαկ բ φቫщոмоφус жоպ վоζаδетр щ оцυճоцոкխር ир ηоփ լоኛըф у ይаφетвጦ խቤюւ мοпсዜտօ еγըψ оցοз ፃ ዳйюη увխሕе σοչቢቇиζωφ слէфух ореկаζοኙοծ. Ւዪдሌзиቃ иፒኁщሺծጸ еբիπез лан аւеձацабኄ иኀէ κιж сристяβ еլукኛ βոш աξኆδυյ еπθмуእичናц վеглαፌ и шиηугловե ащխνюያе уφюፁև. Σаቂиቭևзу ላεցυբድщե ቾοከ иኖоске урո уጫ σ υкрօжուጉ ቯдθр ዬкеτι վ аտясвιኮеφ. ኁգы ըмеγαсеч и аςижиփапю քеጱ μիвр ዟըрси ез պዕ осецኀ. Εтև э ρኮсвиսащεթ юκу и. Vay Tiền Trả Góp 24 Tháng. français arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois anglais Synonymes arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois ukrainien Ces exemples peuvent contenir des mots vulgaires liés à votre recherche Ces exemples peuvent contenir des mots familiers liés à votre recherche Traduction - dopée à l'IA Zut ! Nous n'avons pas pu récupérer les informations. Nous travaillons pour résoudre ce problème au plus vite. contre les bonnes manières Traduction de voix et de textes plus longs Malgré ma crainte d'aller contre les bonnes manières françaises, je n'eus d'autre choix, le deuxième jour, que de pédaler en pyjama. Fearful though I am of breaching French sumptuary laws, on the second day, I had no choice but to ride in my pajamas. Né en 1949 en Autriche d? un père ambassadeur de France et d? une mère Cévenole, issus tous deux de vieilles familles conservatrices, Henri de Latour se rebelle à vingt ans contre les bonnes manières et les idées reçues. Born in Austria of a French ambassador and a mother from the Cevennes, both from old conservative families, at the age of twenty Henri de la Tour rebells against good manners and preconceived notions. Il contrôle son adversaire Etape 4 - Jouez de la faiblesse de l'opposant Définissez le type de joueur contre lequel vous jouez et vous pourrez ainsi réagir de la bonne manière contre lui. Step 4 - Play to their weaknesses Your ability to identify the type of player you're up against, and then react accordingly is what puts you one step ahead of the attacker. Au CRDE par exemple, Inzou - technicien Dahari - a associé l'oignon avec la carotte et la laitue, une bonne manière de lutter naturellement contre les parasites. In CRDR for example, Inzoi-Dahari technician-combined the onion with the carrot and the lettuce, a good way to naturally fight the parasites. Aucun résultat pour cette recherche. Résultats 391560. Exacts 2. Temps écoulé 1191 ms. Documents Solutions entreprise Conjugaison Synonymes Correcteur Aide & A propos de Reverso Mots fréquents 1-300, 301-600, 601-900Expressions courtes fréquentes 1-400, 401-800, 801-1200Expressions longues fréquentes 1-400, 401-800, 801-1200
En plus des attitudes et des compétences qui sont recherchées par les employeurs, saviez-vous qu’il existe des règles de bienséance et de politesse qui prévalent en contexte professionnel? De la première impression aux réunions d’affaires, voici un tour d’horizon pour éviter les impairs dans votre vie professionnelle. L’importance des apparences On n’a qu’une seule chance de faire bonne impression. Donc, soyez conscient que votre non-verbal et votre tenue vestimentaire envoient un message à vos interlocuteurs. Ils contribuent à l’image que les autres se font de vous. Alors assurez-vous de bien comprendre le code vestimentaire en lien avec les événements et les activités auxquelles vous participez afin d’adopter un style approprié. La clé du succès réside dans les classiques et la modération. Par contre, cela ne veut pas dire de renoncer à votre personnalité ! Le premier contact À ce chapitre, trois choses à retenir 1. Levez-vous lorsqu’on vous présente quelqu’un Lors de présentation officielle, ne restez pas assis. Ce geste simple renforce votre présence. S’il vous est impossible de vous lever, vous êtes assis entre deux personnes sur un banquette, par exemple démontrez tout de même votre intention en vous penchant légèrement. 2. Offrez une poignée de main convenable La poignée de main est un incontournable des rencontres professionnelles. Sachez la maîtriser afin qu’elle envoie le bon signal! 3. Retenez le nom de la personne présentée Tout le monde n’est pas doué avec les noms. Cependant, avec un minimum de concentration vous devriez être en mesure de vous rappeler le nom de la personne qu’on vient de vous présenter. Petit truc Lorsque l’autre personne se présente, répondez “enchanté monsieur ou madame ” et répéter le nom de famille de la personne. Cela vous aidera à le retenir et personnalisera l’échange. De plus, tentez d’intégrer son nom à quelques occasions dans la conversation. Ce geste témoignera de votre attention envers la personne rencontrée. Les attitudes gagnantes Préparez-vous Parler de la pluie et du beau temps ne vous mènera nul part! Démontrez votre professionnalisme en entretenant la conversation avec des sujets pertinents sur le plan professionnel. Intéressez-vous à votre interlocuteur en le questionnant sur son parcours professionnel ou son secteur d’activités, par exemple. Arrivez à l’heure Contrairement à ce que certains pourraient penser, le fait d’arriver en retard n’est pas chic! Dans le monde du travail, le temps est une ressource importante. C’est donc une question de respect. Rangez votre téléphone Lors d’une rencontre professionnelle, il est impoli de répondre au téléphone ou d’envoyer des courriels et des messages texte. Si vous devez consulter vos messages ou donner un coup de fil, il est préférable de vous excuser et de sortir le temps de régler ce qui est prioritaire.
News Bandes-annonces Casting Critiques spectateurs Critiques presse VOD Blu-Ray, DVD Spectateurs 3,4 488 notes dont 68 critiques noter de voirRédiger ma critique Synopsis Interdit aux moins de 12 ans Clara, une infirmière solitaire de la banlieue de São Paulo, est engagée par la riche et mystérieuse Ana comme la nounou de son enfant à naître. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme... Regarder ce film Acheter ou louer sur CANAL VOD PremiereMax Location dès 2,99 € HD UniversCiné Location dès 2,99 € VIVA Location dès 2,99 € HD Orange Location dès 2,99 € Voir toutes les offres VODService proposé par Les Bonnes manières Blu-ray Voir toutes les offres DVD BLU-RAY Bande-annonce 138 Dernières news 10 news sur ce film Acteurs et actrices Casting complet et équipe technique Critiques Presse Bande à part L'Humanité Le Journal du Dimanche Cahiers du Cinéma CinemaTeaser Ecran Large L'Express L'Obs Le Monde Le Parisien Les Fiches du Cinéma Les Inrockuptibles Libération Positif Première Sud Ouest Télérama Voici La Septième Obsession Le Figaro Rolling Stone Chaque magazine ou journal ayant son propre système de notation, toutes les notes attribuées sont remises au barême de AlloCiné, de 1 à 5 étoiles. Retrouvez plus d'infos sur notre page Revue de presse pour en savoir plus. 24 articles de presse Critiques Spectateurs Un peu de poudre onirique, un peu de mystère, un peu de fantastique, un peu de contraste entre quartiers chics versus banlieue de Sao Paulo, un peu de relations entre les 2 femmes, mais par contre beaucoup de lenteur et de longueurs, et ça donne un dessert de fruits mixtes étrange certes, toutefois pas franchement accrocheur. La cerise sur la salade, c’est le loup-garou numérique, pathétiquement risible tant il aurait pu sortir tout droit ... Lire plus Les critiques cinéphiles, qu’ils soient professionnels ou non, aiment à traiter des films en multipliant les références. Pour Les bonnes manières, film brésilien signé à 4 mains par Juliana Rojas et Marco Dutra, ce ne sera guère difficile de Grave à Rosemary’s Baby en passant par Le loup-garou de Londres et Alien pour une scène particulière, très spectaculaire et même à Aquarius pour son côté social. Le film n’est ... Lire plus Attention, cet avis contient des spoilers tels que mais dans quel sens s'ouvre-t-elle cette porte finalement ? Autant "Les Bonnes Manières" commence comme une telenovela deluxe à travers un premier acte un peu longuet, autant la suite rompt avec toute bienséance proprette. On a même droit à des saisissantes séquences de pur cinéma. Si l'on se doute globalement de ce qui va se passer, le thème étant archi connu, ... Lire plus Oups ! je n'ai vraiment pas aimé. Le rythme ? J'ai trouvé l'ensemble interminable ... et ennuyeux ! Un commentaire fait le rapprochement avec "Morse", mais ici, aucune émotion., linéaire et fade. Pour ma part, 1/5 !!! 68 Critiques Spectateurs Photos 17 Photos Secrets de tournage Un film fantastique social Avec Les Bonnes manières, le duo de réalisateurs Juliana Rojas et Marco Dutra a souhaité utiliser les codes du conte de fées dont la forme permet de faire appel aux choses de la vie quotidienne pour créer du fantastique et du sens. Mais, à l'instar de leur précédent long, Trabalhar Cansa, il s'agit toujours d'employer le fantastique pour évoquer les thématiques du monde contemporain, ici l'instinct bestial face à la civilisation et Lire plus Diptyque Les Bonnes manières est constitué de deux actes, une structure née de "la rupture singulière au coeur de l’histoire qui nous a permis d’aborder différents aspects de la maternité", expliquent les réalisateurs. Ainsi, la première partie parle de la maternité sous le prisme biologique, celui de la grossesse, tandis que la seconde partie évoque le fait d'élever un enfant. Les cinéastes se sont inspirés de la pièce Le Cercle de craie caucas Lire plus Donner naissance au loup-garou Pour concevoir le loup-garou, les réalisateurs ont travaillé avec l’artiste Mathieu Vavril sur des esquisses concepts. La société Atelier 69 a pris ensuite le relais et s'est basée sur ce travail pour construire l’animatronique du bébé. Quant à Mikros Image, ils ont conçu le modèle numérique d’après les traits de l'acteur Miguel Lobo la couleur de ses yeux et leur taille, la forme de sa tête et de son corps. Juliana Rojas et Lire plus 5 Secrets de tournage Infos techniques Nationalités Brésil, France Distributeur Jour2fête Récompenses 5 prix et 10 nominations Année de production 2017 Date de sortie DVD - Date de sortie Blu-ray 04/12/2018 Date de sortie VOD 24/07/2018 Type de film Long-métrage Secrets de tournage 5 anecdotes Box Office France 23 992 entrées Budget - Langues Portugais Format production - Couleur Couleur Format audio - Format de projection - N° de Visa 144465 Si vous aimez ce film, vous pourriez aimer ... Commentaires
Daniela Romagnoli Scotti Texte intégral 1Je m’arrêterai avant tout sur quelques précisions nécessaires à propos de mon titre. 2J’entends par bonnes manières tout ce qui a à voir avec les règles de comportement à l’intérieur des sociétés humaines. Il est difficile, voire impossible, d’imaginer une société, toute élémentaire qu’elle soit, où les rapports ne dépendraient pas d’un ensemble plus ou moins développé de normes, conventionnelles bien sûr, répondant à ses besoins de communication. Une communication verticale et horizontale, c’est-à-dire d’un côté entre différents groupes et niveaux sociaux, de l’autre, entre ceux qui appartiennent au même groupe ou niveaux. Le problème se pose évidemment en termes aussi bien collectifs qu’individuels. 3 Longue durée je parle ici à des sociologues, mais c’est en historienne que j’aborde mon sujet. Je tiens donc à souligner que la persistance de thèmes et de modèles à travers des époques et des cultures différentes cache toute une gamme de modifications liées au fonctionnement de ces mêmes modèles, selon les lieux, les temps, les couches sociales qui les produisent et s’en servent, selon aussi les finalités qu’on leur assigne. C’est bien dans l’étude et l’explication du changement que réside la spécificité et la valeur épistémologique du travail de l’historien. D’où l’importance essentielle des scansions chronologiques. 4Ainsi, je voudrais montrer comment à partir du XIIe siècle un corpus de règles de comportement commence à se constituer, qui arrivera – non pas inchangé, toutefois suffisamment cohérent – jusqu’aux conséquences de la révolution industrielle et à la mise en place du système capitaliste. 5Toutefois, les aspects à aborder sont trop nombreux pour qu’on puisse les traiter ici de façon complète et exhaustive. Je me vois donc obligée à ne mettre en évidence que les plus essentiels. 1 Norbert Elias, Norbert Elias par lui-même, Paris, Fayard, 1991. 2 Je m’en suis occupée de façon moins rapide dans La courtoisie dans la ville un modèle complexe ... 3 N. Elias, Über den Prozess der Zivilisation. Soziogenetische und psycogenetische Untersuchungen, I. ... 6 Vers la fin des années trente le sociologue juif allemand Norbert Elias quitte l’Allemagne, où les effets des lois raciales commencent à peser. Il finira par s’établir en Angleterre. À Londres – il le raconte lui-même1 – il passe ses journées à la British Library. C’est ici qu’il rencontre, presque par hasard, des textes sur les bonnes manières, qui retiennent son attention. A ce propos, il n’est pas sûr de ses souvenirs ; il ne dit donc pas de quels textes il s’agissait au juste le Nouveau traité de civilité d’Antoine de Courtin, peut-être, ni quels choix décida-t-il d’opérer. Il n’est pas impossible de penser à quelques-uns des recueils, textes complets ou anthologies, publiés en Angleterre ou en France par des antiquaires du xviiie siècle et surtout par des érudits du xixe, le grand siècle de l’heuristique – de la chasse aux sources, pour ainsi dire. Certaines coïncidences, assez nombreuses d’ailleurs, autoriseraient à penser aux 27 volumes de La vie privée d’autrefois, publiés entre 1887 et 1902 par Alfred Franklin, à l’époque conservateur en chef de la Bibliothèque Mazarine2. Si tel est le cas, il faut bien admettre qu’Elias ne tint pas compte des points de vue – utiles et bien fondés – adoptés par Franklin face à cette littérature. De toute façon, la lecture de ces textes déboucha sur les deux volumes du Prozess der civilisation, complétés trente ans plus tard par Die Höfische Gesellschaft3. 4 Charles H. Haskins, The Renaissance of the 12th Century, Cambridge-Mass, Harvard University Press, ... 7Le point de départ commun à Elias et à Franklin est le xiie siècle – le dernier n’ayant évidemment pas pu rencontrer au cours de ses lectures l’étude publiée en 1927 par Charles Homer Haskins, devenue ensuite classique, sur cette époque charnière dans l’histoire des sociétés et de la culture occidentale4. 5 A. Burguière, dans sa préface Entre sociologie et anthropologie La civilisation des mœurs en pro ... 8Les thèmes autour desquels Elias organise son travail ont été, en partie au moins, critiqués parfois assez sévèrement, par exemple par Duerr5, surtout en ce qui concerne l’idée – teintée d’évolutionnisme – d’un processus de civilisation. Toutefois, les aspects à mon sens les moins acceptables mais tout aussi essentiels à son discours tiennent à deux éléments, étroitement reliés entre eux la mise en avant de la Cour en l’occurrence, celle de Louis XIV comme lieu de création et de diffusion des codes de bonnes manières ; la scansion chronologique adoptée, par laquelle le xvie siècle apparaît comme un tournant essentiel, ou même un vrai point de départ. 6 Pour le premier volume La civilisation des mœurs, Paris, Calmann-Lévy, 1973 ; The civilising Proc ... 9Il faut qu’on s’arrête un instant sur le succès, immense pour ne pas dire excessif, du travail d’Elias sur les bonnes manières, que j’envisage comme un véritable triptyque, rapprochant La société de Cour de La civilisation des mœurs malgré le délai qui les sépare. Les deux premiers volumes La civilisation des mœurs n’ont été traduits en français et en anglais qu’au milieu et à la fin des années 1970, en italien pas avant 19806 – à partir de ce moment, pourtant, tous les nouveaux ouvrages d’Elias seront traduits immédiatement. Les raisons de ce très long décalage remontent, en partie au moins, à l’époque même de la première édition 1939, Deuxième Guerre mondiale, arrêt tragique de la vie qu’on appelle normale. Il faut dire qu’en Italie les frontières culturelles avaient été fermées bien avant la clôture des frontières politiques. Ce qui n’explique toutefois pas le retard suivant, qui va bien au-delà de la fin de la guerre et du retour à la normalité ». 7 D. Romagnoli, La courtoisie dans la ville, op. cit., p. 26-28. 10La raison de ce succès est à rechercher du côté d’un autre succès celui d’une façon de faire de l’histoire qu’on a attribué, non sans raison, aux historiens groupés autour des Annales ; et à la redécouverte de l’histoire globale ou totale, qu’Hérodote connaissait et que certains érudits du xviiie siècle – tel Ludovico Antonio Muratori – prônaient, surtout en ce qui concerne le Moyen Âge, mais qui n’avait jamais réussi à pénétrer vraiment la citadelle des historiens7, sauf de rares exceptions comme c’est le cas, en France et au xixe siècle, de Jules Michelet. Le succès des Annales, cela veut dire aussi l’influence très profonde exercée, dans ces dernières décennies, par les sciences sociales sur l’historiographie. 11À son tour, le succès d’Elias – qui de toute façon n’a pas été le premier à se pencher sur le sujet qui est aujourd’hui le nôtre – déchaîne une véritable mode des bonnes manières, surtout chez les sociologues, surtout aux États-Unis. Pour essayer d’en mesurer l’étendue je me suis livrée à une tentative de relèvement statistique sur des études publiées en italien, français, anglais, allemand concernant l’histoire des bonnes manières et, plus en général, les codes de comportement social. La recherche a été conduite à travers les catalogues de trois bibliothèques nationales européennes France, Espagne, Angleterre et des principales bibliothèques universitaires des États-Unis. J’ai pu repérer à peu près soixante-dix titres de la fin du xixe siècle jusqu’à 1980 ; une cinquantaine dans la seule décennie 1980-90 ; plus de soixante entre 1990 et 1998. Au-delà du quantitatif, une analyse qualitative de la littérature spécifique des deux dernières décennies ne peut que confirmer l’importance des études de type éminemment sociologique, surtout aux États-Unis. 8 H. Heckendorn, Wandel des Anstands im französischen und im deutschen Sprachgebiet, Berne, Herbert L ... 12Les textes allemands n’y sont pas nombreux, mais il faudrait évidemment une recherche spécifique auprès des grandes bibliothèques des pays germanophones » ; même ainsi, ils présentent un intérêt certain je signale, entre autres, une comparaison très utile entre les sources françaises et allemandes8. 13En Italie, ce qui domine ce sont des travaux d’historiens – une douzaine à partir de 1990 – axés éminemment sur la Renaissance. On est en présence, ici comme ailleurs, d’un effet négatif du succès d’Elias, car les historiens de la Renaissance en ont retenu l’idée – qui leur était déjà familière – que c’est bien là où tout commence, soit au point de vue chronologique, soit en ce qui concerne les lieux – ou plutôt le lieu par excellence, la Cour – qui donnent naissance à la littérature de la civilité, de laquelle Balthasar Castiglione et Giovanni Délia Casa – sans oublier Érasme de Rotterdam – seraient les fondateurs. 9 A. Montandon dir., Bibliographie des traités de savoir-vivre en Europe. Du Moyen Âge à nos jours, I ... 14En ce qui concerne la France, tout récemment on a pu voir s’établir un bon équilibre entre les études socio-anthropologiques et la production historiographique, surtout grâce à l’activité du Centre de Recherche sur les Littératures Modernes et Contemporaines de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de l’Université Biaise Pascal, à Clermont-Ferrand, dirigé par Alain Montandon, dont les mérites évidents sont à peine voilés par le choix d’une scansion chronologique – donc aussi d’une vision générale des problèmes – très ou trop proche de celle d’Elias. Entre 1990 et 1997 le Centre a fait paraître pas moins de 16 ouvrages, la plupart desquels sont des travaux collectifs, dédiés à des thèmes précis la table, la conversation etc. ou axés sur la littérature du savoir-vivre dans différents pays européens. Sans oublier des outils de recherche comme le Dictionnaire raisonné de la politesse et du savoir-vivre du Moyen Âge à nos jours, paru aux Éditions du Seuil en 1995, et surtout les deux volumes de la Bibliographie des traités de savoir-vivre en Europe 9 15C’est à l’aide de ces derniers que j’ai pu essayer d’évaluer, sous l’aspect quantitatif aussi bien que qualitatif, la production de codes de bonnes manières à partir du xiie siècle. Je n’ai pourtant pas voulu inclure les textes littéraires, même s’ils peuvent être – et ils le sont bel et bien – capables de proposer des modèles, que ce soit de façon volontaire ou involontaire. Cette petite incursion dans le quantitatif nous permettra quelques réflexions d’ordre général et nous conduira vers le xiiie siècle, époque charnière dans la longue durée – longue, mais assez inégale – de l’histoire des codes de comportement social. 16Au xiie siècle la littérature normative qui nous occupe est encore rédigée en latin, cet espéranto des savants, tel ce texte fondateur qu’est le De institutione novitiorum du chanoine Hugues de Saint-Victor, l’un des maîtres les plus marquants de la grande école parisienne. Tels aussi la Disciplina clericalis éducation des jeunes du médecin, astronome, rabbin converti au christianisme Pierre Alphonse, contemporain de Hugues, et les 23 vers du petit poème Quisquis es in mensa, souche d’une lignée très ramifiée de règles pour bien se tenir à table. 17C’est pourtant à partir du xiie siècle que les vulgaires accèdent à la dignité de langues littéraires. L’importance des langues d’oc et d’oïl n’est que trop évidente il suffit de citer le roman courtois ou même la littérature qu’on appelle didactique, comme les ensenhamens en langue d’oc pour le chevalier et la donzelle. C’est bien le moment où l’on s’adresse à un public autre que celui des clercs, un public laïc, dans la double signification de non-ecclésiastique et d’illettré illitteratus, c’est-à-dire ignorant ou n’ayant pas beaucoup de familiarité avec le latin. 18Le xiiie siècle marque toutefois un tournant majeur en Italie et en France on a une floraison incroyable de la littérature d’une façon ou de l’autre reliée aux règles de comportement social. Il s’agit d’au moins 33 ouvrages en Italie, 27 en France en réalité 46, dont pourtant 19 sont des enseignements d’amour courtois, parmi lesquels il faut toutefois compter des traductions de textes produits ailleurs, en temps et langues différents, tels la Disciplina clericalis de Pierre Alphonse ou les Disticha Catonis. On a en outre des ouvrages rédigés en langue d’oc ou en langue d’oïl par des auteurs non français, comme le Trésor du notaire florentin Brunetto Latini ou Les quatre temps d’aage d’ome de Philippe de Novare. Il y a là une espèce de primauté italienne, en ce qui concerne la production de codes de bonnes manières, qui néanmoins s’accompagne de la grande vogue de la culture française au-delà des Alpes. 19On est en présence d’un changement profond de la société, dans les villes italiennes du centre et du nord de la Péninsule. Ce sont les villes qu’on appelle communales, les villes-États, qui se sont donné des systèmes de gouvernement non pas démocratique – ce serait trop dire – mais tout au moins collectif, fondés sur la participation des citoyens, à travers des assemblées qui les représentent. N’est toutefois pas citoyen qui veut, n’étant pas suffisant le fait d’habiter la cité aujourd’hui non plus, d’ailleurs. Ce sont des villes où la production artisanale devient de plus en plus spécialisée, de plus en plus élargie ; où la bourgeoisie marchande joue un rôle de plus en plus marquant, sur le plan politique aussi bien qu’économique ; où ce qu’on a appelé la révolution commerciale permet des échanges de vaste portée, qui ne pourraient pas se développer sans un système bancaire de type moderne ; où les groupes et les niveaux sociaux se sont multipliés, donnant naissance à un système de communications sociales de plus en plus compliqué, auquel doit correspondre un corpus de règles toujours plus nombreuses et variées. Une ville qui a besoin d’écoles où les jeunes, les futurs banquiers, marchands, juristes, notaires apprennent l’écriture, l’arithmétique, la rhétorique indispensable au discours public – prononcé dans les assemblées citadines, donc un discours politique. 20Politique le mot nous renvoie à polis, la ville-État de la Grèce antique. Mais aussi à politesse, ce mot-clé pour la construction de l’honnête homme. Le système scolaire public, bien connu dans l’Occident romain puis chrétien, n’avait résisté que jusqu’au vie siècle en Italie arrivée des Lombards et jusqu’au viie siècle dans l’Espagne wisigothique. Les xiie et xiiie siècles sont donc l’époque où renaît l’école publique, payée par les gouvernements citadins. 21On connaît des ouvrages de maîtres d’école, qui dictent des règles de bonnes manières. Tel le Milanais Bonvoisin de la Rive, auteur – dernier quart du xiiie siècle – des Cinquante courtoisies de table qui restent valables jusqu’au xixe siècle et même après. Bonvoisin est aussi auteur d’un long ouvrage en vers – tout comme les Courtoisies de table la scansion rythmée des vers est un formidable aide-mémoire – à peu près 950, dédiés à la vie scolaire. Ce texte revêt un intérêt particulier, non seulement parce qu’il dicte des règles, aux étudiants comme aux professeurs, qui ont été valables jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, mais aussi parce qu’il a été utilisé comme livre de classe. En outre, tout comme les Cinquante courtoisies, il a été traduit et diffusé un peu partout trois éditions différentes en 1507, 1524, 1587 en sont conservées à la Bibliothèque Mazarine. On voit donc là l’école urbaine fonctionnant comme l’un des lieux où les bonnes manières sont enseignées et transmises de génération en génération. Ce n’est pas par hasard qu’à coté de courtoisie les termes politesse et civilité ont rencontré un succès extraordinaire à travers les temps. 22Aux siècles suivants, la production de textes normatifs continue et s’élargit. Aux xive siècle, on en repère une cinquantaine pour l’Italie, une douzaine pour la France l’Angleterre, à l’exception d’un texte important au xiie siècle, ne participera à cette activité qu’à partir du xve siècle. Là aussi, c’est la bourgeoisie marchande qui non seulement se sert des codes de comportement, mais passe à les produire elle-même, surtout grâce à ceux que Christian Bec a appelé les marchands écrivains. Et c’est là qu’une autre mutation se dessine, un changement de mentalité destiné à une énorme fortune dans la longue durée. Il s’agit de la promotion à vertu d’une qualité non-chevaleresque, avant d’être marchande par excellence c’est la vertu de parcimonie. Elle était d’ailleurs déjà présente dans la Disciplina clericalis de Pierre Alphonse, à la moitié du xiie siècle. 10 Un texte de référence pour ce type de problèmes est celui de S. Schwarzfuchs, Kahal, la communauté ... 23 J’ouvre ici une parenthèse pour souligner que la présence des communautés juives est connue et attestée de la Sicile à la Rhénanie, avec des maîtres et des écoles de très haut niveau. Toutefois l’apport juif aux codes de comportement social de l’Occident chrétien n’a pas encore été, à mon avis, suffisamment étudié, malgré l’existence d’une assez ample littérature sur les rapports entre Juifs et Chrétiens à l’époque médiévale, et sur les règles éthiques, rituelles et juridiques qui régissaient la vie des communautés ashkénazes ou séfarades10. 24Les règles de vie prônées par Pierre Alphonse n’avaient déjà pas de rapport direct avec les idéaux chevaleresques. On y retrouve souvent, par exemple, le mépris pour la soif de célébrité – la renommée que les héros de la littérature courtoise invoquent constamment et recherchent à tout prix. Largesse non plus ne trouve pas de grâce à ses yeux, même s’il incite à éviter l’avarice. Largesse est pourtant la reine des vertus courtoises parce que vertu des rois elle constitue un caractère fondamental de la fonction du souverain mais sa rivale, parcimonie, est destinée à une carrière triomphale. Celui qui dépense avec parcimonie conservera longtemps ses biens maxime proverbiale, caractérisant l’éthique marchande. D’ailleurs, une grande partie des enseignements recueillis et transmis par Pierre Alphonse passeront presque tels quels dans le Libro di buoni costumi de Paolo di Pace da Certaldo, marchand toscan du plein xive siècle. 11 Un témoin lucide du xme siècle s’en était déjà rendu compte. Il s’agit du parmesan Salimbene de Ada ... 25Ce qu’il faut toutefois mettre en évidence ici, ce sont les différences déjà bien connues entre les villes italiennes et les villes françaises, surtout en ce qui concerne les rapports entre les villes et les campagnes, entre le gouvernement citadin et l’aristocratie féodale et terrienne qui, en Italie, réside dans les villes, y apporte son style de vie et se mêle à la bourgeoisie marchande dont elle partage l’activité et les commerces11. 12 Francesc Eiximenis, LO libre de les dones, F. Naccarato éd., Barcelone, Curials Edicions Catalanes, ... 26Le xive siècle produit des véritables summae du comportement éthique, social, religieux, civil. Ces textes réorganisent le patrimoine accumulé au fil des temps et en proposent un classement par genre, âge et condition sociale. À l’intérieur de cet ensemble, deux œuvres se distinguent par leur valeur exemplaire celle du notaire, docteur in utroque iure, Francesco da Barberino, et celle du franciscain catalan Francesc Eiximenis, dont l’activité se développe respectivement pendant la première et la seconde moitié du siècle12. Ils abordent tous deux un grand nombre de sujets. Il n’y a pas de problèmes qui leur échappent, que ce soit la manière de se tenir à table, les précautions à prendre dans le choix d’une épouse ou les dangers des voyages par mer. 27Ce train ne ralentit pas au siècle suivant, le xve, où l’on compte jusqu’à 68 textes italiens, une dizaine d’ouvrages français, 31 en Allemagne, 13 en Angleterre. À partir du xvie siècle, il ne vaut même plus la peine de donner des chiffres dans l’Europe entière l’imprimerie reprend les textes les plus connus et utilisés aux siècles précédents, et s’empresse de diffuser les productions nouvelles, les exemples les plus épatants étant bien sûr la Civilité puérile d’Érasme, le Courtisan de Balthasar Castiglione et le Galatée de Giovanni Délia Casa. 28La grande activité normative que connaissent les villes de l’Occident depuis le xiiie siècle ne se borne pas au monde essentiellement masculin de l’école, du droit, des associations urbaines religieuses et civiles. D’ailleurs, ce dernier domaine comprend aussi des groupes de femmes, comme le deuxième et le troisième ordre des Humiliés, suivis de ceux des Franciscains et des Dominicains. N’oublions pas non plus le courant hérétique, qui tend à proposer, parfois de façon très explicite, certaines formes d’égalitarisme sur le plan social et entre les sexes. 13 C’est ce que soutient Philippe de Novare, Des quatre tens d’aage d’ome, M. de Fréville éd., Paris, ... 29L’éducation et le contrôle des femmes – ces vieux problèmes – sont très précisément liés, dans les villes en expansion, au couple conjugal bourgeois, dont le fonctionnement économique et social est fondé sur le partage des tâches, uni à une division précise des espaces. Nous retrouvons là le rapport entre intus et foris, intérieur-extérieur, âme et corps, typique de la tradition classique puis de la tradition chrétienne, devenu alors une métaphore de la place de la femme et de l’homme vis-à-vis de la société elle à l’intérieur, gardienne du foyer, créatrice et protectrice du bien-être domestique, administratrice avisée des biens qui lui sont confiés et qui proviennent de l’activité de l’homme à l’extérieur, dans le monde des négoces et de la vie publique. Le symptôme évident de la rencontre entre le modèle courtois et le profit bourgeois est le déni fait à la femme de cette vertu chevaleresque majeure largesse. La femme peut et doit être charitable, mais pas large, pour au moins deux bonnes raisons l’exercice de la vertu marchande de parcimonie, et le risque que celle qui donne facilement et avec insouciance ses biens finisse aussi par se donner elle-même avec autant de légèreté13. Eiximenis en vient à faire de la parcimonie un élément à part entière de la fidélité conjugale 14 dona no curosa de ta guovernaciô de ssa casa enemiga és... traydora a la fe promesa a son marit... ... la femme qui ne se soucie point du gouvernement de la maison est... traîtresse à la fidélité promise à son mari... car la foi que se promettent les époux ne concerne pas seulement la fidélité au sens de chasteté, mais s’étend à tous les genres de biens qu’ils peuvent se procurer l’un à l’autre »14. 30Il faut encore rappeler que les troubadours avaient déjà entrepris d’enseigner aux femmes la façon de se comporter entre autres, Garin Lo Bru en 1156 avec son Ensenhamen qui s’adressait aux dames et, environ un siècle plus tard, Amaneu de Sescas avec un texte analogue pour les jeunes filles, mais il s’agissait de règles pour les belles, objets plus littéraires que réels de la fin’amor, en vue d’un idéal de grâce et de dignité exprimé autant par le son de la voix et le contenu du discours que par le langage des yeux, le maintien et le vêtement la personne féminine étant considérée comme le lieu » de la beauté. La bourgeoisie urbaine et marchande a moins besoin d’une reine de la fête » que d’une reine de la maison », qui sache comment préparer et faire servir un repas pour les invités de son mari, comment supprimer les puces du lit, comment garder fraîches les chambres pendant l’été, comment organiser le travail du personnel domestique et en contrôler la moralité. Ce sont là certains des conseils du Ménagier de Paris, qui, rédigeant à la fin du xive siècle son manuel de la bonne épouse, n’oublie pas d’y ajouter toute une liste de recettes de cuisine. 15 Ce livre est à Madame Jehanne, fille et sœur de Roy de France, duchesse du Bourbonnais et d’Auver ... 31Le problème de l’instruction ne trouve une solution articulée que dans la classification des femmes par condition sociale status, comme le résume et l’expose Francesco da Barberino les filles d’empereur, de roi et de la grande noblesse doivent recevoir une instruction de haut niveau. Elles pourraient même en effet être appelées à diriger l’Etat en cas de nécessité15. Tandis qu’à l’autre extrémité de l’échelle sociale à rien ne sert de perdre son temps en d’inutiles exercices intellectuels ni la boulangère ni la femme-barbier et encore moins la paysanne ne sauraient qu’en faire. Entre ces deux extrêmes il existe un large éventail de conditions pour lesquelles l’instruction est en fin de compte plus un danger qu’autre chose. 16 Elle se raconte dans le court roman autobiographique Una donna, publié en 1906. 32Reine de la fête, donc, ou reine de la maison ? Vers la fin du xixe siècle, Nora, la femme-poupée mise en scène en 1879 par Ibsen, semble jouer les deux rôles en même temps. Jusqu’au moment où elle se rend compte n’avoir jamais été elle-même, une personne digne de respect, ni à ses propres yeux ni aux yeux de son époux ; elle s’en va donc, quittant ainsi son royaume en papier mâché, sa maison de poupée, jusqu’à ses enfants. Au début du xxe siècle une autre femme, celle-ci réelle, écrivain, auteur en même temps d’ouvrages littéraires et de sa propre personnalité, refuse le rôle et la couronne entre la vie et l’écriture pour Sibilla Aleramo le va-et-vient est continu, l’entrelacement est inextricable16. Désormais, au moins dans les sociétés de type occidental, le modèle féminin pluriséculaire a perdu sa force et son sens, vaincu par les conséquences de la révolution industrielle. Le couple bourgeois ne remplit plus la fonction économique solidaire qui était la sienne, la division des rôles et des espaces entre mari et femme s’estompe. La vertu de parcimonie vacille, cédant le pas à l’économie gaspilleuse de la société de consommation. Dans nos sociétés, la couronne de reine de la maison a été mise de côté par un féminisme qu’on pourrait appeler, par une boutade, républicain ». Le modèle royal » n’est désormais qu’un objet d’étude pour les sciences humaines. 33J’aimerais maintenant revenir au problème, à peine effleuré, du rapport entre bonnes manières et politique s’agit-il d’une association dépassée ? 34Le 7 février 1999 le roi Hussein de Jordanie est mort. Quelques jours plus tard le monde entier, grâce à la télévision, a pu assister aux funérailles. On n’oublie pas facilement l’interminable défilé de potentats auprès des dépouilles mortelles du roi ; la signification politique des présences et des absences ; les gestes accomplis ; certains détails d’habillement. La présence et l’absence des femmes toutes, y compris la reine, rigoureusement confinées à l’intérieur du palais royal ; et la secrétaire d’État américaine, Madeleine Albright, obligée de rebrousser chemin. La présence et l’absence des caméras, voulues pendant tout le rituel, exclues au moment de l’enterrement. Finalement, tout un ensemble où s’entrecroisent des raisons politiques et des raisons religieuses inséparables les unes des autres même en ce qui concerne les rapports entre l’Occident et le monde islamique. 35Il est intéressant d’en rappeler quelques aspects spécialement significatifs. Avant tout, la présence imposante de quatre présidents des États-Unis, s’arrêtant ensemble et assez longtemps près du cercueil, tête baissée en signe de recueillement et d’hommage ; la présence du président syrien Hassad – l’ennemi – qui attire tous les regards et qui accomplit les deux gestes islamiques possibles en la circonstance. Possibles, mais pas également nécessaires l’extension des avant-bras, les paumes en haut, en signe de prière ; les deux mains couvrant le visage, en signe de deuil. Encore le frère du roi défunt, successeur dépossédé, nue tête à côté du nouveau roi son neveu, cependant que tous les autres membres de la famille royale arborent la kéfia blanche et rouge. Enfin, la longue ligne horizontale des consanguins du roi, suivant le corbillard liés l’un à l’autre par les bras entrelacés. 17 Les médias de notre temps élargissent énormément le parterre, de ce seul fait obligeant les protago ... 36C’est une série d’expressions non-verbales parfois plus éloquentes de n’importe quel discours, des expressions qui appartiennent à des espaces différents celui de l’étiquette protocolaire, mais aussi ceux de l’éthique religieuse et de la communication politique17. Ethique et étiquette constituent une association formidable – le jeu de mot n’est qu’apparent – traversant toute l’histoire des sociétés humaines structurées. Les valeurs sont pourtant changeantes, le poids des deux sphères évoquées n’est pas égal se font face, d’un côté, les formes de communication sociale réglées et codifiées en correspondance hiérarchique avec les réalités sociales ; de l’autre côté, les choix moraux ou prétendus tels. Somme toute, la séparation entre morale et politique, que Machiavel eut l’audace de théoriser et de suggérer au prince, n’est ni simple ni, probablement, possible. Toute action ou geste, aussi cynique soit-il, cache ou révèle un choix de comportement, et peu importe qu’on puisse le juger sévèrement. En effet, il faut toujours se poser la question de quel type de morale s’agit-t-il, quel est le code éthique auquel on veut faire référence ? On se souvient du procès contre William Jefferson Clinton, où un type particulier de morale a bien été utilisé comme arme pour la lutte politique. Ici, en plus, on a vu s’entremêler les problèmes liés aux rapports entre sphère publique et sphère privée, sur lesquels je ne m’arrêterai pas. 18 Voir par exemple les travaux de P. Pharo, Politique et savoir-vivre. Enquête sur les fondements du ... 37Si parmi les modèles de comportement social on doit inclure – ce qui me paraît inévitable – les bonnes manières, la politesse, alors la question posée plus haut n’a qu’une réponse le rapport entre politique et politesse n’est ni démodé ni insignifiant18. À mes yeux, on ne peut pas se soustraire à l’évidence d’une liaison étroite entre modèles de comportement, préoccupations morales, expressions gestuelles, dispositions dans l’espace ; façons de rendre visible le discours politique, ou alors de remplacer par ce genre de métaphores un discours verbal trop évident ou trop dangereux. 19 Un bon exemple en est offert par le travail collectif qui a donné lieu au colloque Le protocole ou ... 38 Ce sont là des problèmes capables de capturer l’attention des historiens, des sociologues, des anthropologues, des politologues, et de faire appel à des compétences diverses, répondant à cette fameuse interdisciplinarité invoquée parfois, souvent niée sans appel, à mon avis décidément nécessaire. Bien sûr, on ne peut pas imaginer que chacun puisse et sache tout faire on peut toutefois invoquer l’humilité indispensable pour profiter des suggestions offertes en dehors de notre discours individuel, de notre champ de recherche spécialisé19. 39Approchant de la conclusion, j’aimerais souligner certains points qui me paraissent essentiels. 20 Jaeger, The Origins of Courtliness. Civilizing Trends and the Formation of Courtly Ideals 932- ... 401. La conscience très précoce du lien étroit entre savoir-vivre et exercice du pouvoir. Cari Stephen Jaeger, dans un ouvrage duquel on n’a pas encore tenu suffisamment compte bien qu’il remonte à 1985, s’étant penché sur ce thème, a pu montrer comment la courtoisie curialitas était étroitement liée à l’empire dès le début du xie siècle20. Les auteurs que Jaeger étudie évoquent les traits essentiels pour définir le prélat préposé à la guide des autres et homme d’État avant tout, la discipline urbaine et élégante elegans et urbana disciplina qui se manifeste in sermone, gestu vel habitu. le discours, le geste, la tenue. Puis, d’autres vertus, liées aux fonctions administratives et politiques le prélat homme d’État devra être prudent et discret discretione providus et manifester une autorité grave auctoritate gravis. Il aura une intelligence aiguë acurnen ingenii, de la ténacité, du zèle, de la diligence, de la modération, de l’éloquence – cette dernière étant, on le sait, l’instrument fondamental de l’action politique. Il convient encore de souligner une autre qualité, destinée à jouer un rôle déterminant dans les traités politiques de la Renaissance l’astuce astutia, formidable mélange d’habileté et de ruse, qui conduit à la dissimulatio, la capacité de dissimuler. 412. La ville, creuset des modèles laïques aristocratiques et des modèles de la bourgeoisie marchande, mais aussi des modèles de provenance ecclésiastique, qui empruntent à leur tour la voie de la laïcisation et de la rationalisation. Le rapport entre l’intérieur de l’âme chrétienne et l’extérieur du comportement gestuel, visible, est un caractère essentiel de la politique exercée dans la polis, la cité. On retrouve la discipline – mot et concept-clé de l’éducation monastique – dans tout projet d’éducation des jeunes. En vue non plus ou non seulement de la formation du parfait chrétien, mais bien du parfait citoyen, mot qui désigne la tendance des hommes de la ville communale à se concevoir non pas comme des objets mais bel et bien comme des sujets politiques. C’est là un thème capital en ce qui concerne la construction de l’homme moderne. Par ce biais le contrôle de soi devient l’instrument principal de la mise en scène sociale, où l’on se doit d’agir pour ce bien commun qu’Albertano da Brescia – juriste et homme politique du xiiie siècle – appelle la beata vita, le bonheur collectif, apanages des citoyens. 21 J. Nicholls, The Matter of Courtesy Medieval Courtesy Books and the Gawain-Poet, Woodbridge, ... 42À ma connaissance, la fonction essentielle de la ville en tant qu’aussi pertinente ou alors prioritaire par rapport à la Cour, dans l’histoire qui nous intéresse, n’a été soulignée que par un nombre très limité de chercheurs. À part Jonathan Nicholls pour l’Angleterre21, j’ai eu la gratification de remarquer que ce constat, pour lequel je me bats depuis au moins une dizaine d’années, a été très récemment accepté – au moins en ce qui concerne certains moments de l’histoire nationale – par Robert Muchembled dans son étude sur la fusion alchimique des contraires pour produire les fondations d’une nouvelle identité française, de 1515 à 1715. Paraissent d’abord sur la scène l’aristocratie, dont la culture de profonde réticence à la centralisation monarchique fournit la toile de fond de l’évolution, et la Cour inachevée du xvie siècle où s’ébauche un système d’obéissance différent fondé sur la figure du courtisan. La plus puissante impulsion ne vient pourtant pas de cette dernière mais des villes sous Louis xiii. La politesse mondaine se forge dans cet espace public novateur... qui produit la première sphère politique digne de ce nom. En son sein se prépare un mélange de grand avenir entre la civilité urbaine et la puissance aristocratique ». 43Et encore 22 R. Muchembled, La Société policée. Politique et politesse en France du xvie au xxe siècle, Paris, S ... Vieille alliée des rois, celle-ci [la ville] voit se définir un espace de représentation symbolique novateur, attractif, qui seul peut contrebalancer la primauté de la noblesse22 ». 23 D. Romagnoli, Disciplina est conversatio bona et honesta anima, corpo e società tra Ugo di San ... 44Malheureusement, même des ouvrages très récents, dont quelques-uns conçus pour un vaste public non spécialisé, donc pas nécessairement à même d’exercer une critique serrée, véhiculent des idées reçues irrémédiablement fausses. Alors qu’il faut avoir bien clair à l’esprit que, par exemple, Érasme, Castiglione, Délia Casa ne sont pas les fondateurs de la littérature de la civilité ; de plus, Délla Casa n’est ni un imitateur ni un élève de Castiglione, dont le Cortegiano n’est pas un manuel de savoir-vivre, alors que le Galateo en est un, et des plus répandus. Et, bien sûr, l’histoire des règles de savoir-vivre ne commence, ni ne re-commence au xvie siècle, parce que le Moyen Âge voit naître l’histoire, non pas la préhistoire de la civilité. Un concept – civilité – qui n’est pas une trouvaille de l’époque moderne. La notion de circonstances » condition, âge, temps, lieu n’a pas été introduite par Antoine de Courtin, pour la très bonne raison qu’elle est essentielle – et plus ample, et mieux dessinée – entre autres chez Hugues de Saint-Victor xiie siècle le schéma des circonstances au reste étant la structure portante de la rhétorique classique. Encore à propos de Hugues la discipline n’est pas la façon de se vêtir et de se tenir. Il s’agit là d’un concept bien plus riche et profond23. Encore la fonction féminine essentielle à l’intérieur du couple bourgeois, n’est pas typique de la famille du xixe siècle comme on l’a vu, au xive siècle, on en avait déjà parfaite conscience. 45C’est en effet une histoire complexe, qui s’insère dans la longue durée et ne souffre pas de vraie coupure à la Renaissance. 46Aux débuts du xviiie siècle Madame de Maintenon, la très pieuse femme morganatique du roi Louis XIV, révélait probablement sans trop s’en rendre compte avec une extraordinaire crudité la coupure entre savoir-vivre et morale profonde. En effet la laïcisation des modèles semble ici avoir été poussée jusqu’aux dernières conséquences la morale chrétienne vient après, n’apparaît plus que comme une conséquence des bonnes manières, et le rapport intérieur-extérieur a été complètement renversé. En 1702, en parlant aux Demoiselles de Saint-Cyr, elle s’exprimait ainsi 24 Madame de Maintenon Françoise d’Aubigné, Comment la sagesse vient aux filles ». Propos d’éducat ... C’est l’Évangile qui s’accommode fort bien avec les devoirs de la vie civile. Vous savez que Notre Seigneur dit qu’il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas que l’on nous fit ; voilà notre grande règle, qui n’exclut pas celle des bienséances en usage dans les pays où l’on se trouve. Croyez-moi, mes chères enfants, attachez-vous à être vraiment polies, et vous paraîtrez parfaites, en attendant que vous le soyez véritablement... Si vous voyiez les personnes du monde qui savent vivre, même les plus mondaines et les moins pieuses, vous les croiriez d’une vertu et d’une humilité parfaites ; il semble, à les entendre et à les voir, qu’elles se comptent pour rien, et qu’elles font un cas infini des personnes à qui elles parlent, pendant que souvent elles ont au fond du cœur un souverain mépris pour elles »24. 47On touche ici à la fin d’une histoire – plutôt que d’un processus – qui, en ce qui concerne les couches aristocratiques de la société, démarre au xie et xiie siècles, pour aboutir à la décadence et fin des sociétés d’Ancien Régime. Tandis que la civilité urbaine et politique aura encore devant soi un chemin de deux siècles, avant de vieillir, peut-être de disparaître, ou tout au moins de céder le pas à quelque chose de très différent. Notes 1 Norbert Elias, Norbert Elias par lui-même, Paris, Fayard, 1991. 2 Je m’en suis occupée de façon moins rapide dans La courtoisie dans la ville un modèle complexe », dans D. Romagnoli dir., La Ville et la Cour. Des bonnes et des mauvaises manières, Paris, Fayard, 1995 ; je m’excuse d’utiliser ce texte par endroits. 3 N. Elias, Über den Prozess der Zivilisation. Soziogenetische und psycogenetische Untersuchungen, I. Wandlungen des Verhaltens in den weltlichen Oberschichten des Abendlandes ; II. Wandlungen der Gesellschaft. Entwurf zu einer Theorie der Zivilisation, Bâle, Hauszum Falken, 1939. Die höfische Gesellschaft, Darmstad et Neuwied, Luchterhand, 1969. 4 Charles H. Haskins, The Renaissance of the 12th Century, Cambridge-Mass, Harvard University Press, 1927. 5 A. Burguière, dans sa préface Entre sociologie et anthropologie La civilisation des mœurs en procès à H. P. Duerr, Nudité et pudeur. Le mythe du processus de civilisation, Paris, Èd. de la Maison des Sciences de l’Homme, 1998, en rend compte de manière très pertinente. 6 Pour le premier volume La civilisation des mœurs, Paris, Calmann-Lévy, 1973 ; The civilising Process, I. The History of Manners, New York, Urizen Books, 1978 ; La civiltà dette buone maniere, Bologne, Il Mulino, 1982. Pour le deuxième La dynamique de l’Occident, Paris, Calmann-Lévy, 1976 ; The civilising Process, II. Power and civility, New York, Panthéon Books, 1982 ; Potere e civiltà, Bologne, Il Mulino, 1983. Pour le troisième La société de cour, Paris, Calmann-Lévy, 1974 ; The Court Society, New York, Pantheon Books, 1983 ; La società di corte, Bologne, Il Mulino, 1980. 7 D. Romagnoli, La courtoisie dans la ville, op. cit., p. 26-28. 8 H. Heckendorn, Wandel des Anstands im französischen und im deutschen Sprachgebiet, Berne, Herbert Lang & Cie., 1970 ; Curialitas. Studien zu Grundfragen der höfisch-ritterlichen Kultur, J. Fleckenstein dir., Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1990. 9 A. Montandon dir., Bibliographie des traités de savoir-vivre en Europe. Du Moyen Âge à nos jours, I. France-Angleterre-Allemagne ; II. Italie-Espagne-Portugal-Roumanie-Norvège-Pays Tchèque et Slovaque-Pologne, Clermont-Ferrand, Association des Publications de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 1995. 10 Un texte de référence pour ce type de problèmes est celui de S. Schwarzfuchs, Kahal, la communauté juive de l’Europe médiévale, Paris, Maisonneuve, 1986. 11 Un témoin lucide du xme siècle s’en était déjà rendu compte. Il s’agit du parmesan Salimbene de Adam, partisan ardent des idéaux courtois chevaleresques O. Guyotjeannin,Salimbene de Adam, un chroniqueur franciscain, Turnhout, Brepols, 1995. 12 Francesc Eiximenis, LO libre de les dones, F. Naccarato éd., Barcelone, Curials Edicions Catalanes, 1981, 2 vol. ; Id., Lo crestià, œuvre encyclopédique mais éditée seulement en partie et le plus souvent dans des anthologies ; F. Egidi dir., I. Documenti d’Amore di Francesco da Barberino seconda i manoscritti originali, Società Filologica Rome, Romana, 1905, 4 vol. ; Reggimento e costumi di donna, Francesco da Barberino, 1264-1348,G. E. Sansone dir., Turin, Loescher, 1957. 13 C’est ce que soutient Philippe de Novare, Des quatre tens d’aage d’ome, M. de Fréville éd., Paris, Société des Anciens textes français, 1888. 14 dona no curosa de ta guovernaciô de ssa casa enemiga és... traydora a la fe promesa a son marit... Car la ffe prometen aquels qui son en matrimoni no solament se estén a la feeltat pertanyent a castedat, ans encara a tot bé que la un puxa procurar a l’altra, Elximenis, LO libre de les dones, op. cit., I, p. 143. 15 Ce livre est à Madame Jehanne, fille et sœur de Roy de France, duchesse du Bourbonnais et d’Auvergne ». Ces mots se trouvent dans un très beau manuscrit, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris. L’intérêt de ce manuscrit vient du fait qu’il nous dévoile certains aspects de l’éducation de la fille puînée de Charles VII, sœur de Louis XI et plus en général, de la culture d’une princesse. Des quatre textes s’y côtoyant, trois sont d’origine italienne le premier est Le livre de la moralité des nobles hommes et des gens du peuple sur le jeu des échecs, de Jean de Vignay actif entre 1326 et 1350 traduit, en partie au moins, du Liber de moribus hominum et officiis nobilium et popularium super ludum scaccorum composé vers 1300 par le dominicain italien Jacques de Cessoles Giacomo da Cessole. 11 s’agit d’un traité éthique et politique en même temps, comme le titre le laisse supposer. Le deuxième est encore une traduction d’un ouvrage italien le Livre de Mélibée et de Prudence Liber consolationis et consilii, écrit au milieu du xiiie siècle par Albertano da Brescia, juriste et homme de gouvernement, qui y expose sa vision de l’État, du bon fonctionnement des pouvoirs publics, de l’administration de la justice, des devoirs des citoyens ; le troisième, est l’histoire de Griseldis, une nouvelle de Boccace, remaniée et moralisée par Pétrarque, inséré ici sans doute comme exemple de fermeté et de force de caractère. Le quatrième texte n’est autre que le Caton en français, ouvrage latin, moral et didactique par excellence. Le rang de Jeanne, en somme, lui imposait d’être cultivée aussi bien que sage, mais d’une sagesse composite et complexe, éthique et politique en même temps. 16 Elle se raconte dans le court roman autobiographique Una donna, publié en 1906. 17 Les médias de notre temps élargissent énormément le parterre, de ce seul fait obligeant les protagonistes à en tenir compte, et finalement peuvent contribuer à changer le cours des événements. C’est ce que montrent Daniel Dayan, Elihu Katz, Media Events the Live Broadcasting of History, Cambdridge Harvard Univ. Press, 1992 ; trad. fr. La télévision cérémonielle, Paris, PUF, 1996, avec une préface de Lucien Sfez. 18 Voir par exemple les travaux de P. Pharo, Politique et savoir-vivre. Enquête sur les fondements du lien civil, Paris, L’Harmattan, 1991, et de D. Duclos, De la civilité. Comment les sociétés apprivoisent la puissance, Paris, Éd. La Découverte, 1993. 19 Un bon exemple en est offert par le travail collectif qui a donné lieu au colloque Le protocole ou la mise en forme de l’ordre politique 1995 sous la direction de Yves Déloye, Claudine Haroche, O. Ihl, et à l’ouvrage du même titre, Paris, l’Harmattan, 1996. 20 Jaeger, The Origins of Courtliness. Civilizing Trends and the Formation of Courtly Ideals 932-1210, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1985 ; D. Romagnoli, Curialitas ou la fonction politique des bonnes manières xie-xiiiesiècles », dans Le protocole, ... op. cit., Y. Déloye, Cl. Haroche, O. Ihl dir., p. 107-123. 21 J. Nicholls, The Matter of Courtesy Medieval Courtesy Books and the Gawain-Poet, Woodbridge, Brewer, 1985. 22 R. Muchembled, La Société policée. Politique et politesse en France du xvie au xxe siècle, Paris, Seuil, 1998, p. 20-78. 23 D. Romagnoli, Disciplina est conversatio bona et honesta anima, corpo e società tra Ugo di San Vittore ed Erasmo da Rotterdam », dans Disciplina dell’anima, disciplina del corpo e disciplina della società tra medioevo ed età moderna, P. Prodi dir., Bologne, Il Mulino, 1994, p. 507-537. 24 Madame de Maintenon Françoise d’Aubigné, Comment la sagesse vient aux filles ». Propos d’éducation choisis et présentés par Leroy et M. Loyau, Paris, Bartillat, 1998. Les filles sont les Demoiselles de l’Institution royale de saint Louis de Saint-Cyr, collège fondé par elle et ouvert depuis le 26 juillet 1686 aux filles de la noblesse, non seulement de la capitale mais aussi des provinces, tant pourvue que déchue. Je souligne. Auteur Professeur d’histoire médiévale à l’Université de Panne Italie Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.
de maniere courtoise en ayant les bonnes manieres